« Leandro Erlich »
Port of Reflections, 2014 Courtesy Galleria Continua et Galerie Xippas
La Grand Palais
Exposition temporaire du 2 juin au 6 septembre 2026
Article rédigé par Safidin Alouache
Croyons-nous voir vraiment ce que nous voyons ? Ou voyons-nous ce que nous voulons voir ? Par son approche artistique et architecturale, Leandro Erlich, artiste argentin contemporain, a marqué le monde de l’art avec ses créations dans différentes villes du monde en mêlant la réalité à l’illusion, les effets d’optiques aux matériaux durs. Né en 1973 à Buenos Aires, vivant entre Paris et l’Argentine, il joue des différentes perceptions de la réalité. Ses œuvres arrachent au sens propre, entre autres, des maisons de leurs terres, une piscine de ses noyés, des ascenseurs et des voitures de leurs fonctionnements et de faire d’une portion un tout comme pour « Infinite Garden » (2025) où un regard porté sur un objet permet de créer une totalité englobante au-delà de celui-ci, répété à l'infini par un jeu de miroirs, déjoué ensuite quand ce regard se pose sur un autre objet qui se génère par le même biais dans une autre totalité. Leandro Erlich pose ce rapport de la partie à la totalité où la première est plus englobante que la seconde car elle la dépasse par les différentes appréhensions que l’on peut en avoir. Pour chaque œuvre, tout est inversé et purgé à dessein d’une cohérence rationnelle dans laquelle la géométrie bafoue son latin et l’architecture ses découpes. Le spectateur devient spect-acteur, acteur d’une prise de position dans un espace face à un reflet, à son image ou à celle de l’autre. Dans ce va-et-vient où la représentation de soi devient parfois inversée, la réalité est bousculée jusqu’à en devenir parfois vertigineuse. Dans ses infinis renvois où l’image semble descendre en cascade, être soi devient être multiple car projeté dans un monde autant réel que bousculé, l’illusion frappant souvent à la porte de la réalité. Comme l’explique Leandro Erlich « J’aime me définir comme un artiste conceptuel travaillant à la frontière du réel et de la perception. » Il joue de ces frontières où les repères dans l’espace se trouvent, à dessein, emmêlés. L’exposition débute par « Port of reflection » (2014) où sont visibles, avec leurs reflets sur l’eau, six bateaux aux rames disposées différemment pour chacun d’eux. Ce sont en réalité trois bateaux avec un effet miroir qui les multiplie. Les spectateurs peuvent se déplacer tout au long de l’étendue d’eau, une lumière blafarde et sombre donnant au paysage portuaire une vue poétique. Un peu plus loin, avec « The Cloud », composé de « Amérique du Sud », « La Flèche » (2018) et « Big Fish » (2022), découvre, pour chacun, un nuage sculpté avec de l’encre céramique imprimée sur une superposition de différents verres ultra-clairs séparés les uns des autres de quelques centimètres. Chacun est libre ensuite de voir pour chaque sculpture la représentation qu’il le souhaite et comme l’explique Leandro Erlich « J’aime penser que les nuages constituent la toute première forme d’art humain ». Une série de maquettes des créations est exposée, accompagnée de photos voire de films de celles-ci jusqu’aux trois quarts de l’exposition comme « Maison fond » (2015) qui représente une maison dont le socle semble s’écouler comme de la cire à même le parvis de la Gare du Nord à Paris. Ou « Swimming-pool » qui demeure l’une de ses œuvres les plus étonnantes. Elle a représenté l’Argentine à la quarante-neuvième biennale de Venise en 1999. C’est une piscine grandeur nature où des personnes se tiennent debout en marchant au fond de celle-ci quand d’autres essaient de capter leurs reflets au bord de l’eau. L’effet d’optique est assurément saisissant sauf qu’elle peut être peu compréhensible sans une réelle mise en situation, l’exposition pouvant difficilement intégrée ce type d’installation bien que des versions différentes existent au Japon et aux Pays-Bas ainsi que d’autres, éphémères, dans le monde entier. Infinite Staircase©Kioku Keizo, KAMU Courtesy Galleria Continua et Galerie Xippas Certaines sont réellement visibles en grandeur nature en fin de parcours comme « Bâtiment », la plus célèbre et populaire d’entre elles et créée la première fois pour la Nuit Blanche de Paris en 2004. Elle représente une façade haussmannienne en trompe-l’œil où plusieurs personnes peuvent se mettre allongées sur celle-ci comme sur le rebord d’une fenêtre, d’une gouttière en restant visibles par le biais d’un miroir en hauteur incliné à quarante-cinq degrés qui semble mettre les quidams dans une position d’équilibre en altitude dans les airs alors qu’ils sont allongés à même le sol. Plusieurs répliques de cette création ont été ensuite faites dans différents endroits du monde en respectant l’architecture locale de ceux-ci telle, entre autres, qu’en Ukraine, à Hong Kong, à Pékin, au New Jersey ou à Helsinki. En suivant l’exposition qui nous fait changer d’étage par les escaliers, on découvre une nouvelle création sonore intitulée « Cage d’escalier » (2026), avec une porte qui s’ouvre et une voix qui articule à différentes reprises de fermer la porte. On tombe ensuite sur des boîtes aux lettres avec un landeau à côté quand de face une photographie tout en longueur d’immeubles surplombe la cage d’escalier. Dans les pas de Duchamp, Leandro Erlich montre que ce qui fait notre quotidien peut avoir, par la répétition, un effet de surprise et de questionnement. Ainsi dans « The View » (1997), derrière un volet roulant, se découvre un immeuble où au travers des fenêtres de chaque foyer, une vie se déroule avec ses habitants et leurs gestes, mouvements, discussions, propos que l’on n’entend pas, rappelant « Fenêtre sur cour » (1954) (Rear Window) de Hitchcock. C’est la première sculpture vidéo de l’artiste qui place le spectateur autant comme voyeur que comme objet de voyeurisme, chacun étant sujet dans une ville à regarder et à être regardé. Autre style, « Notre-Dame » (2026) est une très belle sculpture de technique mixte, ressemblant à du sable. Plus loin, « Order of Importance » (2019) est une série de soixante-six sculptures de sable grandeur nature représentant des voitures et des camions. Elle a été faite à Miami Beach City aux Etats-Unis. Après « Proyecto Obelisco en la Boca » (1994) où le jeune artiste fait une copie exacte de l’Obélisque de Buenos Aires dans le quartier ouvrier de la Boca, plus de vingt ans après, pour « La Democratia del Símbolo » (2015), il recouvre cette fois-ci la pointe de l’Obélisque de Buenos Aires, donnant l’impression que celle-ci a disparu. Stupeur de la population qui découvre une réplique de cette pointe déposée par le créateur à proximité, sur l’esplanade du musée d’art latino-américain, le MALBA. A l’intérieur, à l’aide d’écrans led, le public peut découvrir une vue depuis le sommet du monument, jusque-là inaccessible. C’est une réappropriation symbolique de celui-ci pour les quidams de la rue. « Infinite staircase » (2020) est un escalier grandeur nature comprenant sa cage, tourné de quatre-vingt-dix degrés, découpé en quatre parties identiques. Là aussi, le miroir tient lieu de média qui bouscule la vision de l’espace et des lieux des personnes qui y entrent. A cascade, les images peuvent se décliner indéfiniment comme elles peuvent être arrêtées, respectivement, par celui-ci ou par un mur dont on doute parfois de la présence. « Changing rooms » (2008) est une suite de cabines d’essayage aux rideaux rouges, aux miroirs encadrés d’or avec, pour chacune, un tabouret noir à quatre pieds. Quand on entre dans l’une d’elles, on se retrouve dans un jeu de reflets multiples où notre image peut être projetée ou non à l’infini, perturbant la perception du périmètre dans lequel on est situé avec un mur pouvant ou non exister. « Window and Ladder – Too Late For Help » (2008) entre en totale résonance avec les changements climatiques, et ses incendies d’été, que nous vivons actuellement. Elle interpelle par sa représentation qui montre une fenêtre seule entourée de parpaings couleur brique restant suspendue dans les airs et arrachée à la maison disparue qui l’habitait avec une échelle de pompier qui est au rebord de celle-ci pour qu’un secours puisse y entrer. Derrière, le blanc du mur est témoin d’une maison habitée et extirpée de son sommeil et de son activité. Le monde s’écroule. Que sont devenus les habitants de cette maison ? Morts, vivants, disparus ? Toutes les œuvres sont participatives et demandent au public d’y entrer pour en appréhender le concept, ses espaces, ses contours et ses vertiges. Nous en avons présenté qu’une brève partie. D’une richesse étonnante, le parcours artistique de Leandro Erlich s’inscrit dans une toile de fond où l’architecture, qui a été le métier de son père, est au cœur de quasiment toutes ses créations. Variées toujours, étonnantes souvent, politiques parfois, elles montrent son talent où il manie avec brio et une malice des plus espiègles une perception qu’il questionne dans ses différents aspects.
Infinite Staircase©Kioku Keizo, KAMU Courtesy Galleria Continua et Galerie Xippas
Bâtiment - Erlich Studio
« Leandro Erlich » Exposition temporaire du 2 juin au 6 septembre 2026
Grand Palais de Paris https://www.grandpalais.fr/fr Commissaire de l’exposition : Fabrice Bousteau Du lundi au dimanche, de 10h à 20h Nocturne le vendredi jusqu’à 22h
Leandro Erlich au Grand Palais - entrez dans l'expérience ! - Video
"Leandro Erlich"
Lost Garden©Kioku Keizo, Mori Art Museum
Temporary exhibition from June 2 to September 6, 2026
Article by Safidin Alouache
Do we think we really see what we see? Or do we see what we want to see? Through his artistic and architectural approach, Leandro Erlich, a contemporary Argentinian artist, has left his mark on the art world with his creations in different cities around the world by mixing reality with illusion, optical effects with hard materials. Born in 1973 in Buenos Aires, living between Paris and Argentina, he plays with different perceptions of reality. His works literally tear houses from their land, a swimming pool from his drowned, elevators and cars from their workings and to make a portion of their operations a whole, as for "Infinite Garden" (2025) where a look at an object allows to create an all-encompassing totality beyond it, repeated ad infinitum by a game of mirrors, then thwarted when this gaze rests on another object which is generated by the same means in another totality. Leandro Erlich posits this relationship between the part and the totality, where the former is more encompassing than the latter because it surpasses it by the various apprehensions that we may have of it. For each work, everything is reversed and purposely purged of a rational coherence in which geometry flouts its Latin and architecture its cut-outs. The spectator becomes a spect-actor, an actor in a position taken in a space in front of a reflection, in his image or that of the other. In this back and forth where the representation of oneself sometimes becomes reversed, reality is shaken up to the point of sometimes becoming dizzying. In its infinite references where the image seems to cascade, being oneself becomes a multiple being because it is projected into a world that is as real as it is jostled, illusion often knocking on the door of reality. As Leandro Erlich explains, "I like to define myself as a conceptual artist working on the border between reality and perception. He plays with these borders where the landmarks in space are, on purpose, entangled. The exhibition begins with "Port of reflection" (2014) where six boats with different oars are visible, with their reflections on the water. In reality, they are three boats with a mirror effect that multiplies them. Spectators can move along the length of the water, a pale and dark light giving the harbour landscape a poetic view. A little further on, with "The Cloud", composed of "South America", "La Flèche" (2018) and "Big Fish" (2022), discovers, for each, a cloud sculpted with ceramic ink printed on a superposition of different ultra-clear glasses separated from each other by a few centimeters. Everyone is then free to see the representation of each sculpture as they wish, and as Leandro Erlich explains, "I like to think that clouds are the very first form of human art". Shattering Door©Romulo Fialdini Courtesy Galeria Luciana Brito A series of models of the creations is on display, accompanied by photos or even films of them up to three-quarters of the way through the exhibition, such as "Maison fond" (2015), which depicts a house whose base seems to flow like wax on the forecourt of the Gare du Nord in Paris. Or "Swimming-pool" which remains one of his most astonishing works. It represented Argentina at the forty-ninth Venice Biennale in 1999. It is a life-size swimming pool where people stand walking at the bottom of it while others try to capture their reflections at the water's edge. The optical effect is certainly striking except that it can be difficult to understand without a real situation, as the exhibition can hardly integrate this type of installation although different versions exist in Japan and the Netherlands as well as others, ephemeral, all over the world. Some are really visible in life-size at the end of the tour, such as "Bâtiment", the most famous and popular of them all, created for the first time for the Nuit Blanche in Paris in 2004. It represents a trompe-l'oeil Haussmannian façade where several people can lie on it as on a windowsill, a gutter while remaining visible through a mirror in height inclined at forty-five degrees which seems to put ordinary people in a position of equilibrium at altitude in the air while they are lying on the ground. Several replicas of this creation were then made in different places around the world respecting the local architecture of these places, such as, among others, Ukraine, Hong Kong, Beijing, New Jersey, or Helsinki. Following the exhibition that takes us to another floor by the stairs, we discover a new sound creation entitled "Stairwell" (2026), with a door that opens and a voice that articulates several times to close the door. We then come across mailboxes with a pram next to them when from the front a long photograph of buildings overlooks the stairwell. In the footsteps of Duchamp, Leandro Erlich shows that what makes up our daily lives can have, through repetition, an effect of surprise and questioning. Thus, in "The View" (1997), behind a roller shutter, we discover a building where, through the windows of each home, a life unfolds with its inhabitants and their gestures, movements, discussions, words that we do not hear, reminiscent of Hitchcock's "Rear Window" (1954). It is the artist's first video sculpture that places the viewer as much as a voyeur as an object of voyeurism, each one being a subject in a city to be looked at and looked at. Another style, "Notre-Dame" (2026) is a very beautiful mixed media sculpture, resembling sand. Further on, "Order of Importance" (2019) is a series of sixty-six life-size sand sculptures depicting cars and trucks. It was made in Miami Beach City in the United States. After "Proyecto Obelisco en la Boca" (1994) in which the young artist made an exact copy of the Obelisk of Buenos Aires in the working-class neighborhood of La Boca, more than twenty years later, for "La Democratia del Símbolo" (2015), this time he covers the tip of the Obelisk of Buenos Aires, giving the impression that it has disappeared. The population was stunned when they discovered a replica of this point deposited by the designer nearby, on the esplanade of the Latin American art museum, the MALBA. Inside, with the help of LED screens, the public can discover a view from the top of the monument, previously inaccessible. It is a symbolic reappropriation of it for the people of the street. The Cloud - La Flèche©Thibaut Chapotot "Infinite staircase" (2020) is a life-size staircase including its shaft, rotated ninety degrees, cut into four identical parts. Here too, the mirror serves as a medium that shakes up the vision of space and places of the people who enter it. In a cascade, the images can be declined indefinitely, or they can be stopped, respectively, by the waterfall or by a wall whose presence is sometimes doubted. "Changing rooms" (2008) is a series of fitting rooms with red curtains, mirrors framed in gold and, for each, a four-legged black stool. When we enter one of them, we find ourselves in a game of multiple reflections where our image may or may not be projected to infinity, disturbing the perception of the perimeter in which we are located with a wall that may or may not exist. "Window and Ladder – Too Late For Help" (2008) resonates fully with climate change, and its summer fires, that we are currently experiencing. It is striking because of its representation, which shows a single window surrounded by brick-colored cinder blocks, suspended in the air and torn from the missing house that inhabited it with a fireman's ladder that is on the edge of it so that a rescue worker can enter. Behind, the white of the wall bears witness to a house inhabited and extricated from its sleep and activity. The world is falling apart. What has become of the inhabitants of this house? Dead, alive, missing? All the works are participatory and ask the public to enter to understand the concept, its spaces, its contours, and its vertigo. We have presented only a brief part of it. Leandro Erlich's astonishingly rich artistic career is set against a backdrop where architecture, which was his father's profession, is at the heart of almost all his creations. Always varied, often surprising, sometimes political, they show his talent where he handles with brilliance and the most mischievous a perception that he questions in its different aspects.
Shattering Door©Romulo Fialdini Courtesy Galeria Luciana Brito
The Cloud - La Flèche©Thibaut Chapotot
Changing Rooms©Arthemisia Palazzo Reale Milano
"Leandro Erlich" Temporary exhibition from June 2 to September 6, 2026
Grand Palais de Paris https://www.grandpalais.fr/fr Exhibition curator: Fabrice Bousteau Monday to Sunday, from 10 a.m. to 8 p.m. Late opening on Friday until 10 p.m.
« Hilma af Klint, les peintures du Temple (1906-1915) »
Cygne, n° 1, 1914-1915, huile sur toile, 150 × 150 cm, HaK149. By courtesy of the Hilma af Klint Foundation - photo The Moderna Museet, Stockholm
Exposition temporaire du 6 mai au 30 août 2026
Il y a un mystère autour de Hilma af Klint (1862-1944). Artiste suédoise, pionnière de l’art abstrait, elle a eu une approche audacieuse et révolutionnaire en posant les prémices de l'art moderne avec ses créations non figuratives avant même celles de Kandinsky, Malevitch et Mondrian. Et pourtant, encore aujourd’hui, elle reste trop peu connue. Dans son testament, Hilma af Klint a souhaité que ses œuvres ne soient dévoilées que vingt ans après sa mort. Elles l’ont été quarante-deux ans après, en 1986 avec l’exposition « The Spiritual in Art, Abstract Painting 1890-1985 » à Los Angeles où ses peintures abstraites furent exposées au grand public lui donnant ainsi une renommée internationale. Chaos originel, n° 1, 1906-1907, huile sur toile, 53 × 37 cm, HaK001. By courtesy of the Hilma af Klint Foundation - photo The Moderna Museet, Stockholm Formée à l’Académie royale des beaux-arts de Stockholm, Hilma af Klint a eu une double vie artistique. L’une conventionnelle où elle peint ses oeuvres figuratives traditionnelles, l’autre secrète où elle élabore ses créations avant-gardistes. Durant ses études, elle s'intéresse à la théosophie et au spiritisme, influences que l'on retrouve dans bon nombre de ses créations où elle marie le visible et l’invisible, l’imaginé et l’imaginaire en se situant dans un champ qui n’englobe pas uniquement une perception artistique mais celle aussi d’une appréhension spirituelle. De ce qui ne s'appelait pas encore l'abstraction, elle a bousculé le regard du public en apposant sur ses toiles des formes spatiales, géométriques et non figuratives. Elle opte pour une approche où ce qu’elle représente se conçoit dans un symbolisme où esprit et matière, configurations terrestre et spatiale, rêves et réalité sont liées et se répondent. Ses dessins et peintures se composent, entre autres, autour de formes circulaires, triangulaires, ellipsoïdales, rectangulaires ou aux contours fluides et lâchés avec un tracé où les délimitations, ainsi que les couleurs, interagissent, celles-ci n’étant pas nettement tranchées et s’habillent, à dessein, d’une juxtaposition chromatique. De ces représentations, l’esprit et le regard du spectateur vaquent sur des couleurs vives, sombres ou claires, glissent sur des formes variées, surfent sur des interrogations, s'alimentent de symbolisme. L’exposition couvre une période allant de 1906 à 1915, où l’artiste compose ses peintures du Temple dans les séries « Retable », « Us », « Colombe », « Cygne », « Les Sept Etoiles », « Les petites aquarelles », « Eros », « Chaos originel » et l’imposante « Dix Plus Grands ». L’ensemble est exposé sur deux étages. Chacune a ses caractéristiques où pour, entre autres, « Us » (30 septembre 1913-12 décembre 1913), il y a un jeu des contraires dans les couleurs et dans les symétries inversées. La croix de la crucifixion est centrale, avec la figure de la femme crucifiée qu’Hilma af Klint emprunte aux courants de l'ésotérisme chrétien. Il y a ainsi une double transgression autant politique, en mettant en avant le rôle de la femme par l’oubli autant religieux que social dont elle est victime, et artistique où, entre autres, sa démarche religieuse s'affirme de façon militante. Pour « Colombe », composé au printemps 1915, dont l’animal est le symbole du Saint-Esprit dans l’iconographie chrétienne et de paix pour Hilma af Klint, elle est accompagnée d’un groupe spirituel de douze femmes. La série retranscrit respectivement, au travers de trois parties recouvrant les treize œuvres, l’apparition d’une colombe, la figure de Saint Georges et des signes astrologiques autour de globes terrestres. Les couleurs sont toujours aussi franches et vives s'étalant sur toute la surface des toiles, existant chacune par elle-même pour représenter un territoire, cosmique ou imaginaire, dans lequel les contrastes sont très marqués. Les séries, bien qu’elles soient séparées chacune par une période de quelques mois, ont leur propre thème artistique avec, par exemple, pour « Cygne » (septembre 1914-printemps 1915), composée de vingt-trois peintures à l’huile dont six exposées, une représentation des conflits intérieurs entre le bien et le mal, dans une polarité chromatique, dans l’une d’entre elles, entre un cygne blanc et un cygne noir, en reflet l’un à l’autre. D’autres toiles découvrent des cercles imbriqués et habillés de différentes couleurs chaudes et froides avec le noir très présent accompagné parfois de la figure du triangle. Chaos originel, n° 16, 1906-1907, huile sur toile, 53 × 37 cm, HaK016 By courtesy of the Hilma af Klint Foundation - photo The Moderna Museet, Stockholm « Les dix plus grands » (2 octobre-7 décembre 1907), œuvre importante et riche par son audace et ses dimensions, a été créée dans une période particulière où, en septembre 1907, Hilma af Klint, lors d’une séance de spirite collective, a été appelée à accomplir une « mission sacrée » en créant dix tableaux d’une « beauté paradisiaque » pour illustrer de façon surnaturelle les quatre phases de la vie humaine, l'enfance, la jeunesse, la maturité et la vieillesse. Les créations sont très énigmatiques avec des couleurs, d’une tonalité opposée ou dans une gamme chromatique plus ou moins forte dans les teintes. Nous sommes dans un univers où les couleurs baignent l’étendue des toiles avec des formes flottantes parfois géométriques, d’autres fois fluides qui participent à la sensation de se retrouver dans un autre espace-temps où la réalité de l’acte créateur épouse aussi bien l’imagination de l’artiste que celui du spectateur. Il n’y a aucun repère à laquelle s’accrocher, sauf celui de son propre imaginaire. Difficile de présenter chacune des séries tant elles sont différentes et originales dans leur approche. L’exposition au Grand Palais, en partenariat avec le Centre Pompidou, est d’autant plus importante à découvrir qu’elle présente pour la première fois en France le cycle des peintures du Temple (1906-1915) de l’artiste. Colombe, n° 2, 1915, huile sur toile, 155,5 × 115,5 cm, HaK174. By courtesy of the Hilma af Klint Foundation -photo The Moderna Museet, Stockholm « Hilma af Klint, les peintures du Temple (1906-1915) » Grand Palais Exposition temporaire du 6 mai 2026 au 30 août 2026 Exposition coproduite par le GrandPalaisRmn et le Centre Pompidou https://www.grandpalais.fr/fr Commissaire Pascal Rousseau Professeur à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne Scénographie Pascal Rodriguez Architecte-scénographe Centre Pompidou Du mardi au dimanche de 10h à 19h30, Nocturne le vendredi jusqu’à 22h. Fermeture hebdomadaire le lundi
Chaos originel, n° 1, 1906-1907, huile sur toile, 53 × 37 cm, HaK001. By courtesy of the Hilma af Klint Foundation - photo The Moderna Museet, Stockholm
Chaos originel, n° 16, 1906-1907, huile sur toile, 53 × 37 cm, HaK016 By courtesy of the Hilma af Klint Foundation - photo The Moderna Museet, Stockholm
Colombe, n° 2, 1915, huile sur toile, 155,5 × 115,5 cm, HaK174. By courtesy of the Hilma af Klint Foundation -photo The Moderna Museet, Stockholm
"Hilma af Klint, the paintings of the Temple (1906-1915)"
Les Petites Aquarelles, n° 1,1908, aquarelle et crayon sur papier, 26 × 36 cm, HaK085. By courtesy of the Hilma af Klint Foundation - photo The Moderna Museet, Stockholm
Temporary exhibition from May 6 to August 30, 2026
There is a mystery surrounding Hilma af Klint (1862-1944). A Swedish artist, a pioneer of abstract art, she had a bold and revolutionary approach by laying the foundations of modern art with her non-figurative creations even before those of Kandinsky, Malevich and Mondrian. And yet, even today, it remains too little known. In her will, Hilma af Klint did not want her works to be unveiled until twenty years after her death. They were forty-two years later, in 1986, with the exhibition "The Spiritual in Art, Abstract Painting 1890-1985" in Los Angeles where her abstract paintings were exhibited to the general public, thus giving her international fame. Les Dix plus grands, n°2 (Enfance),1907, 315× 234 cm,HaK103.By courtesy of the Hilma af Klint Foundation-photo The Moderna Museet Stockholm Trained at the Royal Academy of Fine Arts in Stockholm, Hilma af Klint had a double artistic life. One conventional where she paints her traditional figurative works, the other secret where she elaborates her avant-garde creations. During her studies, she became interested in theosophy and spiritualism, influences that can be found in many of her creations where she marries the visible and the invisible, the imagined and the imaginary by situating herself in a field that encompasses not only an artistic perception but also that of a spiritual apprehension. From what was not yet called abstraction, she shook up the public's gaze by affixing spatial, geometric and non-figurative forms to her canvases. She opts for an approach where what she represents is conceived in a symbolism where spirit and matter, terrestrial and spatial configurations, dreams and reality are linked and respond to each other. Her drawings and paintings are composed, among other things, around circular, triangular, ellipsoidal, rectangular or fluid and loose contours with a line where the delimitations, as well as the colors, interact, the latter not being clearly defined and are dressed, on purpose, with a chromatic juxtaposition. From these representations, the mind and the gaze of the spectator wander over bright, dark or light colours, glide over various forms, surf on questions, and are nourished by symbolism. The exhibition covers a period from 1906 to 1915, when the artist composed her paintings of the Temple in the series "Altarpiece", "Us", "Dove", "Swan", "The Seven Stars", "The Small Watercolours", "Eros", "Original Chaos" and the imposing "Ten Greatest". The whole is exposed on two floors. Each has its own characteristics where, for example, "Us" (30 September 1913-12 December 1913), there is a play of opposites in colours and inverted symmetries. The cross of the crucifixion is central, with the figure of the crucified woman that Hilma af Klint borrows from the currents of Christian esotericism. There is thus a double transgression, both political, by highlighting the role of women through the religious and social oblivion of which they are victims, and artistic where, among other things, their religious approach asserts itself in a militant way. For "Dove", composed in the spring of 1915, whose animal is the symbol of the Holy Spirit in Christian iconography and peace for Hilma af Klint, she is accompanied by a spiritual group of twelve women. The series transcribes respectively, through three parts covering the thirteen works, the appearance of a dove, the figure of Saint George and astrological signs around terrestrial globes. The colors are always as frank and vivid as ever, spreading over the entire surface of the canvases, each existing by itself to represent a territory, cosmic or imaginary, in which the contrasts are very marked. The series, although they are each separated by a period of a few months, have their own artistic theme with, for example, for "Swan" (September 1914-spring 1915), composed of twenty-three oil paintings, six of which are exhibited, a representation of the inner conflicts between good and evil, in a chromatic polarity, in one of them, between a white swan and a black swan in reflection of each other. Other canvases reveal interlocking circles dressed in different warm and cold colours with black very present, sometimes accompanied by the figure of the triangle. Les Dix plus grands,n°8 (Âge adulte),1907, 322×239cm, HaK109.By courtesy of the Hilma af Klint Foundation-photo The Moderna Stockholm "The Ten Greatest" (2 October-7 December 1907), an important work rich in its audacity and dimensions, was created in a particular period when, in September 1907, Hilma af Klint, during a collective spiritualist session, was called to carry out a "sacred mission" by creating ten paintings of "heavenly beauty" to illustrate in a supernatural way the four phases of human life, childhood, youth, maturity and old age. The creations are very enigmatic with colors, of an opposite tone or in a more or less strong chromatic range in the shades. We are in a universe where colors bathe the expanse of the canvases with floating shapes, sometimes geometric, other times fluid, which contribute to the sensation of finding oneself in another space-time where the reality of the creative act marries the imagination of both the artist and the viewer. There is no reference point to hold on to, except that of one's own imagination. It is difficult to present each of the series as they are so different and original in their approach. The exhibition at the Grand Palais, in partnership with the Centre Pompidou, is all the more important to discover as it presents for the first time in France the cycle of paintings of the Temple (1906-1915) by the artist. La Série US, no° 5, 1913, huile sur toile, 156,5 × 114,5 cm, HaK130. By courtesy of the Hilma af Klint Foundation -photo The Moderna Museet, Stockholm "Hilma af Klint, the paintings of the Temple (1906-1915)" Grand Palace Temporary exhibition from May 6, 2026, to August 30, 2026 Exhibition co-produced by the GrandPalaisRmn and the Centre Pompidou https://www.grandpalais.fr/fr Commissioner Pascal Rousseau Professor at the University of Paris 1 Panthéon-Sorbonne Scenography Pascal Rodriguez Architect-scenographer Centre Pompidou Tuesday to Sunday from 10 a.m. to 7:30 p.m., Late opening on Friday until 10 p.m. Closed weekly on Mondays
Les Dix plus grands, n°2 (Enfance),1907, 315× 234 cm,HaK103.By courtesy of the Hilma af Klint Foundation-photo The Moderna Museet Stockholm
Les Dix plus grands,n°8 (Âge adulte),1907, 322×239cm, HaK109.By courtesy of the Hilma af Klint Foundation-photo The Moderna Stockholm
La Série US, no° 5, 1913, huile sur toile, 156,5 × 114,5 cm, HaK130. By courtesy of the Hilma af Klint Foundation -photo The Moderna Museet, Stockholm
« Sarah Lipska. L’art dans tous ses éclats »
Danseurs oiseaux, v. 1950, gouache, encre,... sur papier, ©Musées de Poitiers, Ch. Vignaud
Musée Sainte-Croix
Exposition temporaire du 3 avril au 27 septembre 2026
C’est une grande artiste, connue et reconnue à son époque et pourtant l’histoire de l’Art l’a injustement oubliée. Elle n’est pas la seule et c'est pourquoi le musée Sainte-Croix de Poitiers s’inscrit, depuis les années 1980, dans l’engagement historique de valorisation des artistes femmes pour les faire découvrir car oubliées voire invisibilisées parfois même par leurs contemporains. Le cas est typique avec Sarah Lipska. Artiste polyvalente, née à Mlawa en Pologne en 1882, elle immigre à Paris, capitale des arts, à partir de 1912 jusqu'à sa mort en 1973. Après avoir été son élève, elle se lie au sculpteur Xawery Dunikowski avec qui elle a une fille, Maria Xawera Dunikowski dont le musée Sainte-Croix lui a acheté quatre-vingt deux œuvres sur quatre-vingt trois de sa mère en 1986. Trop peu de travaux, à part deux thèses, et de manifestations ont permis de faire connaître Sarah Lipska avec une datation de nombre de ses créations restant encore incertaine aujourd’hui. Après une exposition qui lui a été dédiée à Meudon en septembre 2025-février 2026, le musée Sainte-Croix propose actuellement « Lipska, l’art dans tous ses éclats » avec plus de deux cents œuvres dont cent trente emprunts. C’est à notre connaissance la plus grande exposition qui lui a été consacrée à ce jour. Buste de Colette, v. 1950, ciment, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud L’artiste s’est investie avec maîtrise et talent dans des univers artistiques autant contrastés que la peinture, la mode, la décoration, la sculpture et l'architecture d’intérieure. À l’égal en architecture des plus grands comme Le Corbusier, elle a posé avec eux les fondements des appartements fonctionnels où la sobriété et l'épure des formes apportent de l’espace et du volume aux pièces comme rapportés dans des photographies, entre autres, de l’appartement d’Antoni Cierplikowski, connu sous le nom d’Antoine de Paris, pionnier en France de la coiffure moderne et créateur de la coupe à la garçonne. En tant que décoratrice, elle a aussi dessiné de nombreux coffres aux lignes courbes ou à angles droits souvent accompagnés de couleurs vives, caractéristiques de son approche où elle réussit à faire exister une sobriété dans des figures géométriques avec une pétulance visuelle colorée. Le musée Sainte-Croix possède aussi l’un des rares meubles existants de la conception de Sarah Lipska composé de bois et d'aluminium au design très sobre et moderne aux lignes épurées et géométriques où la cohabitation des deux matières donne un éclat à la fois froid et intime. Elle a travaillé, entre autres, pour Helena Rubinstein où elle a composé les devantures de ses instituts de cosmétique, avec Serge Lifar pour « Le ballet des oiseaux » où le musée Sainte-Croix possède un ensemble de quatorze dessins des costumes de ce spectacle, qui n’a toutefois pas vu le jour, et où le coup de crayon de l’artiste donne à voir des couleurs très vives des tenues de danse accompagnées parfois de visières et d’ailes d'oiseaux, mêlant ainsi la légèreté des tissus habillant les corps à un marquage prononcé des visages en partie masqués. La participation de Sarah Lipska aux Ballets russes est aussi attestée par plusieurs sources, en travaillant avec Léon Bakst autour de 1920, costumier et scénographe de la troupe sans que les recherches n’ait permis d'associer son travail à un projet particulier. _Buste de la princesse Nathalie Paley, v. 1930, bois et porcelaine, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud Elle s’est investie aussi dans différents projets scéniques dont l'opérette « Annabelle » (1922) en concevant les décors et les costumes avec une esthétique orientaliste dont l’exposition montre certaines conceptions. Un motif récurrent est la figure de l’oiseau qui est conçue aussi bien dans des masques, des peintures et des sculptures dans un bon nombre d’œuvres exposées. Sa passion ou son obsession pour cet animal s’est aussi décliné chez elle en travaillant pour la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) dans la création, entre autres, de leur logo. De foi hassidique, elle était très attachée à sa culture religieuse qui se laisse voir dans certaines compositions comme dans l’huile sur toile, « Silhouettes sur la plage » (après 1926), où sont peintes trois figures dont deux de couleur de sable ocre et une en jaune. Leurs motifs versent dans des tonalités où une forme d’irréalité apparaît. Au verso de cette peinture, Palestine est inscrit, faisant vraisemblablement référence à un voyage qu’elle a entrepris en terre sainte, ainsi qu’en Syrie en 1906. Coffre, v. 1925, aluminium et bois, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud De magnifiques portraits, soit peints, soit sculptés, sont aussi exposés et montrent la large palette artistique novatrice de Sarah Lipska utilisant parfois de nouveaux matériaux de l’époque pour des créations telles que la résine pour « Tête rouge, le portrait de la marquise Louisa Casati », datant d'avant 1932, telles que l’alliage fort original et complexe entre le bois et la porcelaine du magnifique « Buste de la princesse Nathalie Paley » datant de la même époque, telles que la « Tête de femme (portrait de Nathalie Paley) », un bas-relief en ciment orné d’une mosaïque de perles de verre aux couleurs chaudes et froides datant autour de 1960 et l’énigmatique « Tête africaine » autour de 1923 où un ensemble de perles de verre aux couleurs rouge, noire, ocre et grise sur fond blanc habille en partie un bloc de mortier noir, ciment alumineux habituellement utilisé en architecture et non en sculpture. Du côté de la mode, après avoir travaillé pour le couturier Paul Poiret en 1920, elle collabore avec l'entreprise Myrbor, fondée par Marie Cuttoli en 1922 où elle développe deux techniques de broderie emblématique de son approche, la technique argentée et la technique appliquée. La presse fait grand cas de ses créations. Les robes, costumes et patrons exposés montrent son style caractéristique sur le choix et la coupe des tissus, et sur le mariage de couleurs complémentaires aux tonalités chaudes, neutres, sombres ou froides. Pour l'événement du bal de nuit de l’Opéra de Paris de juin 1925, elle habille en costume de Bouddha bleu Antoine de Paris qui fait sensation. Elle ouvre ensuite vers 1927 un salon de mode sur l'avenue des Champs-Élysées où jusqu'en 1939, une riche clientèle cosmopolite se donne rendez-vous. Manteau lamé doré et brodé, s.d., soie et laine, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud L’exposition montre différents patrons et modèles de robes ainsi qu'une combinaison de ski, immortalisée par Antoine de Paris sur une piste de ski, et de beaux manteaux lamés, datation autour de 1926, où la coupe, pour celui au col brodé Trojka, semble être inspirée de vêtements de l’Asie mineure, de l’Asie centrale et de la Méditerranée. Sarah Lipska teste énormément les composants pour construire ses œuvres en ne s'offusquant d'aucune audace. Elle a aussi beaucoup utilisé différents liants dans la composition des couleurs qui n’ont malheureusement pas permis leur durabilité avec des restaurations devant être faites de façon régulière pour certains tableaux. Les tissus des robes qu’elle a dessinés sont aussi particulièrement fragiles face à l'érosion du temps. Difficile de tout lister sachant que l’exposition est très riche de la création abondante de Sarah Lipska. Le musée Sainte-Croix met en lumière une figure artistique aux multiples visages en lui redonnant un éclat et une actualité. Et en revendiquant de conserver aujourd'hui la plus grande collection publique de ses œuvres au monde. Aussi, l’opportunité est au rendez-vous afin de redécouvrir cette artiste protéiforme rare !
Buste de Colette, v. 1950, ciment, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud
_Buste de la princesse Nathalie Paley, v. 1930, bois et porcelaine, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud
Coffre, v. 1925, aluminium et bois, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud
Manteau lamé doré et brodé, s.d., soie et laine, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud
Manteau lamé, v. 1926, soie, métal, laine et matière synthétique, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud
« Sarah Lipska. L’art dans tous ses éclats » Musée Sainte-Croix Commissariat général de l’exposition : • Camille Belvèze, conservatrice du patrimoine responsable des collections beaux-arts, arts décoratifs et ethnographie aux musées de Poitiers. • Manon Lecaplain, conservatrice du patrimoine et directrice des musées de Poitiers Commissaires scientifiques : • Lilien Lisbeth Feledy, historienne de l’art et chercheuse indépendante, spécialiste de la galerie et maison de couture Myrbor ainsi que de l’œuvre textile de Sarah Lipska, sujets auxquels elle a consacré sa thèse de doctorat (Universität für Angewandte Kunst Wien, 2025). • Ewa Ziembińska, docteure en histoire de l’art, conservatrice en chef du musée de la sculpture Xawery Dunikowski à Varsovie et autrice d’une importante monographie sur l’artiste dont la traduction française est aux éditions Mare & Martin. Visites • Dimanche 3 mai, 15h et 16h30 : Présentation de l’exposition • Mardi 19 mai, 12h30 : Les rêves de scène de Sarah Lipska • Mardi 9 juin, 12h30 : Lipska et la mode • Dimanche 21 juin, 15h et 16h30 : Présentation de l’exposition • D’autres visites de l’exposition seront organisées jusqu’au 27 septembre. Horaires Jusqu’au 20 juin 2025 : • Mardi-vendredi : 10h-18h • Samedi et dimanche : 13h-18h • Fermeture : tous les lundis et jours fériés Du 21 juin au 22 septembre 2025 : • Mardi-dimanche : 10h-18h • Fermeture : tous les lundis et jours fériés sauf 14 juillet et 15 août
"Sarah Lipska. Art in all its splendor"
Antoine et ses rêves, 1934, huile sur toile, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud
Temporary exhibition from April 3 to September 27, 2026
She is a great artist, known and recognized in her time and yet the history of Art has unjustly forgotten her. She is not the only one, and that is why the Musée Sainte-Croix de Poitiers has been part of the historical commitment to promote women artists since the 1980s in order to make them discover, because they are forgotten or even invisibilized sometimes even by their contemporaries. The case is typical with Sarah Lipska. A versatile artist, born in Mlawa, Poland in 1882, she immigrated to Paris, the capital of the arts, from 1912 until her death in 1973. After being her student, she became friends with the sculptor Xawery Dunikowski with whom she had a daughter, Maria Xawera Dunikowski, whose eighty-two works out of eighty-three by her mother were bought by the Sainte-Croix Museum in 1986. Oiseau, v. 1940, pâte de verre et ciment, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud Too few works, apart from two theses, and events have made it possible to make Sarah Lipska known, with a dating of many of her creations still uncertain today. After an exhibition dedicated to him in Meudon in September 2025-February 2026, the Sainte-Croix Museum is currently offering "Lipska, art in all its splendour" with more than two hundred works, including one hundred and thirty loans. To our knowledge, this is the largest exhibition dedicated to him to date. The artist has invested herself with mastery and talent in artistic universes as contrasted as painting, fashion, decoration, sculpture and interior architecture. Like the greatest in architecture such as Le Corbusier, she laid the foundations of functional apartments with them, where sobriety and purity of form bring space and volume to the rooms, as reported in photographs, among others, of the apartment of Antoni Cierplikowski, known as Antoine de Paris, a pioneer in France of modern hairdressing and creator of the boyish cut. As a decorator, she has also designed many chests with curved lines or right angles often accompanied by bright colors, characteristic of her approach where she succeeds in bringing sobriety into geometric figures with a colorful visual petulance. The Sainte-Croix Museum also has one of the few existing pieces of furniture designed by Sarah Lipska, composed of wood and aluminum, with a very sober and modern design, with clean and geometric lines where the cohabitation of the two materials gives a glow that is both cold and intimate. Portrait de femme, 1932, huile sur toile, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud She has worked, among others, for Helena Rubinstein where she composed the windows of her cosmetics institutes, with Serge Lifar for "Le ballet des oiseaux" where the Sainte-Croix Museum has a set of fourteen drawings of the costumes of this show, which however did not see the light of day, and where the pencil stroke of the artist shows very bright colors of dance outfits sometimes accompanied by visors and bird wings, thus mixing the lightness of the fabrics dressing the bodies with a pronounced marking of the partially masked faces. Sarah Lipska's participation in the Ballets Russes is also attested by several sources, working with Léon Bakst around 1920, the troupe's costume designer and set designer, without research having made it possible to associate her work with a particular project. She was also involved in various stage projects, including the operetta "Annabelle" (1922), designing sets and costumes with an orientalist aesthetic, some of which are shown in the exhibition. A recurring motif is the figure of the bird, which is conceived in masks, paintings, and sculptures in many of the works on display. Her passion or obsession for this animal has also been expressed in her by working for the LPO (League for the Protection of Birds) in the creation, among other things, of their logo. Of Hasidic faith, she was very attached to her religious culture, which can be seen in certain compositions such as in the oil on canvas, "Silhouettes on the Beach" (after 1926), where three figures are painted, two of which are ochre sand and one in yellow. Their motifs fall into tones where a form of unreality appears. On the back of this painting, Palestine is inscribed, presumably referring to a trip she undertook to the Holy Land, as well as to Syria in 1906. Magnificent portraits, either painted or sculpted, are also on display and show Sarah Lipska's wide innovative artistic palette sometimes using new materials of the time for creations such as the resin for "Red Head, the Portrait of the Marquise Louisa Casati", dating from before 1932, such as the very original and complex alloy between wood and porcelain of the magnificent "Bust of Princess Nathalie Paley" dating from the same period, such as the "Head of a Woman (portrait of Nathalie Paley)", a cement bas-relief decorated with a mosaic of glass beads in warm and cold colours dating from around 1960 and the enigmatic "African Head" around 1923 where a set of glass beads in red, black, ochre and grey colours on a white background partly covers a block of black mortar, aluminous cement usually used in architecture and not in sculpture. Tête africaine, v. 1923, céramique, bois et perles de verre, © Musées de Poitiers, Mélanie Paul-Hazard On the fashion side, after working for the couturier Paul Poiret in 1920, she collaborated with the Myrbor company, founded by Marie Cuttoli in 1922 where she developed two embroidery techniques emblematic of her approach, the silver technique and the applied technique. The press made a big deal of his creations. The dresses, suits and patterns on display show her characteristic style in the choice and cut of fabrics, and in the marriage of complementary colours with warm, neutral, dark or cold tones. For the event of the Paris Opera's night ball in June 1925, she dressed Antoine de Paris in the costume of the blue Buddha, who caused a sensation. She then opened a fashion salon on the Avenue des Champs-Élysées around 1927 where until 1939, a wealthy cosmopolitan clientele met. The exhibition shows different patterns and models of dresses as well as a ski suit, immortalized by Antoine de Paris on a ski slope, and beautiful lamé coats, dating around 1926, where the cut, for the one with the embroidered Trojka collar, seems to be inspired by clothes from Asia Minor, Central Asia and the Mediterranean. Sarah Lipska tests the components extensively to build her works, not being offended by any audacity. She also used a lot of different binders in the composition of the colors which unfortunately did not allow their durability with restorations having to be done on a regular basis for some paintings. The fabrics of the dresses she designed are also particularly fragile in the face of the erosion of time. It is difficult to list everything, knowing that the exhibition is very rich in Sarah Lipska's abundant creation. The Sainte-Croix Museum highlights an artistic figure with many faces by giving it a shine and topicality. And by claiming to keep the largest public collection of his works in the world today. Also, the opportunity is there to rediscover this rare protean artist!
Oiseau, v. 1940, pâte de verre et ciment, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud
Portrait de femme, 1932, huile sur toile, © Musées de Poitiers, Ch. Vignaud
Tête africaine, v. 1923, céramique, bois et perles de verre, © Musées de Poitiers, Mélanie Paul-Hazard
Tête de femme, v. 1960, ciment et verre coloré, collection particulière, © Jean-Marc Moser et Ewa Ziembinska
"Sarah Lipska. Art in all its splendor" Sainte-Croix Museum General curator of the exhibition: • Camille Belvèze, heritage curator in charge of the fine arts, decorative arts and ethnography collections at the museums of Poitiers. • Manon Lecaplain, heritage curator and director of the museums of Poitiers Scientific curators: • Lilien Lisbeth Feledy, art historian and independent researcher, specialist in the Myrbor gallery and fashion house as well as the textile work of Sarah Lipska, subjects to which she devoted her doctoral thesis (Universität für Angewandte Kunst Wien, 2025). • Ewa Ziembińska, doctor of art history, chief curator of the Xawery Dunikowski Sculpture Museum in Warsaw and author of an important monograph on the artist, the French translation of which is published by Mare & Martin. Visits • Sunday 3 May, 3 pm and 4.30 pm: Presentation of the exhibition • Tuesday, May 19, 12:30 p.m.: Sarah Lipska's Dreams of the Stage • Tuesday, June 9, 12:30 p.m.: Lipska and fashion • Sunday 21 June, 3 pm and 4.30 pm: Presentation of the exhibition • Other tours of the exhibition will be organised until 27 September. Timetable Until June 20, 2025: • Tuesday-Friday: 10am-6pm • Saturday and Sunday: 1pm-6pm • Closed: every Monday and public holidays From June 21 to September 22, 2025: • Tuesday-Sunday: 10am-6pm • Closed: every Monday and public holidays except 14 July and 15 August
« 1913-1923 : l’esprit du temps »
Musée du quai Branly — Jacques Chirac
Exposition temporaire du 17 mars 2026 au 20 septembre 2026
Quai Branly-Jacques Chirac_Photo Claude Germain
C'est une plongée dans une période d’un peu plus d’une dizaine d'années, de ce qui allait inaugurer une rupture et une évolution dans l’Art en France et sur la scène européenne, avec l’intégration d’objets artisanaux très majoritairement venus des pays d’Afrique. Quai Branly-Jacques Chirac_Photo Claude Germain « 1913-1923 : l’esprit du temps » met en relief, au travers de photos et d’artefacts, l’influence que ceux-ci ont eue sur l’Art à partir du début du siècle dernier. En effet, le regard artistique s’est décentré d’un « entre nous », pour reprendre le mot de Cocteau, pour adopter une autre approche avec ses lignes, ses constructions et son esthétisme. L’exposition retrace ce cheminement qui s’est effectué par le biais, initialement, de voyageurs et d'administrateurs coloniaux qui voyaient dans ces objets leur aspect uniquement utilitaire. Et pourtant, dans ceux-ci, leur intérêt tape à une autre porte par leur beauté et leur esthétisme, de même que leur rôle épousant différents visages comme ceux, entre autres, du rituel, du combat, du quotidien et du religieux, qui mène vers un champ faisant appel à l’imaginaire de chacun. C’est ce qu’ont perçu, avant tout le monde, certains artistes et un marchand d’art comme Paul Guillaume. Longtemps, ces créations venues d’Afrique, d’Océanie, d’Amérique du Nord et d’Asie du Sud-Est étanchèrent la soif d’un Ailleurs et d’un exotisme de collectionneurs ainsi que celle du public des musées. Cette perception en France s’est transformée grâce aussi à des artistes tels que Maurice de Vlaminck, André Derain, Henri Matisse et Pablo Picasso. Ces artefacts ont eu en effet une réelle influence, entre autres, sur ce dernier et ce dès la première décennie du vingtième siècle, bien qu’il s’en défende, qu’il l’a amené à procéder à des recherches et des questionnements lui permettant d’appréhender une nouvelle réalité artistique. Au travers de ces différents artefacts considérés depuis plus d’un siècle aujourd'hui comme artistiques en France et sur la scène internationale ainsi que de photos, l’exposition retrace aussi des figures qui comme Paul Guillaume, collectionneur et marchand d’art, a joué un rôle clé dans la promotion de l’art africain et par ricochet des avant-gardes artistiques. De même, un focus est fait sur Henri Clouzot, historien qui a écrit de nombreux livres d’art dont « L’Art du Congo belge » (1921), de même que les collectionneurs André Level et Charles Vignier, spécialiste, pour ce dernier, des arts asiatiques et orientaux dont il fera commerce. Lors des différentes expositions universelles à Paris, des dons diplomatiques de représentants de délégations étrangères ont été faits. A cette époque, des erreurs de provenance étaient nombreuses. C’est dans cette période de découvertes, de réappropriation et de questionnements artistiques que « 1913-1923 : l’esprit du temps » nous plonge. Les premiers événements, ceux de la galerie Levesque et de « Lyre et Palette », sont accueillis négativement. Nous y découvrons exposés de magnifiques objets dont des sculptures de la première exposition du pavillon de Marsan du Louvre, organisée par Louis Metman du 9 novembre jusqu’au 30 décembre 1923, et qui fut présentée dans le catalogue comme « l’exposition d’art indigène des colonies françaises pour la première fois à Paris ». Metman réussit à convaincre Paul Guillaume d’y participer. L’événement est un succès et fut prolongé d’un mois. Quai Branly-Jacques Chirac_Photo Patrick Gries Bruno Descoing Un éclairage est aussi fait sur les premiers collectionneurs qui entretenaient des relations avec le monde de l’art. Conscients de leur valeur artistique, ils ont eu une démarche basée sur une recherche esthétique, sans avoir toutefois conscience de leur valeur financière. Ainsi, Alphonse Kahn, converti à l’art de l'avant-garde après s'être spécialisé dans le XVIIe, a entraîné à sa suite l'aristocratie de la Belle Epoque. De superbes objets artisanaux sont exposés tels qu’un modèle réduit de poteau funéraire, un bois de lit de Madagascar à côté d’un magnifique « Tambour d’initiation » de Guinée du dix-neuvième siècle et une tête commémorative du Nigéria du même siècle. A côté trônent un « Tabouret panthère » et une « Statue de cynocéphale » de Côte d’Ivoire de la seconde moitié du dix-neuvième siècle, acquise celle-ci par Maurice Delafosse, administrateur du peuple des Baoulés. Elles furent exposées à l’exposition universelle de 1900. De multiples objets artisanaux comme les superbes « Masque Heaume à trois visages » du Cameroun du début du vingtième siècle, « Masque U’u » des Îles Marquises, « Sculpture à planter » avec son bois et ses pigments rouges de Nouvelle-Calédonie, « Ornement de tête » des Îles Marquises ainsi que « Pagaie » des Îles Australes, le tout du dix-neuvième siècle, nous font voyager dans les univers multiples des rites, de la religion, du prestige et des combats d’Afrique et d’Océanie. Ainsi statues, coupes et autres artefacts jalonnent l’exposition avec leurs esthétismes, leurs origines et leurs significations. L’exposition nous offre le riche panel d’un Ailleurs qui a grandement influencé l’Art Moderne dans un arc-en-ciel de formes, de masques, de visages sculptés souvent dans des bois aux multiples tons et où l’imaginaire de chacun a toute prise pour y sculpter sa propre représentation.
Quai Branly-Jacques Chirac_Photo Patrick Gries Bruno Descoing
Commissaires
Bertrand Goy, Historien, spécialiste des arts extra-occidentaux Hélène Joubert, Responsable de l’unité patrimoniale des collections Afrique du musée du quai Branly – Jacques Chirac Ouvert les mardi, mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 10h30 à 19h. Nocturne le jeudi jusqu’à 22h. Fermeture hebdomadaire le lundi en dehors des vacances scolaires.
"1913-1923: the spirit of the times"
Temporary exhibition from 17 March 2026 to 20 September 2026
Article by: Safidin Alouache
It is a dive into a period of a little more than ten years, of what was to inaugurate a break and an evolution in Art in France and on the European scene, with the integration of handicrafts mostly from African countries. Quai Branly-Jacques Chirac_Photo Claude Germain "1913-1923: The Spirit of the Times" highlights, through photos and artefacts, the influence they have had on Art since the beginning of the last century. Indeed, the artistic gaze has shifted from a "between us", to use Cocteau's word, to adopt another approach with its lines, its constructions and its aesthetics. The exhibition retraces this journey, which was initially carried out through travellers and colonial administrators who saw these objects as purely utilitarian. And yet, in them, their interest knocks on another door by their beauty and aesthetics, as well as their role espousing different faces such as, among others, those of ritual, combat, everyday life and religion, which leads to a field that appeals to the imagination of each person. This is what certain artists and an art dealer like Paul Guillaume perceived, before anyone else. For a long time, these creations from Africa, Oceania, North America and Southeast Asia quenched the thirst for an Elsewhere and an exoticism of collectors as well as that of the museum public. This perception in France has been transformed thanks also to artists such as Maurice de Vlaminck, André Derain, Henri Matisse and Pablo Picasso. These artifacts have indeed had a real influence, among others, on the latter from the first decade of the twentieth century, although he denies it, that it has led him to carry out research and questioning that allow him to apprehend a new artistic reality. Through these various artefacts, which have been considered artistic in France and internationally for more than a century, as well as photos, the exhibition also retraces figures who, like Paul Guillaume, collector and art dealer, played a key role in the promotion of African art and by extension of the artistic avant-garde. Similarly, a focus is made on Henri Clouzot, a historian who wrote many art books including "The Art of the Belgian Congo" (1921), as well as the collectors André Level and Charles Vignier, a specialist, for the latter, in Asian and Oriental arts which he would trade. During the various World Expos in Paris, diplomatic donations from representatives of foreign delegations were made. At that time, errors of provenance were numerous. It is in this period of discovery, reappropriation and artistic questioning that "1913-1923: the spirit of the time" plunges us. The first events, those of the Galerie Levesque and "Lyre et Palette", were received negatively. We discover magnificent objects on display, including sculptures from the first exhibition of the Pavillon de Marsan of the Louvre, organized by Louis Metman from November 9 to December 30, 1923, and which was presented in the catalogue as "the exhibition of indigenous art from the French colonies for the first time in Paris". Metman was able to convince Paul Guillaume to participate. The event was a success and was extended by one month. Quai Branly-Jacques Chirac_Photo Claude Germain Insights are also shed on the first collectors who had relations with the art world. Aware of their artistic value, they had an approach based on aesthetic research, without however being aware of their financial value. Thus, Alphonse Kahn, converted to the art of the avant-garde after specializing in the seventeenth century, led the aristocracy of the Belle Epoque in his wake. Stunning handicrafts are on display such as a model burial post, a bedwood from Madagascar next to a magnificent nineteenth-century "Initiation Drum" from Guinea, and a commemorative head from Nigeria from the same century. Next to it are a "Panther Stool" and a "Cynocephalus Statue" from the Ivory Coast from the second half of the nineteenth century, this one acquired by Maurice Delafosse, administrator of the Baoulé people. They were exhibited at the 1900 Universal Exhibition. Multiple handicrafts such as the superb "Three-Faced Helmet Mask" from Cameroon from the early twentieth century, "U'u Mask" from the Marquesas Islands, "Sculpture to plant" with its wood and red pigments from New Caledonia, "Head Ornament" from the Marquesas Islands as well as "Paddle" from the Austral Islands, all from the nineteenth century, take us on a journey into the multiple universes of rites, religion, prestige and the battles of Africa and Oceania. Statues, cups and other artefacts punctuate the exhibition with their aesthetics, origins and meanings. The exhibition offers us the rich panel of an Elsewhere that has greatly influenced Modern Art in a rainbow of shapes, masks, faces often sculpted in woods of multiple tones and where the imagination of each person has everything to sculpt his own representation.
Commissioners
Bertrand Goy, Historian, specialist in non-Western arts Hélène Joubert, Head of the Heritage Unit of the Africa Collections at the Musée du quai Branly – Jacques Chirac Open Tuesday, Wednesday, Friday, Saturday and Sunday from 10:30 am to 7 pm. Late opening on Thursdays until 10 p.m. Weekly closure on Mondays outside school holidays.
« Kandinsky, la musique des couleurs »
Philharmonie de Paris
Exposition temporaire du 15 octobre 2025 au 1er février 2026
VASSILY-KANDINSKY-Maquettes-pour-le-Salon-de-musique-réalisé-pour-l’exposition-d’architecture-allemande-de-Berlin---mur-central-1931-©Musées-de-Strasbourg
Casque sur les oreilles, nous entrons dans l’exposition avec une musique qui nous accompagne tout du long, sauf à de rares exceptions. Le visiteur est aussi guidé par des informations sur certaines toiles et à la fin, par un extrait de poésie de Vassily Kandinsky (1866-1944). Portrait-de-Vassily-Kandinsky-1911-Photographie-avec-dédicace-manuscrite-de-Kandinsky-à-Schönberg-Arnold-Schönberg-Center,-Vienne-©-Arnold-Schönberg-Center,-Vienne « Kandinsky, la musique des couleurs » est riche de l’évolution artistique du peintre qui était aussi un théoricien. Il a révolutionné la peinture en particulier et l’Art en général, en la mariant pour la 1ère avec la musique et le théâtre et pour le 2nd en élaborant le concept d’Art total très présent depuis de nombreuses années sur les scènes du monde. Cela démarre avec « Prélude de l’opéra Lohengrin » (1850) de Richard Wagner (1813-1883) qui a influencé de nombreux compositeurs, écrivains et peintres, ainsi que l’art symboliste et une abstraction qui devenait naissante à ce moment. Même s’il s’éloignera du modèle wagnérien pour adopter une approche beaucoup plus abstraite, Kandinsky y perçoit une correspondance de sons et de couleurs. Vassily-Kandinsky---Allerheiligen-_-Toussaint-©-Museum-Wesbaden Pascal Rodriguez, scénographe du Centre Pompidou, propose une scénographie remontant de façon fluctuante le temps avec des détours, des accélérations et des retours en arrière, en offrant une promenade artistique dans différents univers thématiques, autant pictural, musical, vidéo que théâtral. Le parcours du visiteur est souvent sinusoïdal, avec quelques virgules et lignes droites, tout en étant composé de poches dans laquelle une ambiance, comme celle de « Œil écoute, la culture musicale du peintre », est créée. Dans chaque espace ouvert et contiguë aux autres, une approche culturelle est présentée, celle explorée et appréhendée par Kandinsky à chaque rupture créateur de sa vie. Il a aussi travaillé sur la représentation picturale des gestuelles de danse dans « Tanzkurven : Zu des Tänzen der Palucca / Courbes de danse : aux danses de la Palucca » (1926) où il a dessiné, à partir de photographies de la danseuse allemande Gret Palucca (1902-1993), les gestiques de celles-ci en l’appréhendant avec des courbes, des lignes droites et angulaires tracées au crayon noir, filmées lors de leur composition graphique. Est présentée l’une de ses œuvres majeures, « Gelb-Rot-Blau » (Jaune-Rouge-Bleu) (1925), époque à laquelle Kandinsky a enseigné au Bauhaus (1925-1933) et où ces 3 tonalités étaient au cœur de son « cours préliminaire » (Vorkus). L’axe médian du tableau est éclairé par celles-ci, chacune située dans des figures géométriques aux contours carrés, sinusoïdaux ou courbes. Tout est à la fois lié et séparé, rayonnant dans leur propre forme et chromatisme. VASSILY-KANDINSKY-Skizze-für-Sonntag-(Altrussisch)-_-Esquisse-pour-Dimanche-(Vieille-Russie)-1904--©-Städtische-Galerie-im-Lenbachhaus-und-Kunstbau-München,-Gabriele-Münter-Stiftung-1957 Dans « Dessin pour point et ligne sur plan » (1925), accompagnée, casque dans les oreilles, de « Thème I de la Cinquième symphonie » et « Thème II de la Cinquième symphonie », on re-découvre des dessins à l’encre de Chine où est alignée toute une série de ronds noirs, entrant en résonance avec les 2 thèmes de Beethoven (1770-1827). Là sont visualisées leur dynamique, chaque note de piano étant représentée graphiquement et rythmiquement. Dans « Entwicklung / Développement » (1926), une huile sur carton, des couleurs vives ou très sombres habillent des figures géométriques, le tout cohabitant côte à côte à partir de démarcations très nettes. Celles-là existent dans leur propre chromatisme sans qu’aucune liaison n’existe entre elles, créant ainsi, à dessein, une composition sans nuance, celles-ci existant pour ce qu’elles sont, apportant une spécificité à chaque élément qu’elles habillent. « Violet » (1914) est un ensemble de ses dernières créations de sa période munichoise avec 3 aquarelles en mine graphite et encre de Chine. Figuratives, elles mettent en scène, pour l’une, un bélier dans la Nature habillée de différentes couleurs, dans un ciel autant blanc que bleu avec un groupe de personnes à droite du tableau. Il n’y a aucune considération de perspective, de cohérence graphique ou de réalisme, le propos artistique n’étant pas celui-ci. Ce qui fait sens est nourrie d’une vision où l’imagination laisse libre cours à une réalité qui se dérobe pour s’ouvrir vers d’autres horizons. Les couleurs, aussi chaudes que froides, aussi vives que sombres, sont séparées les unes des autres et se mêlent épisodiquement. « Sonorité jaune » (1909-1912) est un projet scénique qui n’a pu être réalisé à cause de la 1ère guerre mondiale. Elle a fait sensation et a été publiée dans l’Almanach du Cavalier bleu (Der Blaue Reiter) (1912). L’œuvre reste un défi pour de nombreux dramaturges dont certaines réalisations ont été effectuées notamment au Marymount Manhattan Theater de New-York (1982) ou au Bayerische Staatsoper de Munich (2014). 3 tableaux y sont présentés dans l’exposition avec un jaune vif et rayonnant au centre de ceux-ci. Les formes sont très diverses, aux contours abstraits, ressemblant, pour certaines, à des totems ou à des gestiques de danse, entourés de couleurs mates et sombres. Dans « Fuga » (Fugue) (1914), nommée aussi par Kandinsky « improvisation maîtrisée », est une huile sur toile, aux couleurs multiples, très vives pour certaines, et entrelacées. C’est un océan chromatique de formes qui explose dans la toile dans un enchevêtrement, à la fois diffus et maîtrisé, de différentes figures qui se marient, s’entrechoquent et s’insèrent les unes aux autres. Le tout montre un magma des plus colorés, presque un bouillonnement d’éléments rocheux et organiques. De rares œuvres d’autres peintres sont aussi exposées comme celles d’August Macke (1887-1914), membre fondateur du « Der Blaue Reiter / Le Cavalier Bleu ». Un exemplaire de l’almanach de « Der Blaue Reiter » est présent et il est possible de le feuilleter. Der Blaue Reiter est un groupe d’inspiration expressionniste formé en 1911 à Munich autour de August Macke, Franz Marc (1880-1916) et Kandinsky. il a été créé suite au rejet de « Composition V » de celui-ci par la galerie NKVM (Neue KünstlerVereinigung München / La Nouvelle association des artistes munichois). Cet almanach regroupe des œuvres créateurs français, allemands, russes et espagnols dans un spectre qui brassent, entre autres, Braque (1882-1963), Picasso (1881-1973), Derain (1880-1954) et Vlaminck (1876-1958). Ce courant a permis, au travers aussi de 2 expositions, la percée de l’art moderne en Allemagne. Dans « Les compositions scéniques » sont regroupés une série de disques 33 tours et des matériaux ayant appartenu à l’artiste comme sa palette. Un film, de Hans Cürlis, représente « Schaffende Hände / Les mains créatrices » (1926) dans lequel le pinceau de Kandinsky trace sur une feuille blanche des courbes, des traits et des pointillés composant cette œuvre, finalisée ensuite par sa signature. « Le salon de musique » a été créé en 1931. On y voit ses différentes maquettes dans lesquelles apparaissent des figures géométriques aux tons aussi froids que chauds. Une très belle création théâtrale en a été effectuée où apparaissent de-ci, de-là différents éléments comme des personnages avec leurs entrées et leurs sorties sur scène. VASSILY-KANDINSKY-Improvisation-12-(Der-Reiter)-_-Improvisation-12-(Le-Cavalier)-1910-©-Bayerische-Staatsgemäldesammlungen L’exposition se termine avec « Compositions », un ensemble de 10 créations élaborées entre 1910 et 1939. Elles sont très différentes et de multiples tonalités, à la fois sombres et vives, comme si chacune d’elles représentait une approche artistique spécifique. Par exemple, « Composition VIII » (juillet 1923) comprend 4 larges raies obliques en bleu, rouge, bordeaux et jaune-orangé, qui découpent le tableau en son milieu séparant des espaces, jaune et vert, à gauche et à droite de celles-ci. Au milieu, de multiples motifs clairs et noire apportent une touche vivante, faite d’éléments aux allures vives, quand « Composition X » (1939) est dans une tout autre approche. Baigné de clarté, un soleil noir à l’éclat rouge avec son noyau violet est situé en hauteur et à gauche. Sur le reste du tableau, fourmillent des motifs ronds, angulaires et droits. Un large espace est représenté, situé dans un univers géométrique quand « Composition IX » (1936) respire la tranquillité avec un fond obscur dans lequel émergent de multiples ronds au centre desquels le blanc, le gris, le bleu et le violet cohabitent. Sur la gauche, un triangle noir, accroché en haut à gauche par un rond bleu et rouge, est en équilibre sur sa pointe posée sur un demi-cercle noir enfermé dans un rectangle beige. Celui-ci crée une rupture picturale, antinomique avec le reste du tableau. Au delà d’un ensemble beaucoup plus vaste de créations qui est présenté, « Kandinsky, la musique des couleurs » est très riche et dévoile, ou faire redécouvrir, tout le spectre créatif de Kandinsky au travers des différentes approches qu’il a pu adopter. Celles-ci sont présentées sur différents supports, autant graphiques, photographiques, vidéo, picturaux, théâtraux que musicaux. On y voit ainsi les multiples facettes du peintre avec ses évolutions et qui ont fortement influencé le paysage culturel du XXe siècle.
Portrait-de-Vassily-Kandinsky-1911-Photographie-avec-dédicace-manuscrite-de-Kandinsky-à-Schönberg-Arnold-Schönberg-Center,-Vienne-©-Arnold-Schönberg-Center,-Vienne
Vassily-Kandinsky---Allerheiligen-_-Toussaint-©-Museum-Wesbaden
VASSILY-KANDINSKY-Skizze-für-Sonntag-(Altrussisch)-_-Esquisse-pour-Dimanche-(Vieille-Russie)-1904--©-Städtische-Galerie-im-Lenbachhaus-und-Kunstbau-München,-Gabriele-Münter-Stiftung-1957
VASSILY-KANDINSKY-Improvisation-12-(Der-Reiter)-_-Improvisation-12-(Le-Cavalier)-1910-©-Bayerische-Staatsgemäldesammlungen
VASSILY-KANDINSKY-Composition-IX-©-Centre-Pompidou
« Kandinsky, la musique des couleurs » Exposition temporaire du 15 octobre 2025 au 1er février 2026
https://philharmoniedeparis.fr/fr Exposition co-organisée avec le Musée national d’art moderne-Centre Georges Pompidou
Commissariat de l'exposition
Conservatrice au Musée national d’art moderne - Centre Pompidou : Angela Lampe Directrice du Musée de la musique - Philharmonie de Paris : Marie-Pauline Martin Directeur musical : Mikhaïl Rudy Du mardi au vendredi de 11h00 à 20h00 Le samedi de 10h00 à 20h00 Le dimanche de 10h00 à 19h00
_VASSILY-KANDINSKY-Dessin-pour-Point-et-ligne-sur-plan---II.-Thema-der-V.-Symphonie-_-Thème-II-de-La-Cinquième-Symphonie-1925-©-©-Centre-Pompidou,-MNAM,-Dist
Headphones on, we enter the exhibition with music that accompanies us throughout, with rare exceptions. The visitor is also guided by information about some of the paintings and at the end, by an excerpt from the poetry of Wassily Kandinsky (1866-1944). "Kandinsky, the Music of Colours" is rich in the artistic evolution of the painter who was also a theoretician. He revolutionized painting in particular and Art in general, by marrying it for the 1st with music and theater and for the 2nd by elaborating the concept of Total Art that has been very present for many years on the stages of the world. It starts with "Prelude to the opera Lohengrin" (1850) by Richard Wagner (1813-1883) which influenced many composers, writers, and painters, as well as symbolist art and an abstraction that was emerging at that time. Although he moved away from the Wagnerian model to adopt a much more abstract approach, Kandinsky perceived a correspondence of sounds and colours. VASSILY-KANDINSKY-Fuga-_-Fugue-1914©-Robert-Bayer Pascal Rodriguez, scenographer at the Centre Pompidou, offers a scenography that fluctuates back in time with detours, accelerations, and flashbacks, offering an artistic walk in different thematic universes, as much pictorial, musical, video as theatrical. The visitor's path is often sinusoidal, with a few commas and straight lines, while being made up of pockets in which an atmosphere, such as that of "Œil écoute, la culture musicale du peintre", is created. In each open space contiguous to the others, a cultural approach is presented, the one explored and apprehended by Kandinsky at each creative break in his life. He also worked on the pictorial representation of dance gestures in "Tanzkurven: Zu des Tänzen der Palucca / Dance curves: to the dances of the Palucca" (1926) where he drew the gestures of these from photographs by the German dancer Gret Palucca (1902-1993), apprehending them with curves, straight and angular lines drawn in black pencil, filmed during their graphic composition. One of his major works, "Gelb-Rot-Blau" (Yellow-Red-Blue) (1925), a period when Kandinsky taught at the Bauhaus (1925-1933) and when these 3 keys were at the heart of his "preliminary course" (Vorkus), is presented. The median axis of the painting is illuminated by these, each located in geometric figures with square, sinusoidal or curved contours. Everything is both linked and separate, radiating in their own form and chromaticism. In "Drawing for Point and Line on Plan" (1925), accompanied, headphones in ears, by "Theme I of the Fifth Symphony" and "Theme II of the Fifth Symphony", we re-discover drawings in Indian ink where a whole series of black circles are aligned, resonating with the 2 themes of Beethoven (1770-1827). There their dynamics are visualized; each piano note being represented graphically and rhythmically. In "Entwicklung / Development" (1926), an oil on cardboard, bright or very dark colours dress geometric figures, all cohabiting side by side from very clear demarcations. The former exist in their own chromaticism without any connection between them, thus creating, on purpose, a composition without nuance, the latter existing for what they are, bringing a specificity to each element they dress. "Violet" (1914) is a set of his last creations from his Munich period with 3 watercolours in graphite lead and Indian ink. Figurative, they depict, for one, a ram in Nature dressed in different colors, in a sky as white as blue with a group of people on the right of the painting. There is no consideration of perspective, graphic coherence or realism, the artistic intention not being this. What makes sense is nourished by a vision where the imagination gives free rein to a reality that slips away to open up to other horizons. The colours, as warm as they are cold, as bright as they are dark, are separated from each other and mingle episodically. "Sonorité jaune" (1909-1912) is a stage project that could not be carried out because of the 1st World War. It caused a sensation and was published in the Blue Rider's Almanac (Der Blaue Reiter) (1912). The work remains a challenge for many playwrights, some of whose productions have been made, notably at the Marymount Manhattan Theater in New York (1982) or the Bayerische Staatsoper in Munich (2014). 3 paintings are presented in the exhibition with a bright and radiant yellow in the center of them. The forms are very diverse, with abstract contours, some resembling totems or dance gestures, surrounded by matte and dark colors. In "Fuga" (Fugue) (1914), also called by Kandinsky "controlled improvisation", is an oil on canvas, with multiple colours, some of which are very bright, and intertwined. It is a chromatic ocean of forms that explodes in the canvas in a tangle, both diffused and controlled, of different figures that marry, clash, and insert themselves into each other. The whole shows a most colorful magma, almost a bubbling of rocky and organic elements. Rare works by other painters are also on display, such as those of August Macke (1887-1914), a founding member of the "Der Blaue Reiter / The Blue Rider". A copy of the almanac of "Der Blaue Reiter" is present, and it is possible to leaf through it. Der Blaue Reiter was an expressionist-inspired group formed in 1911 in Munich around August Macke, Franz Marc (1880-1916), and Kandinsky. it was created following the rejection of "Composition V" by the NKVM gallery (Neue KünstlerVereinigung München / The New Munich Artists' Association). This almanac brings together French, German, Russian and Spanish creative works in a spectrum that mixes, among others, Braque (1882-1963), Picasso (1881-1973), Derain (1880-1954), and Vlaminck (1876-1958). This trend has also allowed, through 2 exhibitions, the breakthrough of modern art in Germany. In "Stage Compositions" are grouped a series of 33 rpm records and materials that belonged to the artist such as his palette. A film by Hans Cürlis depicts "Schaffende Hände / The Creative Hands" (1926) in which Kandinsky's brush traces on a white sheet of curves, lines and dotted lines that make up this work, which is then finalized by his signature. "The Music Room" was created in 1931. We see his various models in which geometric figures appear in tones as cold as they are warm. A very beautiful theatrical creation has been made where different elements appear here and there like characters with their entrances and exits on stage. Vassily-Kandinsky-Improvisation-3,-1909-(a)-Centre-Pompidou,-MNAM-CCI_Adam-Rzepka_Dist The exhibition ends with "Compositions", a set of 10 creations created between 1910 and 1939. They are very different and multifaceted in multiple tones, both dark and vivid, as if each of them represents a specific artistic approach. For example, "Composition VIII" (July 1923) includes 4 wide oblique lines in blue, red, burgundy and yellow-orange, which cut the painting in the middle separating yellow and green spaces to the left and right of them. In the middle, multiple light and black patterns bring a lively touch, made up of elements with a bright look, while "Composition X" (1939) is in a completely different approach. Bathed in light, a red-brillied black sun with its purple core is located high up and to the left. On the rest of the painting, round, angular and straight patterns are teeming. A large space is depicted, located in a geometric universe when "Composition IX" (1936) exudes tranquility with a dark background in which multiple circles emerge in the center of which white, gray, blue, and purple coexist. On the left, a black triangle, hung at the top left by a blue and red circle, is balanced on its point placed on a black semicircle enclosed in a beige rectangle. This creates a pictorial break, antinomic to the rest of the painting. Beyond a much larger set of creations that is presented, "Kandinsky, the Music of Colors" is very rich and reveals, or makes people rediscover, the entire creative spectrum of Kandinsky through the different approaches he was able to adopt. These are presented in different media, graphic, photographic, video, pictorial, theatrical and musical. We thus see the multiple facets of the painter with his evolutions, and which strongly influenced the cultural landscape of the twentieth century.
VASSILY-KANDINSKY-Fuga-_-Fugue-1914©-Robert-Bayer
Vassily-Kandinsky-Improvisation-3,-1909-(a)-Centre-Pompidou,-MNAM-CCI_Adam-Rzepka_Dist
VASSILY-KANDINSKY-Allerheiligen-I-_-Toussaint-I-Juillet-août-1911-©-Städtische-Galerie-im-Lenbachhaus-und-Kunstbau-München,-Gabriele-Münter-Stiftung-1957
"Kandinsky, the music of colours" Temporary exhibition from 15 October 2025 to 1 February 2026
https://philharmoniedeparis.fr/fr Exhibition co-organised with the Musée national d'art moderne-Centre Georges Pompidou
Exhibition curator
Curator at the Musée national d'art moderne - Centre Pompidou: Angela Lampe Director of the Musée de la musique - Philharmonie de Paris: Marie-Pauline Martin Music Director: Mikhail Rudy Tuesday to Friday from 11:00 am to 8:00 pm Saturday from 10:00 am to 8:00 pm Sunday from 10:00 a.m. to 7:00 p.m.
« I dreamt of you in colors »
Otobong Nkanga
Musée d'Art Moderne de Paris Exposition temporaire du 10 octobre 2025 au 22 février 2026
Née à Kano au Nigéria en 1974, Otobong Nkanga vit à Anvers. Performeuse, vidéaste, photographe, dessinatrice, plasticienne, elle réalise aussi des tapisseries et des procédés de fabrication comme dans le triptyque « Carved to Flow ». L’artiste est autant plurielle que militante en défendant l’environnement et en appréhendant la relation des humains à la Nature. Elle incarne un Art politique pour faire entendre leur liaison originelle. Elle qui dit « Je pense la Terre comme un être, comme notre corps : l’eau, l’air, l’arbre, la pierre, la plante sont des êtres comme notre corps » dénonce dans ses créations la surexploitation par des systèmes capitalistiques et coloniaux bafouant et maltraitant la Nature et l’espèce humaine. « Tout commence par le dessin » pour l’artiste. L’exposition débute par des œuvres sur papier et sur céramique et se clôture ou redémarre avec « Carved to Flow » (2025), un triptyque qui s’articule autour de la fabrication de 3 types de savon de couleurs rouge, blanc et noir, montrant des tourelles ouvertes construites avec ces éléments. Elles sont situées à côté de losanges remplis chacun par un de ces types de savon avec un arrière fond-noir sur lequel sont dessinées 3 formes humaines, les troncs à moitié esquissés, dont 2 sont reliés ensemble par un fil où au bout pendent des pelotes de laine avec, située au bas, la terre représentée en teinte marron ocre. A Athènes, Nkanga s’est appuyée sur le savoir-faire des savonniers grecs pour concevoir ces savons. Dans ce même triptyque, dans une composition de 2017, sur un fond noir, sont accrochés des tabliers et un demi-cercle de tôle noire marquée de petits cercles creux. Une étagère est accrochée au mur sur laquelle sont posés des savons de différentes formes et couleurs ainsi que des gobelets et une coupelle noirs. Au-dessus est projetée de façon lumineuse une forme circulaire composée de cercles plus petits avec pour chacun leurs caractéristiques. Pour la biennale de Busan (Corée du Sud), Otobong Nkanga a créé « Soft Offerings » (2022), une sorte d’autel en bois sculpté longue de quelques mètres qui était portée, pendant celle-ci, par 2 interprètes chantant, récitant des poèmes et faisant des offrandes de fleurs coupées. L’autel est composé, sur toute sa longueur, de 2 sortes de récipient et de 2 formes très oblongues de plusieurs dizaines de centimètres, plongeant vers le haut pour l’une et vers le bas pour l’autre, au début et au milieu de celui-ci. Le tout est de bois et est sculpté à même l’autel. Ses créations sont à la fois symboliques et figuratives et embrassent une vaste gamme d’approches et de matériaux. D’où leur variété et l’utilisation, comme médias d’expression, du dessin, de la peinture, de la gravure, de la vidéo et des performances. Celles-ci sont effectuées par Otobong Nkanga. « Solid Maneuvers » (2025) est une performance, sous forme de vidéo, accompagnée d’une œuvre construite de matériaux en acrylique, en sel et en goudron, le tout cohabite dans le même espace. Dans celle-là, l’artiste articule ses bras comme un robot, tels des moulinets, afin d’extraire et de verser un matériau dont elle simule la manœuvre en lançant vocalement chaque temps d'exécution. Elle dénonce une totale dépossession de l’homme dans ce travail d’avilissement. Les matériaux dessinent de superbes plaques, de couleurs ocre et marron, empilées à des hauteurs différentes dans un même ensemble, simulant, artistiquement, le produit d’une extraction faite à même la Terre quant au mur se trouve un vaste tableau de mêmes couleurs montrant un relief très escarpé dessiné par des rigoles et des creux. Dans « Backstage » (2015), l’artiste expose, sur un mur blanc, de haut en bas, des éléments de confection industrielle effectués grâce aux matériaux cristaux situés en bas du mur, montrant ainsi leur composition d’origine. La vaste transformation, qui en découle, sans en expliquer à dessein les processus, est ainsi embrassée en un coup d'œil. « Earthing » (2021), dans des variétés chromatiques allant du bleu à des jaune, rouge et orange scintillants, en passant par du noir, du marron, du blanc et du bleu en arrière-fond, représente des arbres sans feuille, baignés par des rayons lumineux venant du ciel. Dans ce décalage chromatique, est mise en exergue une régénération, représentée ici par les rayons lumineux du ciel, dans un paysage sombre où les arbres et les humains semblent sans âme, ces derniers étant dans une vieille demeure morne et noyée dans un fond blanc gélatineux. C’est l'antagonisme Nature et activité humaine qui est mis en relief où la 1ère est destructrice de la 2nde. Dans la vidéo « Remains of the Green Hill » (2015), Otobong Nkanga se rend sur l’ancien site minier de Tsumeb (Namibie). Il est plus connu sous le nom « Green Hill », rappelant l’époque où il était couvert de riches pentes en minéraux brillants d’un cuivre oxydé verdoyant. Il a été lourdement endommagé, au début du XXe siècle, par des colons allemands qui l’ont transformé en une morne plaine causée par une exploitation à l’explosif. Perchée en altitude, l’artiste lance des paroles et imprécations pour essayer d’opérer une reconnexion entre l’espace, la Nature et le site. Dans le quadriptyque « Pointe-Noire » (2009), en acrylique et adhésifs sur papier, est symbolisé le travail par des corps noirs, sans tête ou sans tronc selon les dessins, mais toujours avec des bras, qui finissent en fil barbelé, en écuelle ou en pic métallique. Ainsi, ils sont appréhendés désossés, sans vie tels des automates, utilisés dans le seul dessein de procéder à des extractions. Dans « Black Home » du même quadriptyque, des morceaux de Nature sont dans des caissons comme retirés de leur milieu quand dans « Stories From the Dead Tree », un arbre blanc, recouvert d’un manteau de glace et sans vie, recueille à chacune de ses branches, des êtres aux couleurs sombres et mornes. « In Pursuit of Bling » (2014) est une vaste composition dans laquelle au centre sont situés 2 tapisseries exposées dos à dos. Nous retrouvons d’un côté, pour l’une d’elles, sur un fond noir étoilé de minéraux, 2 corps noirs sans tête et sans tronc sur lesquelles sont dessinées de façon différente les mêmes minéraux avec, à côté, une représentation moléculaire d’un composant chimique. Autour du tableau sont disséminées des tables de différentes tailles sur lesquelles sont déposées du mica, de la malachite, du cuivre, des photos et un film. De l’autre côté, le tableau représente un cristal sur fond ocre, résultat du travail des 2 êtres désossés et sans vie du 1er tableau. Autour, une disposition de tables est présentée avec ces mêmes minéraux. NKanga retrace l'extraction des terres et de ses composants ainsi que la surexploitation humaine, caractéristique du colonialisme, détruisant autant les femmes et les hommes que leur environnement, leur culture et la Nature. « Unearthed » (2021) est un superbe quadriptyque de tapisseries monumentales composées de textiles tissés de diverses matières où sont dessinés, en de multiples couleurs, aussi sombres qu’éclatantes, des fonds marins. On y voit des filets de pêche, des éléments qui flottent et qui plongent où une flore aquatique profonde, scintillante et parfois sobre, se découvre. Plus loin « Pleasure Fragments » (2002) est une œuvre en céramique et en tissu représentant des protège-tibias, des composants pour une poitrine de femme et une jupe qui ont été créés à une époque où Otobong Nkanga traitait de l’identité, elle qui rencontrait souvent des discriminations où son nom n’était jamais prononcé correctement. Dans une performance associée à cette création, elle incarne une collectionneuse sous le nom de Jennifer McBright en endossant ces divers éléments pour déjouer les assignations liées à la couleur de peau et à la consonance d’un nom. En 2020, elle travaille avec le TextielLab du TextielMuseum de Tilburg (Pays-bas) pour créer des tapisseries inspirées de son poème « Soft Rock, soft bed » et de la thématique du corps au repos. Utilisant du quartz pour « Leaving Trails in the Distance », de la malachite et de l’azurite pour « Lined with Shivers Sprouting from the Rock » et de la pyrargyrite pour « We come from fire and return to fire », chacune de ces tapisseries est aussi accompagnée de matériaux tels, entre autres, du bois de hêtre et de la céramique. Les couleurs sont très variées, bleus profond ou clair avec du blanc et des couleurs chaudes telles que le rouge et l'ocre. Les tapisseries sont réparties tout du long sur le sol. Elles forment un tout homogène comme si chacune d’elles représentait un univers qui lui était propre tout en étant reliée aux autres. Difficile de tout lister, tant l’œuvre d’Otobong Nkanga est très riche et variée. L’exposition l’est tout autant et recèle d‘une multitude d’autres œuvres, nous plongeant dans un univers artistique et politique, les 2 faisant cause commune, qui dénonce les abus d’un système capitalistique colonial, inégalitaire et raciste, bafouant les droits humains et détruisant forêts, fleuves, terres et animaux. Son art met aussi en exergue la relation forte et originelle de l’humanité avec la Nature. Cette relation est aussi une recherche culturelle et historique d’un travail qui a été entrepris depuis plusieurs années par des anthropologues de renom pour faire entendre cette approche trop longtemps occultée. ************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************************** « I dreamt of you in colors » Otobong Nkanga Musée d’Art Moderne de Paris https://www.mam.paris.fr/ Du 10 octobre 2025 au 22 février 2026 Du mardi au dimanche de 10h à 18h Nocturne le jeudi jusqu'à 21h30 Directeur : Fabrice Hergott
Commissaire à Paris Odile Burluraux, conservatrice en chef, Musée d’Art Moderne de Paris Commissaire à Lausanne Nicole Schweizer, conservatrice art contemporain, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne L’exposition se tient du 3 avril au 23 août 2026 à Lausanne.
Born in Kano, Nigeria in 1974, Otobong Nkanga lives in Antwerp. Performer, videographer, photographer, designer, visual artist, she also creates tapestries and manufacturing processes as in the triptych "Carved to Flow". The artist is as plural as she is militant in defending the environment and understanding the relationship between humans and Nature. She embodies a political art to make their original affair heard. She who says "I think of the Earth as a being, as our body: water, air, trees, stones, plants are beings like our bodies" denounces in her creations the overexploitation by capitalistic and colonial systems flouting and mistreating Nature and the human species. "It all starts with drawing" for the artist. The exhibition begins with works on paper and ceramics and closes or restarts with "Carved to Flow" (2025), a triptych that revolves around the manufacture of 3 types of soap in red, white, and black, showing open turrets built with these elements. They are located next to diamonds, each filled with one of these types of soap with a black background on which are drawn 3 human forms, the half-sketched trunks, 2 of which are connected together by a thread where at the end hang balls of wool with, located at the bottom, the earth represented in ochre brown shade. In Athens, Nkanga relied on the know-how of Greek soap makers to design these soaps. In the same triptych, in a 2017 composition, on a black background, are hung aprons and a semicircle of black sheet metal marked with small hollow circles. A shelf hangs on the wall on which are placed soaps of different shapes and colours as well as black cups and a cup. Above it is projected in a luminous way a circular shape composed of smaller circles each with its own characteristics. For the Busan Biennial (South Korea), Otobong Nkanga created "Soft Offerings" (2022), a kind of carved wooden altar a few meters long that was carried, during it, by 2 performers singing, reciting poems, and making offerings of cut flowers. The altar is composed, along its entire length, of 2 kinds of container and 2 very oblong shapes of several tens of centimeters, plunging upwards for one and downward for the other, at the beginning and in the middle of it. The whole is made of wood and is carved on the altar. Her designs are both symbolic and figurative and embrace a vast range of approaches and materials. Hence their variety and the use of drawing, painting, engraving, video, and performance as media of expression. These are carried out by Otobong Nkanga. "Solid Maneuvers" (2025) is a performance, in the form of a video, accompanied by a work constructed of acrylic, salt and tar materials, all cohabiting in the same space. In this one, the artist articulates her arms like a robot, like reels, in order to extract and pour a material whose maneuver she simulates by vocally launching each execution time. It denounces a total dispossession of man in this work of degradation. The materials draw superb slabs, of ochre and brown colours, stacked at different heights in the same whole, simulating, artistically, the product of an extraction made directly from the Earth, as for the wall there is a vast painting of the same colours showing a very steep relief drawn by channels and hollows. In "Backstage" (2015), the artist exhibits, on a white wall, from top to bottom, elements of industrial manufacture made with the crystal materials located at the bottom of the wall, thus showing their original composition. The vast transformation that results from it, without deliberately explaining its processes, is thus embraced at a glance. "Earthing" (2021), in chromatic varieties ranging from blue to shimmering yellow, red, and orange, black, brown, white and blue in the background, depicts leafless trees, bathed in light rays from the sky. In this chromatic shift, a regeneration is highlighted, represented here by the luminous rays of the sky, in a dark landscape where trees and humans seem soulless, the latter being in an old dreary house and drowned in a gelatinous white background. It is the antagonism between Nature and human activity that is highlighted, where the 1st is destructive of the 2nd. In the video "Remains of the Green Hill" (2015), Otobong Nkanga visits the former mining site of Tsumeb (Namibia). It is better known as "Green Hill", reminiscent of the time when it was covered with rich slopes of shining minerals of a verdant oxidized copper. It was heavily damaged at the beginning of the twentieth century by German settlers who turned it into a dreary plain caused by blasting. Perched at altitude, the artist launches words and imprecations to try to reconnect space, Nature, and the site. In the quadriptych "Pointe-Noire" (2009), made of acrylic and adhesives on paper, work is symbolized by black bodies, without heads or trunks depending on the drawings, but always with arms, which end in barbed wire, bowls, or metal picks. Thus, they are apprehended boneless, lifeless like automatons, used for the sole purpose of extracting. In "Black Home" from the same quadriptych, pieces of Nature are in boxes as if removed from their environment, while in "Stories From the Dead Tree", a white tree, covered with a mantle of ice and lifeless, collects from each of its branches, beings with dark and dreary colors. "In Pursuit of Bling" (2014) is a vast composition in which 2 tapestries are displayed back to back in the center. On one side, on one of them, on a black background starry with minerals, we find 2 black bodies without heads and trunks on which the same minerals are drawn in a different way with, next to it, a molecular representation of a chemical component. Around the painting are tables of different sizes on which are placed mica, malachite, copper, photos, and film. On the other side, the painting represents a crystal on an ochre background, the result of the work of the 2 boneless and lifeless beings of the 1st painting. Around it, a table layout is presented with these same minerals. NKanga traces the extraction of land and its components as well as the human superexploitation, characteristic of colonialism, destroying women and men as much as their environment, their culture and Nature. "Unearthed" (2021) is a superb quadriptych of monumental tapestries composed of woven textiles of various materials where the seabed is drawn in multiple colors, as dark as they are bright. We see fishing nets, floating, and diving elements where a deep, sparkling and sometimes sober aquatic flora is discovered. Further on, "Pleasure Fragments" (2002) is a ceramic and fabric work depicting shin guards, components for a woman's breasts and a skirt that were created at a time when Otobong Nkanga was dealing with identity, she who often encountered discrimination where her name was never pronounced correctly. In a performance associated with this creation, she embodies a collector under the name of Jennifer McBright by taking on these various elements to thwart the assignments related to skin color and the consonance of a name. In 2020, she worked with the TextielLab at the TextielMuseum in Tilburg (Netherlands) to create tapestries inspired by her poem "Soft Rock, soft bed" and the theme of the body at rest. Using quartz for "Leaving Trails in the Distance", malachite and azurite for "Lined with Shivers Sprouting from the Rock" and pyrargyrite for "We come from fire and return to fire", each of these tapestries is also accompanied by materials such as, among others, beech wood and ceramics. The colors are very varied, deep, or light blue with white and warm colors such as red and ochre. The tapestries are spread all along the floor. They form a homogeneous whole as if each of them represented a universe of its own while being connected to the others. It is difficult to list everything, as Otobong Nkanga's work is very rich and varied. The exhibition is just as important and contains a multitude of other works, plunging us into an artistic and political universe, the 2 making common cause, which denounces the abuses of a colonial, unequal and racist capitalist system, flouting human rights and destroying forests, rivers, lands and animals. Her art also highlights the strong and original relationship of humanity with Nature. This relationship is also a cultural and historical research of a work that has been undertaken for several years by renowned anthropologists to make this approach heard, which has been hidden for too long. ******************************************************************************************************************************************************************************************************************************** "I dreamt of you in colors " Otobong Nkanga Museum of Modern Art of Paris https://www.mam.paris.fr/ From October 10, 2025 to February 22, 2026 Tuesday to Sunday from 10 am to 6 pm Late opening on Thursdays until 9:30 p.m. Director: Fabrice Hergott Commissioner in Paris Odile Burluraux, Chief Curator, Musée d'Art Moderne de Paris Commissioner in Lausanne Nicole Schweizer, Curator of Contemporary Art, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne The exhibition is being held from April 3 to August 23, 2026, in Lausanne.
« La Cité De La Voile »
La Cité De La Voile
Créée en 2008, peu après la mort d’Éric Tabarly en juin 1998 à bord de son Penduick, la Cité de la Voile a été initiée par sa famille et ses amis. Elle est située sur l’ancienne base sous-marine de Lorient qui a vu naître différents Penduick, bateaux du célèbre navigateur. Elle couvre tout le spectre du monde nautique, autant les éléments de construction d’un voilier que ses aspects techniques de navigation, ses métiers ainsi que ses grandes figures françaises dont Éric Tabarly où un hommage appuyé lui est réservé au travers de 6 films qui retracent les figures de l’homme, du marin et des évolutions architecturales qu’il a apportées aux voiliers ainsi que ses courses et ses exploits. Les médias utilisés sont la vidéo, des ateliers ludiques et des maquettes de bateaux. Un grand bassin d’eau est aussi présent sur lequel 6 petits voiliers sont poussés par des ventilateurs, durant 2 minutes, pour simuler le vent. Afin de les diriger chacun, 2 boutons permettent de manipuler le safran et les voiles. L’aspect ludique est ainsi présent afin de faire découvrir, à tout âge et pour tout visiteur, le monde nautique autant dans ses aspects théoriques que pratiques. Le musée présente ainsi différents composants d’un bateau comme le foil. Au travers de vidéos sont expliqués leurs différents types par Loïc Peyron, leurs différentes allures au vent et sous le vent ainsi que la CAO (Conception Assistée par Ordinateur) pour leur construction par un architecte. Une grande table du monde montre les mers et les océans ainsi que la météorologie avec ses pics et ses excès. Dans une salle dédiée, un simulateur de la route du Rhum met en scène, durant 5 minutes, les spectateurs dans la course sur un bateau face à une tempête, face à un grand cargo et face à un problème de démâtage. Au final, la course est gagnée et peu importe la vraisemblance, l’idée est de se représenter certains aléas et conditions climatiques, bien qu’en deçà de la réalité, que peuvent vivre les navigateurs. Différentes maquettes, à l’échelle 1/30, sont exposées dont les Penduick de Tabarly ainsi que celui du trimaran Paul Ricard, long de 16 mètres, avec lequel il a battu le record de la traversée de l’Atlantique en 1980. De même, sont aussi exposées les maquettes du monocoque Macif de 60 pieds de François Gabart avec lequel il a gagné le Vendée Globe 2012-2013 ainsi que le « Joshua » du navigateur et écrivain Bernard Moitessier avec lequel il s’engage en 1968 dans le Golden Globe Challenge, 1ère course en solitaire et sans escale. Bien que s’apprêtant à passer en tête de course, il abandonne pour poursuivre son périple vers Tahiti car comme il l’écrit « Je continue sans escale vers les îles du Pacifique parce que je suis heureux en mer et peut-être aussi pour ne pas perdre mon âme ». Une vidéo lui est dédiée où on le voit sur son voilier et dans une île deviser de son rapport à l’autre, à l’humanité, à la société et à la mer. C’est une autre vision que celle présentée dans l’exposition qui est beaucoup moins technique et beaucoup moins liée à la performance. Elle embrasse une relation où la mer, l’Ailleurs devient non pas une échappatoire mais une raison de vivre et d’exister. Plus loin, une vidéo montre Philippe Poupon, coéquipier de Tabarly au Whitbread 1977-1978, course de monocoques par étape autour du monde et en équipage, qui nous raconte son enfance et sa passion de la navigation. Au travers de ces 3 figures, le rapport à la mer est exclusif bien que décliné dans des approches très variées, créative pour le 1er, livresque pour le 2e et cinématographique pour le 3e même si performance, passion et maîtrise de la mer les animent tous les 3. À la différence de Tabarly et Poupon, multiples vainqueurs de différentes courses, Moitessier, « Vagabond des mers du sud » pour reprendre le titre de l’un de ses ouvrages, n’a participé qu’au Golden Globe Challenge. Il est resté célèbre pour avoir raconté ses voyages dans ses ouvrages. Les Penduick de Tabarly encore en navigation, comme Pen Duick, Pen Duick II, Pen Duick III, Pen Duick V et Pen Duick VI, ont leur hangar d’hivernage dans l’enceinte de la Cité. Suivant leur présence, ils peuvent être visibles du ponton sans toutefois pouvoir monter dessus. La Cité de la Voile propose, à différents moments, une réelle interactivité avec le public en montrant l’univers nautique dans ses différentes facettes autant technologiques, techniques qu’humaines avec ses héros, Tabarly en tête en direction autant des plus jeunes que des plus âgés, des novices que des connaisseurs. C’est une belle balade en pleine mer dans un musée.
"The City of Sailing"
Created in 2008, shortly after the death of Éric Tabarly in June 1998 aboard his Penduick, the Cité de la Voile was initiated by his family and friends. It is located on the former submarine base of Lorient which saw the birth of various Penduicks, boats of the famous navigator. It covers the entire spectrum of the nautical world, from the construction elements of a sailboat to its technical aspects of navigation, its professions and its great French figures, including Éric Tabarly, where a tribute is paid to him through 6 films that retrace the figures of the man, the sailor and the architectural evolutions he brought to sailboats as well as his races and exploits. The media used are video, fun workshops and model boats. A large water basin is also present on which six small sailboats are pushed by fans, for 2 minutes, to simulate the wind. In order to steer each of them, two buttons allow you to manipulate the rudder and the sails. The fun aspect is thus present in order to discover, at any age and for any visitor, the nautical world in both its theoretical and practical aspects. The museum presents different components of a boat such as the foil. Through videos, their different types are explained by Loïc Peyron, their different gaits upwind and downwind as well as CAD (Computer-Aided Design) for their construction by an architect. A large table of the world shows the seas and oceans as well as the meteorology with its peaks and excesses. In a dedicated room, a Route du Rhum simulator stages, for 5 minutes, the spectators in the race on a boat facing a storm, facing a large cargo ship, and facing a dismasting problem. In the end, the race is won and regardless of the plausibility, the idea is to imagine some of the hazards and climatic conditions, although below reality, that sailors may experience. Various models, on a scale of 1:30, are on display, including Tabarly's Penduicks as well as that of the trimaran Paul Ricard, sixteen metres long, with which he broke the record for crossing the Atlantic in 1980. Also on display are the models of François Gabart's 60-foot Macif monohull with which he won the 2012-2013 Vendée Globe as well as the "Joshua" of the sailor and writer Bernard Moitessier with whom he entered the Golden Globe Challenge, the first single-handed non-stop race in 1968. Although he was about to take the lead of the race, he gave up to continue his journey to Tahiti because, as he wrote, "I continue non-stop towards the Pacific islands because I am happy at sea and perhaps also so as not to lose my soul". A video is dedicated to him where we see him on his sailboat and on an island discussing his relationship with others, humanity, society, and the sea. It is a different vision from the one presented in the exhibition, which is much less technical and much less linked to performance. It embraces a relationship where the sea, the Elsewhere, becomes not an escape but a reason to live and exist. Further on, a video shows Philippe Poupon, Tabarly's teammate in the 1977-1978 Whitbread, a crewed round-the-world monohull stage race, telling us about his childhood and his passion for sailing. Through these three figures, the relationship with the sea is exclusive although declined in very varied approaches, creative for the 1st, bookish for the 2nd and cinematographic for the 3rd even if performance, passion, and mastery of the sea drive all 3. Unlike Tabarly and Poupon, multiple winners of various races, Moitessier, "Vagabond of the South Seas" to use the title of one of his books, has only participated in the Golden Globe Challenge. He is famous for recounting his travels in his books. The Penduicks of Tabarly still at sea, such as Pen Duick, Pen Duick II, Pen Duick III, Pen Duick V and Pen Duick VI, have their wintering shed within the walls of the City. Depending on their presence, they can be visible from the pontoon without being able to climb on it. The Cité de la Voile offers, at different times, a real interactivity with the public by showing the nautical universe in its different facets, as much technological, technical as human with its heroes, Tabarly in the lead for the youngest as well as the oldest, novices and connoisseurs. It is a beautiful walk in the middle of the sea in a museum.
« Anna Maria Maiolino. Je suis là, Estou aqui »
Musée Picasso
Exposition temporaire du 14 juin au 21 septembre 2025
ANNA-MARIA-MAIOLINO,-obras-e-detalhes--273,-atelier
Dans le cadre de la saison Brésil-France 2025 visant à renforcer le partenariat et à célébrer le 200e anniversaire des relations diplomatiques entre les 2 pays, le musée Picasso présente une exposition dédiée à l’artiste italo-brésilienne Anna Maria Maiolino. « Em principal », da série « Terra Modelada » (« En principe » de la série « Terre/modelée ») est très vaste, en argile marron légèrement violet et s’étire sur toute une pièce où au 2/3 de celle-ci se retrouvent de longues formes épaisses et sinueuses telles des spaghettis regroupés au sol. Au mur est collée une argile faite de petits ronds et qui dessinent un vaste monde découpé de blancs ressemblant à des continents ou une nature sauvage. C’est à la fois étrange et captivant, l’œuvre est en elle-même un monde, un univers homogène par sa matière et hétérogène dans ses figures. Elle est à plusieurs entrées et son interprétation peut donc être multiple selon la perspective que lui fait prendre le visiteur. C’est d’ailleurs l’une des principales approches de Maiolino, celle de laisser libre cours à l’interprétation. Son œuvre est plurielle et couvre un large spectre artistique dans laquelle l’approche peut être autant figurative, abstraite que symbolique. Le support utilisé, image, photo, découpage ou sculpture, est une porte ouverte à un imaginaire souvent délimité de rebords figuratifs. Ses créations sont ainsi à la frontière de l’imagination et de la réalité. Ses photos le rappellent d’autant plus comme dans « X, da série Fotopoemaçao » (« X » de la série « Photopoèmaction ») (1974) où le regard photographié, inscrit dans son organe visuel, est capté dans un flux qui déborde de la pupille et semble finir dans le sourcil. Il y a aussi ce distique pictural, intitulé « Sem título » da série « Ações Matéricas » (« Sans titre » de la série « Actions matérielles ») (2003), en acrylique sur toile, où sur un fond ocre, un tracé noir déambule comme un cours d’eau sur le 1er tableau en partant de la gauche et se finit en creux arrondis avec ses excroissances sur le 2e tableau. A côté est située une peinture, en acrylique sur toile, du même nom dans la même série, composée en 1998, sur fond ocre et est en écho avec le tableau précédent, même s’il n’a pas été composé au même moment. Là, pas de rupture, tout s’étend de son long dans une ligne qui se veut autant en ouverture d’un fond qui semble celui d’une terre ou d’un sable sans fissure dans laquelle une trajectoire s’allonge en direction d’un horizon qui s’arrête, de lui-même, avant le rebord du tableau sans cadre. La frontière est délimitée par le geste artistique comme ultime recours à sa propre finitude. Dans cet entre-deux de limite ouverte, le rapport du signe laisse au visiteur, la liberté de donner par lui-même une signification à ce qu’il voit. Les créations de Maiolino sont d’ailleurs souvent sans titre, laissant ainsi au visiteur toute liberté à une perception qui lui soit propre, et appartiennent pour beaucoup à des séries, qui s’inscrivent ainsi dans un ensemble artistique très vaste dans ces différents composants, mariant des supports et des couleurs très variés. Dans « Sem título » de la série « Da terra - Errância Poética » (« Sans titre » de la série « De la terre - Errance Poétique ») (2018), est une agrégation d’éléments variés qui ressemble à un travail d’archéologie où des excavations alternent avec des monticules striés sur une table en métal. Le tout est bien compact dans un pré-carré où s’amoncellent différentes couches de mortier de ciment. Bref, là aussi, toute liberté est laissée au spectateur dans sa perception. Plus loin, il y a 2 beaux tableaux respectivement de couleur noire intitulés « Sem título » da série « Antes de… » (2007), (« Sans titre » de la série « Avant… »), et de couleur verte intitulée « Sem título » da série « Desenhos Objetos » (1975), (« Sans titre » de la série « Dessins objets ») pour le 2nd. La première, située dans une boîte noire, est composée de très beaux papiers noirs découpés comme des pétales voire des nénuphars avec au milieu de chacun d’eux, un point lumineux quand pour le 2nd, de la gouache verte est disposée sur des papiers artistiquement déchirés dans une boîte en bois avec des creux et des pleins, délimités par des lignes courbes, droites et brisées. L’ensemble est étonnant dans sa composition. Autre rapport à la création, « Sem título » (1993) est un assemblage de 8 dessins au stylo sur un support papier de couleur rouge ou blanc sur lequel des formes tubulaires s’éparpillent en étoiles ou en pétales. Plus loin, « Um + dois » da série « Novas Paisagens » (1991), (« Un + deux » de la série « Nouveaux paysages »), « Um em um » da série « Objeto sculptural » (« Un en un », de la série « Objet sculptural ») (1991) et « Sem título », da série « Grandes Ausentes » (« Sans titre » de la série « Grands absents ») (1997-2006) sont de petites tailles suspendues au mur en ciment moulé avec pigment où la représentation est à la fois abstraite par la forme et concrète par leur matière. Maiolino a aussi exploré la peinture à l’huile sur plâtre et ciment avec « E assim » da série « Novas Paisagens » (« C’est ainsi » de la série « Nouveaux paysages »). Il y a aussi le superbe groupe de segments ressemblant à de petites tables carrées, rectangulaires et angulaires arrondies intitulé « Sete Segmentos » (Sept segments) (2004) en ciment moulé avec pigment sur table métallique. Ils sont de couleur noir pour certains et marron ocre et clair pour d’autres. Ils sont agrémentés de creux sinueux ou ronde ainsi que de guirlandes façonnées à la main. C’est une très intéressante exposition qui recouvre aussi un panel plus large de l’artiste en nous plongeant dans son monde créatif et original. ANNA-MARIA-MAIOLINO,-obras-e-detalhes--180,-atelier « Anna Maria Maiolino. Je suis là, Estou aqui » Musée Picasso https://www.museepicassoparis.fr/ Du 14 juin au 21 septembre 2025 Le mardi au dimanche de 9h30 à 18h30 Fermé le lundi. COMMISSARIAT DE L’EXPOSITION Sébastien Delot : Conservateur en chef du patrimoine, docteur en histoire de l’art contemporain, il a été le directeur du musée LaM et commissaire de nombreuses expositions dédiées à des artistes tels que : William Kentridge, Paul Klee, Isamu Noguchi, Marisa Merz, Ethel Adnan, Waël Shawky… Il est aujourd’hui directeur des collections du Musée national Picasso-Paris. Fernanda Brenner : Directrice fondatrice de Pivô à São Paulo et à Salvador, elle est aussi la conseillère principale pour l'Amérique latine de la Kadist Art Foundation. Basée entre São Paulo et Bruxelles, elle a d'abord suivi une formation de cinéaste et de conceptrice de production avant de devenir conservatrice d'art contemporain. Elle est rédactrice contributrice pour Frieze Magazine depuis 2017 et ses écrits ont été repris dans plusieurs catalogues d'exposition et magazines d'art. Parmi les projets
ANNA-MARIA-MAIOLINO,-obras-e-detalhes--180,-atelier
Temporary exhibition from June 14 to September 21, 2025
ANNA-MARIA-MAIOLINO,-obras-e-detalhes--161,-atelier
As part of the Brazil-France 2025 season aimed at strengthening the partnership and celebrating the 200th anniversary of diplomatic relations between the 2 countries, the Picasso Museum presents an exhibition dedicated to the Italian-Brazilian artist Anna Maria Maiolino. Her creations are both a particular blend of perception and representation. Perception of the visitor who creates through his gaze the meaning of the works he sees, the artist giving complete freedom of interpretation of them. Representation because the artist adopts a whole heterogeneous set of supports and compositional styles. We discover photos, a video and creations made of different materials. Anna Maria Maiolino is a painter, sculptor, draughtswoman and video artist. These 4 supports can be found in the 4 rooms of the exhibition. "Em principal", from the "Terra Modelada" series ("In principle" from the "Earth/modelled" series) is very large, in slightly purple brown clay and stretches over an entire room where 2/3 of it is found long thick and sinuous shapes like spaghetti grouped on the floor. On the wall is glued a clay made of small circles that draw a vast world cut out of whites resembling continents or wild nature. It is both strange and captivating, the work is in itself a world, a universe homogeneous in its material and heterogeneous in its figures. It has several entrances, and its interpretation can therefore be multiple depending on the perspective that the visitor takes him. This is one of Maiolino's main approaches, that of giving free rein to interpretation. Her work is plural and covers a wide artistic spectrum in which the approach can be figurative, abstract or symbolic. The medium used, image, photo, cut-out or sculpture, is an open door to an imaginary that is often delimited by figurative edges. Her creations are thus on the border between imagination and reality. Her photos are all the more reminiscent of her, as in "X, da série Fotopoemaçao" ("X" from the series "Photopoèmaction") (1974) where the photographed gaze, inscribed in its visual organ, is captured in a flow that overflows the pupil and seems to end up in the eyebrow. There is also this pictorial couplet, entitled "Sem título" from the series "Ações Matéricas" ("Untitled" from the series "Material Actions") (2003), in acrylic on canvas, where on an ochre background, a black line wanders like a stream on the 1st painting from the left and ends in rounded hollows with its excrescences on the 2nd painting. Next to it is a painting, in acrylic on canvas, of the same name in the same series, composed in 1998, on an ochre background and echoes the previous painting, even if it was not composed at the same time. There, there is no break, everything extends along in a line that is as much the opening of a background that seems to be that of earth or sand without cracks in which a trajectory lengthens towards a horizon that stops, of its own accord, before the edge of the frameless painting. The border is delimited by the artistic gesture as the last resort to one's own finitude. In this in-between of open limits, the relationship of the sign leaves the visitor free to give meaning to what he sees by himself. Maiolino's creations are often untitled, thus leaving the visitor free to make his own perception, and many of them belong to series, which are thus part of a very vast artistic ensemble in these different components, combining very varied supports and colours. In "Sem título" from the series "Da terra - Errância Poética" ("Untitled" from the series "From the Earth - Poetic Wandering") (2018), is an aggregation of various elements that resembles an archaeological work where excavations alternate with ridged mounds on a metal table. The whole thing is well compacted in a square where different layers of cement mortar are piled up. In short, here too, the viewer is left free to perceive. Further on, there are 2 beautiful paintings respectively in black entitled "Sem título" from the series "Antes de... (2007), ("Untitled" from the series "Avant..." "), and in green entitled "Sem título" from the series "Desenhos Objetos" (1975), ("Untitled" from the series "Dessins objets") for the 2nd. The first, located in a black box, is composed of very beautiful black papers cut like petals or even water lilies within the middle of each of them, a point of light while for the 2nd, green gouache is arranged on artistically torn papers in a wooden box with hollows and solids, delimited by curved, straight and broken lines. The whole is astonishing in its composition. Another relationship to creation, "Sem título" (1993) is an assembly of 8 pen drawings on a red or white paper support on which tubular shapes are scattered in stars or petals. Further on, "Um + dois" from the series "Novas Paisagens" (1991), ("One + two" from the series "New Landscapes"), "Um em um" from the series "Objeto sculptural" ("One in one", from the series "Sculptural Object") (1991) and "Sem título", from the series "Grandes Ausentes" ("Untitled" from the series "Great Absentees") (1997-2006) are small sizes suspended from the wall in moulded cement with pigment where the representation is both abstract in form and concrete in their material. Maiolino also explored oil painting on plaster and cement with "E assim" from the "Novas Paisagens" series ("This is so" from the "New Landscapes" series). There is also the superb group of segments resembling small, rounded square, rectangular and angular tables entitled "Sete Segmentos" (Seven Segments) (2004) in moulded cement with pigment on a metal table. They are black in color for some and ochre and light brown for others. They are embellished with sinuous or round hollows as well as hand-shaped garlands. It is a very interesting exhibition that also covers a wider range of the artist by immersing us in her creative and original world. ANNA-MARIA-MAIOLINO,-retrato--01,-atelier « Anna Maria Maiolino. Je suis là, Estou aqui » Picasso Museum https://www.museepicassoparis.fr/ From June 14 to September 21, 2025 Tuesday to Sunday from 9:30 am to 6:30 pm Closed on Mondays. CURATORSHIP OF THE EXHIBITION Sébastien Delot: Chief curator of heritage, doctor in contemporary art history, he has been the director of the LaM museum and curator of numerous exhibitions dedicated to artists such as: William Kentridge, Paul Klee, Isamu Noguchi, Marisa Merz, Ethel Adnan, Waël Shawky... He is now director of collections at the Musée national Picasso-Paris. Fernanda Brenner: Founding director of Pivô in São Paulo and Salvador, she is also the senior advisor for Latin America of the Kadist Art Foundation. Based between São Paulo and Brussels, she first trained as a filmmaker and production designer before becoming a curator of contemporary art. She has been a contributing editor for Frieze Magazine since 2017, and her writing has been featured in several exhibition catalogues and art magazines. Among the projects
ANNA-MARIA-MAIOLINO,-retrato--01,-atelier
« Robert Doisneau, instants donnés »
Musée Maillol
Exposition temporaire du 17 avril au 12 octobre 2025
les-coiffeuses-au-soleil,-Paris-1966 © atelier Doisneau.
Qui n’a pas déjà vu un cliché de Doisneau ? Le plus connu est « Le baiser de l’hôtel de ville » (1950) qui paradoxalement est à rebrousse-poil de ce qu’il avait l’habitude de faire, à savoir de prendre, à la dérobée et par surprise, des inconnu(e)(s) pour les restituer dans toute leur plénitude sur négatif. Plusieurs thèmes de l’exposition recouvrent son oeuvre, dont entre autres, l’enfance et son travail chez Renault ainsi que le milieu littéraire qu’il a côtoyé. On le découvre dans ses multiples facettes, dont certaines oubliées ou peu mises en avant comme celles où il chemine dans les banlieues et dans les mines pour être au plus proche des « petites gens », des ouvriers et des laissés-pour-compte. Ou celui des milieux de la mode et des agences de publicité où il a travaillé après la 2nde guerre mondiale. L’exposition s’immisce aussi dans ses travaux plus personnels au début des années 60 avec des montages en laboratoire qu’il effectue afin de modifier ses prises de vue en jouant de différents effets optiques. Pour sa première photographie en 1929 au sujet d’un tas de pavés, il déclarait « Je n’osais pas lever les yeux sur les gens vivants ». Il s’est bien rattrapé depuis, sans pour autant que le photographié lui donne onction de sa démarche avant qu’elle n’ait lieu, la spontanéité de celui-ci étant un élément essentiel. Doisneau, c’est avant tout un regard, une attitude, une gestique prise au vol où, comme il le disait « Un centième de seconde par ci, un centième de seconde par-là mis bout à bout, cela ne fait jamais qu’une, deux, trois secondes chipées à l’éternité… ». Il prend à la volée ces secondes où un ravissement, une joie, un moment d’oubli, une surprise ou un regard perdu deviennent absolu face à son appareil. Et où l’inconnu(e) de tous les âges se transforme en un instant en figure d’éternité. Ce sont aussi des moments de poésie et d’émerveillement qui sont sur pellicule comme dans « Caniveau en crue » (1934) avec ce petit enfant qui regarde de sa petite hauteur un filet d’eau qui s’en va finir dans les égouts et qui lui semble un torrent. Ou ce pré-adolescent perché sur des éboulis, pris en contre-plongée, le visage rieur regardant vers ses camarades, le contexte mariant destruction et joie de l’enfant. Ce sont des moments de vie où le protagoniste est central, laissant au spectateur la possibilité d’imaginer une fable de celui-ci. Les clichés s’ouvrent en effet vers un imaginaire où le voyage peut s’effectuer autant vers un lieu que vers un personnage, les 2 étant souvent liés par une même histoire, celle que l’on se raconte. Tout reste ainsi ouvert, Doisneau offrant les matériaux artistiques à cette narration. A l’opposé, le décor peut être vide et l’approche du photographe devient autre, même si elle est plus rare, celle de poser un contexte afin de suggérer au spectateur un constat, souvent social, comme avec ces rangées de tables dans un réfectoire où sur chacune trônent 2 bouteilles de vin à moitié remplies, attendant la pause déjeuner des ouvriers. Dans une autre, nous les retrouvons en train de manger, les bouteilles bien consommées. C’est le regard d’une époque révolue où le vin était le sang des ouvriers dans leur journée de travail et le passe-temps solidaire d’une vie trop terne à la regarder, loin des remontrances d’une mère Santé qui était peu disert sur cette boisson. Il a travaillé chez Renault qui fut « pour lui/(moi) le véritable début de sa/(ma) carrière et la fin de sa/(ma) jeunesse ». Avec « Les mains de la sidérurgie » (1973), 6 mains accidentées sont au 1er plan dont quelques-unes avec un ou plusieurs doigts manquants voire le poignet complètement retourné quant en arrière-plan, des fumées grises et noires s’échappent des cheminées d’usines, lieux de travail mais aussi d’accidents et d’éreintements. Doisneau devient ainsi reporter, l’image ayant souvent une force évocatrice beaucoup plus importante que le mot. Plusieurs époques et univers se croisent. C’est une vue à 360° qui est aussi celui des bistrots et des copains avec son vieil ami, Jacques Prévert, seul attablé dans une rue, le regard perdu, le verre de vin sur la table, cigarette au bec, et se ressourçant dans ses pensées. On découvre aussi Françoise Sagan, en 1985, le visage de biais fixant, scrutatrice, l’objectif, dessinant un visage, peut être celui du photographe, à la marge d’une feuille d’écriture. Selon la focale du spectateur, plusieurs personnages principaux peuvent co-exister, comme avec « Les frères » (1934) où 2 couples de frères apparaissent sur 2 plans différents. L’humour et le pied de nez sont souvent au rendez-vous comme aussi avec « Véhicule militaire » (14 juillet 1969) où un enfant pousse, sur un trottoir, un landeau où sa petite soeur est jonchée. Ils regardent tout 2 un char avec 3 militaires passant à quelques mètres d’eux sans les regarder. Référentiel croisé et antinomique d’une jeunesse qui s’ouvre à la vie quand un véhicule militaire passe à côté pour se rappeler à la mort. Pour les banlieues, on découvre, entre autres, « Au bon coin » (1945), du nom du commerce situé au rez-de-chaussée d’un bâtiment de briques anciennes à 2 étages sur une route pavée, esseulé qui fait angle avec une rue déserte où sur sa droite s’entassent de vieux immeubles. Le tout est situé dans un quartier ouvrier de Saint-Denis fait de solitude avec un homme qui marche sur le trottoir de droite du commerce. La lumière venant du ciel est vive quand les pavés la réverbèrent avec l’ombre du bâtiment qui la jouxte. Nous sommes dans un Ailleurs, à la fois si proche et si lointain. Doisneau s’immisce dans les milieux populaires en montrant leur dureté sociale avec ses personnages happés par la vieillesse et le Temps, miséreux et toujours dignes, dans des habitations de fortune. On le retrouve aussi dans les mines, happant l’effort et le regard d’un mineur avec son cheval de mine. « La roulotte amarrée » (1946) prise à Villejuif montre un vieux monsieur debout, à l’entrée de sa roulotte qui est très marquée par le temps, presque d’une autre époque, comme immobilisée par celui-ci. Ou « Monsieur Ali à Vitry » (1965) où en plongée, un homme noir, costumé, digne, se tient au milieu de la route quand derrière lui, se trouve une vieille caravane, adossée à un mur, couverte de feuilles, de fougères et de branchages. Pour le thème « Face à l’œuvre », Doisneau nous immerge dans la relation entre un public et une œuvre artistique. Il photographie, de son oeil alerte, les attitudes et réactions de spectateurs devant la Joconde au Louvre (1945). Dans une démarche parfois plus comique, « La vitrine de Romi » montre le regard et la réaction de passants, prêtant à sourire voire à rire, devant une toile de peinture dans laquelle une femme est habillée uniquement de ses bottines noires en montrant son derrière et en se regardant dans un miroir. Surprise, émotion, étonnement deviennent le lot de ses créations photographiques où ces regards volés et rendus grâce à son art donnent à voir une palette d’émotions bercée par la spontanéité d’un instant. Le regard s’inverse car l’on voit aussi Robert Doisneau photographié ou interviewé, entre autres, par Bernard Pivot dans son émission « Apostrophe ». Cela finit par son célèbre cliché photographique « Le baiser de l’hôtel de ville » (1950). C’était une commande de « Life » pour un reportage sur les amoureux parisiens. De jeunes comédiens sont engagés à cet effet dont Jacques Carteaud avec sa compagne de l’époque, Françoise Delbart. Tombée dans l’oubli, Victor Francès, en 1985, éditeur de carterie, la publie en poster et c’est un succès. Depuis près d’un siècle, Doisneau reste toujours aussi célèbre et « Le baiser de l’hôtel de Ville », « symbole d’un moment heureux » pour son auteur et que l’on peut avoir en visitant l’exposition, en est un témoignage toujours vivant. Véhicule-militaire-14-juillet-1969-©-Atelier-Robert-Doisneau « Robert Doisneau, instants donnés » Musée Maillol https://museemaillol.com/ Du 17 avril au 12 octobre 2025 Tous les jours de 10h30 à 18h30 Nocturnes les mercredis jusqu'à 22h00 COMMISSARIAT COLLECTIF DE L’EXPOSITION Francine Déroudille, Annette Doisneau, Isabelle Benoit, Benoît Remiche, Peter Logan (scénographie) appuyés par toute l’équipe de Tempora.
Véhicule-militaire-14-juillet-1969-©-Atelier-Robert-Doisneau
Temporary exhibition from April 17 to October 12, 2025
Les-frères,-rue-du-Docteur-Lecène,-Paris-1934 ©-Atelier-Robert-Doisneau
Who hasn't seen a picture of Doisneau? The best known is "The Kiss at the City Hall" (1950) which, paradoxically, is the opposite of what he used to do, namely, to take, stealthily and by surprise, strangers and restore them in all their fullness on negative. Several themes of the exhibition cover his work, including childhood and his work at Renault as well as the literary milieu he encountered. We discover him in his many facets, some of which are forgotten or little highlighted, such as those where he walks through the suburbs and in the mines to be as close as possible to the "little people", the workers and the left behind. Or that of the fashion and advertising agencies where he worked after the 2nd World War. The exhibition also interferes in his more personal work in the early 60s with laboratory montages that he made in order to modify his shots by playing with different optical effects. For his first photograph in 1929 of a pile of cobblestones, he said, "I didn't dare to look up at the living people." He has made up for it since then, without the photographed anointing him with his approach before it takes place, the spontaneity of the latter being an essential element. Doisneau is above all a look, an attitude, a gesture taken on the fly where, as he said, "A hundredth of a second here, a hundredth of a second there put end to end, it is never more than one, two, three seconds stolen from eternity..." ". He takes on the fly those seconds when a rapture, a joy, a moment of forgetfulness, a surprise or a lost look become absolute in front of his camera. And where the unknown of all ages is transformed in an instant into a figure of eternity. There are also moments of poetry and wonder that are on film, as in "Caniveau en crue" (1934) with this little child who looks from its small height at a trickle of water that ends up in the sewers and that seems to him a torrent. Or this pre-adolescent perched on screen, caught from a low angle, his face laughing at his classmates, the context combining destruction and the joy of the child. These are moments of life where the protagonist is central, leaving the viewer the possibility of imagining a fable of him. The shots open up to an imaginary world where the journey can be made as much to a place as to a character, the 2 being often linked by the same story, the one we tell each other. Everything remains open, Doisneau offering the artistic materials for this narrative. On the other hand, the set can be empty and the photographer's approach becomes different, even if it is rarer, that of setting a context in order to suggest to the viewer an observation, often social, as with these rows of tables in a refectory where on each one sit 2 half-filled bottles of wine, waiting for the workers' lunch break. In another, we find them eating, the bottles well consumed. It is the look of a bygone era when wine was the blood of workers in their working day and the solidarity pastime of a life too dull to look at it, far from the remonstrances of a Mother Health who was not very forthcoming about this drink. He worked at Renault, which was "for him/(me) the real beginning of his/(my) career and the end of his/(my) youth". With "The Hands of the Steel Industry" (1973), 6 damaged hands are in the foreground, some of them with one or more missing fingers or even the wrist completely turned upside down, while in the background, grey and black smoke escapes from the chimneys of factories, workplaces but also from accidents and exhaustion. Doisneau thus became a reporter, the image often having a much greater evocative force than the word. Several eras and universes intersect. It is a 360° view that is also that of the bistros and friends with his old friend, Jacques Prévert, alone at a table in the street, his gaze lost, the glass of wine on the table, cigarette in his mouth, and rejuvenating himself in his thoughts. We also discover Françoise Sagan, in 1985, the face at an angle, staring, scrutinizing, the lens, drawing a face, perhaps that of the photographer, on the margin of a sheet of writing. Depending on the viewer's focus, several main characters can co-exist, as in "The Brothers" (1934) where 2 pairs of brothers appear on 2 different planes. Humour and thumbing of the nose are often the order of the day, as also with "Military Vehicle" (14 July 1969) where a child pushes a pram on a pavement where his little sister is littered. They both look at a tank with 3 soldiers passing a few meters from them without looking at them. A crossed and antinomic referential of a youth that opens up to life when a military vehicle passes by to remind itself of death. For the suburbs, we discover, among others, "Au bon coin" (1945), the name of the business located on the ground floor of a 2-storey old brick building on a cobbled road, lonely which is at the corner of a deserted street where on its right are piled up old buildings. The whole thing is located in a working-class neighborhood of Saint-Denis made up of solitude with a man walking on the right-hand sidewalk of the business. The light coming from the sky is bright when the cobblestones reflect it with the shadow of the building next to it. We are in an Elsewhere, both so close and so far, away. Doisneau interferes in working-class circles by showing their social harshness with his characters caught up in old age and Time, destitute and always dignified, in makeshift dwellings. He can also be found in the mines, catching the effort and the gaze of a miner with his mine horse. "The moored caravan" (1946) taken in Villejuif shows an old man standing at the entrance of his caravan which is very marked by time, almost from another era, as if immobilized by it. Or "Monsieur Ali à Vitry" (1965) where a Black man, costumed, dignified, stands in the middle of the road while behind him is an old caravan, leaning against a wall, covered with leaves, ferns, and branches. For the theme "Facing the work", Doisneau immerses us in the relationship between an audience and an artistic work. He photographed, with his alert eye, the attitudes, and reactions of spectators in front of the Mona Lisa at the Louvre (1945). In a sometimes more comical approach, "La vitrine de Romi" shows the look and reaction of passers-by, ready to smile or even laugh, in front of a painting canvas in which a woman is dressed only in her black boots, showing her buttocks and looking at herself in a mirror. Surprise, emotion, astonishment become the lot of his photographic creations where these stolen glances thanks to his art show a palette of emotions lulled by the spontaneity of a moment. The gaze is reversed because we also see Robert Doisneau photographed or interviewed, among others, by Bernard Pivot in his program "Apostrophe". This ends with his famous photographic shot "The Kiss at the City Hall" (1950). It was commissioned by "Life" for a report on Parisian lovers. Young actors were hired for this purpose, including Jacques Carteaud with his partner at the time, Françoise Delbart. Fallen into oblivion, Victor Francès, in 1985, a card publisher, published it as a poster and it was a success. For nearly a century, Doisneau has remained as famous as ever and "The Kiss of the Hôtel de Ville", "a symbol of a happy moment" for its author and which can be seen by visiting the exhibition, is a living testimony to this. le-saut,-1936 ©-Atelier-Robert-Doisneau « Robert Doisneau, instants donnés » Maillol Museum https://museemaillol.com/ From April 17 to October 12, 2025 Every day from 10:30 am to 6:30 pm Late opening on Wednesdays until 10:00 p.m. COMMISSARIAT COLLECTIF DE L’EXPOSITION Francine Déroudille, Annette Doisneau, Isabelle Benoit, Benoît Remiche, Peter Logan (scenography) supported by the entire Tempora team.
le-saut,-1936 ©-Atelier-Robert-Doisneau
« Trésors sauvés de Gaza — 5 000 ans d’histoire »
Institut du Monde Arabe
Exposition temporaire du 3 avril au 2 novembre 2025
Mosquée al-Ulmari © Collection de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem
« Rien n’est pire que l’abandon et l’oubli. Cette exposition, que je qualifierai de salut public, rend hommage à Gaza, vibrante et merveilleusement jeune », c’est par ces mots que Jack Lang, président de l’Institut du Monde Arabe, présente « Trésors sauvés de Gaza — 5 000 ans d’histoire » qui est un cri d’espoir en direction de cette terre et de sa population de plus de 2 millions de personnes qui, à la date de rédaction de cet article, est sous les bombardements de l’armée israélienne avec plus de 60 000 morts, hors le décompte des morts sous les ruines, et compte d’après l’Unicef en mai 2025, plus de 50 000 enfants tués ou blessés. Les habitants sont aussi en proie à la famine depuis le 8 octobre 2023. Petite amphore vinaire © Bettina Jacot Descombes L’exposition met en lumière l’art et le riche patrimoine culturel palestinien malgré ce contexte géopolitique tragique et mortifère. Elle embrasse 5 000 ans d’histoire de l’âge du Bronze et du Fer, à partir du 2e millénaire avant Jésus Christ, pour s'étendre jusqu’au XXIe siècle. La scénographie de Elias et Yousef Anastas est composée de 2 salles de 130 chefs-d’œuvre issus des fouilles franco-palestiniennes débutées en 1995 et de la collection privée de Jawdat Khoudery, offerte en 2018 à l’Autorité nationale palestinienne. Sur cet héritage, à la fois si fragile et ayant dépassé l’affront du Temps, des invasions en épousant les multiples échanges inter-culturels, bâillonné ensuite par la colonisation israélienne depuis près de 80 ans et endommagé par les bombardements actuels, la commissaire Élodie Bouffard, entourée de Jean-Baptiste Humbert, René Elter et Jean-Michel de Tarragon, propose une immersion dans l’histoire et la culture gazaouie sur plusieurs millénaires. Les visiteurs, en venant, permettent aussi de faire exister Gaza et son patrimoine en péril. Selon l’historien et le géographe grec Strabon (68 av J.C — 23), sa situation stratégique en fait « la plus grande ville de Syrie » suscitant tour à tour la convoitise des Egyptiens, des Assyriens, des Babyloniens, des Perses, des Grecs, des Romains, des Mamelouks et des Ottomans. La ville fût pendant 2 000 ans le plus grand carrefour commercial de la région, seul débouché des routes de l’encens et des richesses de l’Inde. Dans la 1ère salle, un ensemble très varié d’objets artistiques et d’éléments architecturaux est présenté. Dans la seconde salle, se trouve posé, sur une série de tables, un recueil de 2 grandes pages sur chacune d’elles, composées de photographies de sites culturels et religieux de Gaza. Est exposée aussi une carte de l’ONU listant les bombardements de l’armée israélienne jusqu’au 17 février 2025 du patrimoine culturel de la ville avec leur degré de démolition dont ceux, parmi beaucoup d’autres, du dépôt d’Ebaf dont on ignore encore l’amplitude des destructions, de l’hôtel-musée de Jawdat Khoudary, des musées de Al-Qarara et de Rafah gravement endommagés. Chapiteau, période byzantine, 5e siècle © Flora Bevilacqua Dans la 1ère salle, des chefs-d’oeuvre sont exposés dont un superbe pavement de mosaïque de la période byzantine (579) où sont dessinés différents animaux, motifs et inscriptions religieuses. A côté se trouvent disposées en carré 30 lampes byzantines de l’an 600 avec leurs formes penchées et leurs anses relevées. On y découvre aussi des linteaux, des ancres de pierre, des amphores, des anneaux, des vases, des stèles funéraires, des figurines, des plaques décoratives, des lampes, des chapiteaux, des balustrades, des statuettes, des fragments de récipients, toute une multitude d’éléments couvrant les périodes assyrienne, perse, hellénistique, romaine, byzantine, musulmane et ottomane. De l’âge du Bronze et du Fer, sont présentés, entre autres, un manche de poignard à décor géométrique incisé de 2 700 à 2 350 av. J-C., un scarabée, symbole de l’excellence de l’Egypte ancienne, représentant le dieu Khépri, datant de 1 650 à 1 540 av. J-C., un vase en forme de cratère datant des XVIIIe-XIXe dynasties et du XIIIe siècle av. J-C, 2 figurines dont une de 800 à 601 av. J-C. représentant une femme au tambourin, et l’autre, une grenouille du 4e millénaire av. J.-C, les figurines animales étant assez présentes en Egypte prédynastique. Vase en forme de cratère, fin de la XVIIIe dynastie-XIXe dynastie, XIIe av J-C. © Bettina Jacot Descombes Pour l’époque romaine, il y a, entre autres, des lampes à huile du 1er et 3e siècle, ainsi que de la fin du 1er siècle avant J-C jusqu’au 1er siècle, un casque, un fragment de récipient et un flacon anthropomorphe de la Rome antique du 1er et 2e siècle. La période musulmane recouvre les années 637 à 1917 pour laquelle sont exposés, parmi beaucoup d’autres, des fragments de linteaux ottomans du XIXe siècle, des stèles funéraires mamelouk (XIIIe-XVIe), ottomane (XVIIe-XIXe) et abbasside (VIIIe-IXe). Plus avant, il y a des chapiteaux hellénistiques et romains du 1er siècle avant Jésus-Christ, découverte en 1992 ainsi qu’un chapiteau avec sa colonnette byzantine (313 à 642). La maîtrise de l’irrigation et l’adaptation de la vigne au sol sableux a permis le développement de la vigne à Gaza qui devient au 2e siècle, une grande exportatrice de vin avec une production industrielle de jarres dont le musée montre de très beaux exemplaires perses des 5e et 4e siècle av. J-C, hellénistiques des 1er, 2e et 3e siècle av. J-C et romains des 2e, 3e et 4e siècle. Il y a aussi de magnifiques photographies comme celle de l’église grecque orthodoxe Saint-Porphyre, consacrée en 1150, et située dans le quartier de Zaytûn. L’édifice abrite la tombe supposée de Saint Porphyre, personnage emblématique de la conversion de la ville au christianisme. Arrivé en 395 pour en être l’évêque, il fait de la lutte contre le polythéisme, sa priorité. Est présenté le complexe ecclésiastique byzantin de Mukheitim, découvert à Jabâlya, site archéologique qui s’étend sur plus de 14 000 m2. Vraisemblablement fondé au Ve siècle, il est constitué d’une église à plan basilical, d’un diaconicon et d’un baptistère et est un fabuleux témoignage de la culture chrétienne jusqu’aux Omeyyades (661 à 750 pour l’aire Moyen-Orientale). Statuette Aphrodite ou Hécate avec Pan enfant (disparu) © Bettina Jacot Descombes Avec plus de 2 millions d’habitants sur un territoire de 362km2, la bande de Gaza est l’une des densités les plus importantes au monde. Aussi les projets immobiliers parsèment le territoire donnant lieu parfois à d’importantes découvertes archéologiques comme celles des vestiges d’un atrium avec ses autres bâtiments, de l’antique port d’Anthédon et de Blakhiya, découvert en 1994 lors de travaux d’installation d’un collecteur d’eau. De même, la nécropole romaine d’arc Moarbin, Jabâlya a été découverte fortuitement en février 2022 lors de la construction d’un complexe immobilier de logements sociaux. 135 tombes de la période romaine des 1er et 3èmes siècles y ont été identifiées. On découvre aussi Qasr Al-Basha, le palais du Pacha, qui était autrefois le siège du pouvoir mamelouk puis ottoman. Il est devenu, aux mains du mandat britannique, un poste de police de 1923 à 1948 avant d’être une école de jeunes filles au début du XXIe siècle à la prise de Gaza par l’Egypte. Restauré à partir de 2010 jusqu’en 2014 par le PNUD (Programme des Nations Unis pour le Développement), il a été détruit en décembre 2023 par les bombardements israéliens. Lors du cessez-le-feu en janvier 2025, un projet de mise en oeuvre de mesures de protection d’urgence et de stabilisation du palais par l’association palestinienne Center for Cultural Heritage Preservation (CCHP) a été mené afin d’évacuer et documenter les artefacts et éléments architecturaux ensevelis sous les décombres et d’en faciliter aussi l’accès et l’évaluation. Grâce au fonds photographique de l’Ecole Biblique et Archéologique Française de Jérusalem (EBAF) qui a accumulé depuis 1890, 33 200 références dont 14 000 verres documentant toute la région proche et moyenne orientale, Gaza, du début du siècle dernier, se donne superbement à voir avec, entre autres, le palais du Pacha du père Ferrero (1931), la mosquée Saïd-Hachem (1922), l’église Saint-Porphyre du père Savignac (1922), le port d’entrée de la vieille ville (1931) et le panorama de Tell Harubah avec ses remparts en terre crue de l’âge du Bronze récent. Une autre série de 7 photographies datant de 1920 de la mosquée d’Al-Umarin appelée aussi Grande mosquée, a été effectuée après les bombardements de l’armée britannique en 1917. On y voit, sous des amoncellements liés aux destructions, la silhouette de la grande mosquée avec son minaret éventré, son intérieur, son oculus, sa vue du portail et son chapiteau byzantin du XIIe siècle. Des opérateurs palestiniens œuvrent à documenter, préserver et sauver les biens culturels menacés à l’aide d’acteurs locaux et internationaux tels que l’Alliance Internationale pour la Protection du patrimoine (ALIPH), active à Gaza depuis 2020. « Au 25 mars 2025, l’Unesco observe, en se basant sur des images satellitaires, des dommages sur 94 sites cultuels gaziotes : 12 sites religieux, 61 bâtiments d’intérêt historique et/ou artistiques, 7 sites archéologiques, 6 monuments et 3 dépôts de biens culturels mobiliers et 1 musée »*. C’est une très belle exposition avec ses valeurs autant artistiques, culturelles que politiques, en partenariat avec le ministère du Tourisme et des Antiquités de Palestine et le Musée d'Art et d'Histoire de Genève (MAH), qui nous fait découvrir Gaza belle et lumineuse, riche de son passé, avec un regard et une attention autres, malheureusement frappée actuellement d’une oppression destructrice et sans retenue. Eglise Saint-Porphyre © Collection de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem * : Institut du Monde Arabe « Trésors sauvés de Gaza — 5 000 ans d’histoire » Institut du Monde Arabe https://www.imarabe.org Du 3 avril au 2 novembre 2025 Le mardi de 11h à 18h Du mercredi au vendredi de 11h à 17h30 Samedi et dimanche de 11h à 18h30 Fermé le lundi. Commissariat Élodie Bouffard : responsable des expositions Conseillers scientifiques Jean-Baptiste Humbert : archéologue, directeur honoraire du laboratoire d’archéologie de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem René Elter : archéologue, chercheur associé à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem, directeur du programme scientifique et de préservation du monastère de Saint Hilarion à Gaza, coordinateur scientifique de programme Intiqal pour l’ONG Première Urgence Internationale Jean-Michel de Tarragon : professeur émérite à l’École biblique et archéologique française de Jérusalem Scénographie Elias et Yousef Anastas : AAU Anastas
Petite amphore vinaire © Bettina Jacot Descombes
Chapiteau, période byzantine, 5e siècle © Flora Bevilacqua
Vase en forme de cratère, fin de la XVIIIe dynastie-XIXe dynastie, XIIe av J-C. © Bettina Jacot Descombes
Statuette Aphrodite ou Hécate avec Pan enfant (disparu) © Bettina Jacot Descombes
Eglise Saint-Porphyre © Collection de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem
"Treasures Rescued from Gaza — 5,000 Years of History"
Temporary exhibition from April 3 to November 2, 2025
Eglise byzantine de Mukheitim à Jabâlya © Jean-Michel de Tarragon
"Nothing is worse than abandonment and forgetting. This exhibition, which I would describe as a public salute, pays tribute to Gaza, vibrant and wonderfully young", it is with these words that Jack Lang, President of the Arab World Institute, presents "Treasures Saved from Gaza – 5,000 Years of History" which is a cry of hope for this land and its population of more than 2 million people who, at the time of writing this article, is under bombardment by the Israeli army with more than 60,000 dead, excluding the count of dead under the ruins, and counts according to UNICEF in May 2025, more than 50,000 children killed or injured. The inhabitants have also been in the grip of famine since October 8, 2023. The exhibition highlights Palestinian art and rich cultural heritage despite this tragic and deadly geopolitical context. It covers 5,000 years of Bronze and Iron Age history, from the 2nd millennium BC to the twenty-first century. The scenography by Elias and Yousef Anastas is composed of 2 rooms of 130 masterpieces from the Franco-Palestinian excavations begun in 1995 and the private collection of Jawdat Khoudery, offered in 2018 to the Palestinian National Authority. Flacon anthropomorphe © Flora Bevilacqua On this legacy, both so fragile and having surpassed the affront of Time, of invasions by espousing the multiple inter-cultural exchanges, then gagged by Israeli colonization for nearly 80 years and damaged by the current bombings, the curator Élodie Bouffard, surrounded by Jean-Baptiste Humbert, René Elter and Jean-Michel de Tarragon, proposes An immersion in the history and culture of Gaza over several millennia. Visitors, by coming, also make Gaza and its endangered heritage exist. According to the Greek historian and geographer Strabo (68 BC – 23 BC), its strategic location made it "the largest city in Syria" and was coveted by the Egyptians, Assyrians, Babylonians, Persians, Greeks, Romans, Mamluks and Ottomans. For 2,000 years, the city was the largest commercial crossroads in the region, the only outlet for the routes of incense and the riches of India. In the 1st room, a very varied set of artistic objects and architectural elements is presented. In the second room, a collection of 2 large pages on each of them is placed on a series of tables, composed of photographs of cultural and religious sites in Gaza. Also on display is a UN map listing the Israeli army's bombings until February 17, 2025, of the city's cultural heritage with their degree of demolition, including those, among many others, of the Ebaf depot, the extent of which is still unknown, the Jawdat Khoudary hotel-museum, the Al-Qarara and Rafah museums, which were severely damaged. Eglise byzantine de Mukheitim à Jabâlya © Jean-Michel de Tarragon In the 1st room, masterpieces are exhibited including a superb mosaic floor from the Byzantine period (579) where various animals, motifs and religious inscriptions are drawn. Next to it are arranged in a square 30 Byzantine lamps from the year 600 with their leaning shapes and raised handles. There are also lintels, stone anchors, amphorae, rings, vases, funerary stelae, figurines, decorative plaques, lamps, capitals, balustrades, statuettes, fragments of vessels, and a whole host of elements covering the Assyrian, Persian, Hellenistic, Roman, Byzantine, Muslim, and Ottoman periods. From the Bronze and Iron Ages, are presented, among others, a dagger handle with geometric incised decoration from 2,700 to 2,350 BC, a scarab beetle, a symbol of the excellence of ancient Egypt, representing the god Khepri, dating from 1,650 to 1,540 BC, a krater-shaped vase dating from the eighteenth-nineteenth dynasties and the thirteenth century BC. 2 figurines, one of which dates from 800 to 601 BC. depicting a woman with a tambourine, and the other, a frog from the 4th millennium BC. animal figurines were quite present in predynastic Egypt. For the Roman period, there are, among other things, oil lamps from the 1st and 3rd centuries, as well as from the end of the 1st century BC to the 1st century, a helmet, a fragment of a vessel and an anthropomorphic flask from ancient Rome from the 1st and 2nd centuries. The Muslim period covers the years 637 to 1917 for which are exhibited, among many others, fragments of Ottoman lintels from the nineteenth century, Mamluk (thirteenth-sixteenth century), Ottoman (seventeenth-nineteenth century) and Abbasid (eighth-ninth centuries) funerary stelae. Further on, there are Hellenistic and Roman capitals from the 1st century BC, discovered in 1992, as well as a capital with its Byzantine column (313 to 642). The mastery of irrigation and the adaptation of the vine to the sandy soil allowed the development of the vine in Gaza, which became a major exporter of wine in the 2nd century with an industrial production of jars, of which the museum shows very beautiful Persian examples from the 5th and 4th centuries BC. Hellenistic Records of the 1st, 2nd, and 3rd centuries BC. and Romans of the 2nd, 3rd, and 4th centuries. There are also magnificent photographs such as the one of the Greek Orthodox Church of St. Porphyry, consecrated in 1150, and located in the Zaytûn district. The building houses the supposed tomb of Saint Porphyry, an emblematic figure of the city's conversion to Christianity. Arriving in 395 to be its bishop, he made the fight against polytheism his priority. The Byzantine ecclesiastical complex of Mukheitim, discovered in Jabâlya, an archaeological site that covers more than 14,000 m2, is presented. Probably founded in the fifth century, it consists of a basilica-shaped church, a diaconicon and a baptistery and is a fabulous testimony to Christian culture up to the Umayyads (661 to 750 for the Middle East). Pavement en haut de la nef gauche de l'église byzantine de Mukheitim à Jabâlya © Jean-Baptiste Humbert With more than 2 million inhabitants in a territory of 362 km2, the Gaza Strip is one of the highest densities in the world. Real estate projects are also scattered throughout the territory, sometimes giving rise to important archaeological discoveries such as the remains of an atrium with its other buildings, the ancient port of Anthedon and Blakhiya, discovered in 1994 during the installation of a water collector. Similarly, the Roman necropolis of Moarbin Arch, Jabâlya was discovered by chance in February 2022 during the construction of a social housing complex. 135 tombs from the Roman period of the 1st and 3rd centuries have been identified there. We also discover Qasr Al-Basha, the palace of the Pasha, which was once the seat of Mamluk and then Ottoman power. It became a police station under the British Mandate from 1923 to 1948 before being a girls' school at the beginning of the 21st century when Egypt took Gaza. Restored from 2010 to 2014 by the UNDP (United Nations Development Programme), it was destroyed in December 2023 by Israeli bombing. During the ceasefire in January 2025, a project for the implementation of emergency protection and stabilization measures for the palace by the Palestinian Center for Cultural Heritage Preservation (CCHP) was carried out in order to evacuate and document the artifacts and architectural elements buried under the rubble and to facilitate their access and evaluation. Thanks to the photographic collection of the French Biblical and Archaeological School of Jerusalem (EBAF), which has accumulated 33,200 references since 1890, including 14,000 glasses documenting the entire Near and Middle Eastern region, Gaza, from the beginning of the last century, is superbly visible with, among others, Father Ferrero's Pasha Palace (1931). the Saïd-Hashem mosque (1922), the Saint-Porphyre church of Father Savignac (1922), the port of entry to the old city (1931) and the panorama of Tell Harubah with its ramparts made of raw earth from the Late Bronze Age. Another series of 7 photographs dating from 1920 of the Al-Umarin mosque, also known as the Great Mosque, was taken after the bombings of the British army in 1917. Under piles of destruction can be seen, the silhouette of the great mosque with its gutted minaret, its interior, its oculus, its view of the portal and its twelfth-century Byzantine capital. Palestinian operators work to document, preserve, and save endangered cultural property with the help of local and international actors such as the International Alliance for the Protection of Heritage (ALIPH), which has been active in Gaza since 2020. "As of March 25, 2025, UNESCO observes, based on satellite images, damage to 94 Gazan cult sites: 12 religious sites, 61 buildings of historical and/or artistic interest, 7 archaeological sites, 6 monuments and 3 deposits of movable cultural property and 1 museum"*. It is a very beautiful exhibition with its artistic, cultural, and political values, in partnership with the Ministry of Tourism and Antiquities of Palestine and the Museum of Art and History of Geneva (MAH), which makes us discover Gaza beautiful and bright, rich in its past, with a different look and attention, unfortunately currently struck by a destructive and unrestrained oppression. Site de Tall al-Sakan © Pierre de Miroschedji *: Institut du Monde Arabe "Treasures Rescued from Gaza — 5,000 Years of History" Arab World Institute https://www.imarabe.org From April 3 to November 2, 2025 Tuesday from 11 a.m. to 6 p.m. Wednesday to Friday from 11 a.m. to 5:30 p.m. Saturday and Sunday from 11 am to 6:30 pm Closed on Mondays. Commissariat Élodie Bouffard: Exhibitions Manager Scientific advisors Jean-Baptiste Humbert: archaeologist, honorary director of the archaeology laboratory of the French Biblical and Archaeological School of Jerusalem René Elter: archaeologist, associate researcher at the French Biblical and Archaeological School of Jerusalem, director of the scientific and preservation program of the monastery of Saint Hilarion in Gaza, scientific coordinator of the Intiqal program for the NGO Première Urgence Internationale Jean-Michel de Tarragon: Professor Emeritus at the French Biblical and Archaeological School of Jerusalem Scenography Elias and Yousef Anastas as AAU Anastas
Flacon anthropomorphe © Flora Bevilacqua
Pavement en haut de la nef gauche de l'église byzantine de Mukheitim à Jabâlya © Jean-Baptiste Humbert
Site de Tall al-Sakan © Pierre de Miroschedji
« Après la fin Carte pour un avenir »
Centre Pompidou-Metz
Exposition temporaire du 25 janvier 2025 au 1er septembre 2025
Belkis-Ayón,-Sans-titre,-1993
« Après la fin » traite d’un sujet dont, à notre connaissance, encore trop peu d’études ont été menées même si depuis plusieurs années, des chercheurs, des cinéastes et des écrivains ont commencé à lui donner droit de cité. C’est celui d’inverser le regard occidental, en remettant en cause la vision européo-centrée, anciennement colonialiste, de l'Occident et souvent trop peu remise en question sauf par certains historiens, pour donner la parole aux peuples qui ont été colonisés. L’exposition est très riche, parfois complexe, et est basée autour de 40 artistes internationaux. Il peut être quelquefois difficile de saisir le sens de certaines œuvres. L’appui de guides présents dans la salle apporte toutefois un éclairage complémentaire aux cartels. Plusieurs médias sont utilisés comme les enregistrements vocaux, l’écrit, le dessin, la peinture, le film et la photo. On voyage dans les continents africain et américains, au Moyen-Orient et aux Antilles. Le commissaire d’exposition, Manuel Borja-Villel, interroge l’intelligibilité du système occidental, à savoir capitaliste sans échappatoire avec le fameux TINA (There Is No Alternative), prôné par Thatcher. En résistance à celui-ci, sont montrés d’autres référentiels de Temps, non linéaires, et d’autres univers de pensée. Comme celui de l’armée zapatiste de libération nationale, EZLN, qui est un mouvement social et politique qui défend l’autonomie des peuples indigènes au Mexique. Avec leur concept de l’escargot, cette idée est portée autour du slogan « Lentement, mais j’avance ». Dans « La marche du silence » (La marcha del silencio) (2012), on y voit donc une danse de groupe en forme de spirale effectuée le 21 décembre 2012 par des membres de l’EZLN dans une chorégraphie où chaque membre effectue, les uns à la suite des autres, une gestuelle à l’unisson des autres. Celle-ci a été faite dans 5 grandes villes du Chiapas à la date du calendrier maya qui célèbre la fin du monde occidental. Abdessamad-EL-MONTASSIR Sont présentés une approche et des points de vue qui déconstruisent le récit occidental de la colonisation, occultant sa nature extrêmement violente, territorialement par la dépossession de la terre des colonisés, physiquement par les exactions commises à leur encontre et culturellement par la dépossession, entre autres, de leurs créations artistiques. Il y a dans ces opérations de vol et d'appropriation forcée une violation des terres, des espaces, des lieux et, aux sens propre et figuré, des personnes sans pour autant que du côté occidental, même plusieurs décennies après la fin des colonisations dans les Amériques, en Afrique et une partie du Moyen-Orient, une prise de conscience en ait été faite. Ainsi, le documentaire « Un-documented » (2019) d'Ariella Aïsha Azoulay rend compte du vol et de la violence autant culturelle que morale et physique de la captation d'œuvres mises ensuite dans les musées occidentaux. Il est fait allusion au court-métrage d'Alain Reisnais, Chris Marker et Ghislain Cloquet « Les statues meurent aussi » (1953), qui dénonce le racisme dans les musées par la considération bien moindre qui est faite de l’art venu d’Afrique. « Un-documented » prend à revers le titre « Les statues meurent aussi » en objectant qu'elles ne mouraient pas car les souffrances endurées persistaient et que le manque lié à ces « statues » perdurait. Elles font partie de la culture, du pays et du peuple qui le compose. L'approche est celle de ce regard inversé pour retranscrire le point de vue des victimes, par le biais de la narratrice du film qui relate ce sentiment de dépossession. Dans « Regards de mémoire » (2003) de Sarah Maldoror, on y voit séparément Aimé Césaire et Edouard Glissant, le 1er parler de l'identité antillaise, de sa rencontre avec Léopold Sédar Senghor en faisant un parallèle entre son tourment lié à l'histoire des Antilles et la sérénité de Senghor, avec l’histoire de son pays, le Sénégal, devenu indépendant depuis. Plus loin, Edouard Glissant parle de la figure de Toussaint Louverture et de son combat pour l’indépendance de Haïti, anciennement nommé Saint Domingue. Les œuvres de Victor Anicet « Caravelle » (2020-2023) et Donald Locke « Village square » (1973) recréent pour le 1er, la vision de ses ancêtres martiniquais lorsqu'ils ont vu débarquer sur leurs terres les colons comme des dieux étrangers et pour le 2nd dans une création en bois, vinyle, céramique et acier, un système géométrique d'ordonnancement associé au modernisme, aliénant et asservissant les personnes esclavisées. « Occupation » est une sélection d’un ensemble de 36 photographies de l'artiste palestinienne Ahlam Shibli prises en 2016-2017 à Al-Khalil. L'ensemble de son œuvre « traite de la destruction des moyens de subsistance des populations palestiniennes » par Israël à Al-Khalil/Hébron. Les photos relatent leurs conditions d'habitat extrêmement difficiles en passant sous silence, le thème n'étant pas celui-ci, la violence physique qu’elles subissent. On y devine toutefois la présence de l'oppression jusqu'à l'intimité même des familles palestiniennes par, entre autres, le deuil, les barbelés ou les miradors. En amont de ces photos, un cartel du CRIF remet en cause la vision et le point de vue d'Ahlam Shibli. Surprenant que le travail d’une artiste ne puisse s'exprimer librement sans être repris par un organisme français d'un gouvernement étranger dont l'oppression est dénoncée artistiquement par celle-ci. Cela met en évidence, dans ce cas de figure, l'importance de l'exposition en mettant en exergue le discours de l'oppression essayant de discréditer et mettre hors circuit la parole d’une photographe dont son pays est colonisé. Ahlam-Shibli,-Occupation,-Al-Khalil-Hébron,-Palestine,-2016-2017 « Assentamento » (2012) de Rosana Paulino est un très bel ensemble de 3 tableaux où la figure brésilienne, au travers de photographies, est au centre, comme tronc nourricier de ce qui peut faire racine avec les ancêtres et la spiritualité. Rosana Paulino est une figure majeure de l'art au Brésil et elle effectue un travail d'exploration sur le rôle de la mémoire dans l'inscription de son histoire dans la société brésilienne. « Plantation Series X/I » (1973) et « Village Square » (1973) sont 2 créations de l'artiste céramiste, sculpteur et peintre guyanais Donald Locke où il joue avec la géométrie et le rationalisme de l'époque moderne dans les plantations coloniales pour dénoncer le caractère esclavagiste de l'impérialisme qu'il inscrit à rebours de l'histoire de l'art. Le polyptyque photographique de Laeïla Adjovi, « Re-cartographier la mémoire » (2023), « Éclat » (2020) et « Ferveur transatlantique » (2021), est une très belle œuvre bien qu'elle puisse être difficile à comprendre. Créée pour l'exposition, elle représente métaphoriquement l'histoire de la traite transatlantique au travers de la figure de Yemoja. Dans cette vaste œuvre, sont déclinés en triptyque à chaque fois en écho la liberté et le noir visage de Yemoja, le bleu de la mer très légèrement teinté de rouge et la traite atlantique pour finir par un tableau représentant son cerveau à la renverse composé d’éléments noirs, gris et de pierre pour marquer profondément la souffrance et l’emprisonnement de celle-ci. « Templo de Oxalà » (1977) est un ensemble de 20 sculptures acryliques sur bois de couleur blanche du peintre brésilien Rubem Valentim. Dans cette création, il évoque le panthéon des orishas saluant Oxalà, la divinité de la création. « Après la fin » se finit avec le film « Meditation on violence » (1949) de Maya Deren, figure majeure du cinéma expérimental, qui explore la culture haïtienne et vaudou afro-caribéenne. Est montré un danseur dansant dans un espace dénué de tout élément scénographique. Cela ressemble à une discussion artistique avec la caméra. Dans la même salle, Katherine Dunham, danseuse, chorégraphe, éducatrice, anthropologue et activiste sociale, montre dans les films « L'Ag 'Ya » (1941) et « Shango » (1947) sa recherche des gestes de danses traditionnelles caribéennes et africaines et sa relation avec la danse moderne où Dunham essaie d'élargir le spectre artistique en reliant contemporanéité et tradition. Difficile toutefois de tout lister car c’est toute une kyrielle d’univers culturels qui est mise en avant. Est ainsi déconstruit et questionné ce rapport à l’autre. L’exposition nous permet de retrouver ce lien fragile et si essentiel à entendre, celle de l’étranger, de l’Ailleurs et de ce qui fait différence avec ce que nous sommes. Elle permet aussi de questionner son acceptation, très variable selon les périodes, de la société qui l’accueille pour travailler et qui se retrouve parfois, et trop souvent, étranger à lui-même car pas ou mal accepté. Cette thématique a traversé différentes périodes dans le passé et reste malheureusement, en ces temps troublés, encore plus d'actualité. Ellen-GALLAGHER,-Morphia,-2008 « Après la fin » Centre Pompidou-Metz https://www.centrepompidou-metz.fr/fr/programmation/expositions/apres-la-fin Commissariat : Manuel Borja-Villel Ouvert les lundis, mercredis et jeudis de 10h à 18h Et les vendredis, samedis et dimanches de 10h à 19h
Abdessamad-EL-MONTASSIR
Ahlam-Shibli,-Occupation,-Al-Khalil-Hébron,-Palestine,-2016-2017
Ellen-GALLAGHER,-Morphia,-2008
"After the end Map for a Future »
Temporary exhibition from January 25, 2025, to September 1, 2025
Wifredo-Lam,-Damballah,-1946
"After the End" deals with a subject that, to our knowledge, has still been carried out too few studies, even if for several years now, researchers, filmmakers and writers have begun to give it the right to be heard. It is that of reversing the Western gaze, by questioning the European-centric, formerly colonialist, vision of the West and often too little questioned except by some historians, to give a voice to the peoples who have been colonized. The exhibition is very rich, sometimes complex, and is based around 40 international artists. It can sometimes be difficult to grasp the meaning of certain works. However, the support of guides present in the room provides additional insight to the cartels. Several media are used such as voice recordings, writing, drawing, painting, film, and photography. We travel to the African and American continents, the Middle East and the West Indies. The curator, Manuel Borja-Villel, questions the intelligibility of the Western system, namely capitalist without escape with the famous TINA (There Is No Alternative), advocated by Thatcher. In resistance to it, other non-linear frames of reference of Time and other universes of thought are shown. Like that of the Zapatista Army of National Liberation, EZLN, which is a social and political movement that defends the autonomy of indigenous peoples in Mexico. With their concept of the snail, this idea is carried around the slogan "Slowly, but I'm moving forward". In "The March of Silence" (2012), we see a spiral-shaped group dance performed on December 21, 2012, by members of the EZLN in a choreography in which each member performs, one after the other, a gesture in unison with the others. This was done in 5 major cities of Chiapas on the date of the Mayan calendar which celebrates the end of the Western world. Georges-Liautaud,-Sans-titre,-1960 An approach and points of view are presented that deconstruct the Western narrative of colonization, obscuring its extremely violent nature, territorially through the dispossession of the land of the colonized, physically through the abuses committed against them, and culturally through the dispossession, among other things, of their artistic creations. In these operations of theft and forced appropriation, there is a violation of lands, spaces, places and, literally and figuratively, of people, without the Western side, even several decades after the end of colonization in the Americas, Africa, and part of the Middle East, being aware of this. Thus, the documentary "Un-documented" (2019) by Ariella Aïsha Azoulay reports on the theft and violence of the cultural, moral, and physical nature of the capture of works that are then put in Western museums. There is an allusion to the short film by Alain Reisnais, Chris Marker, and Ghislain Cloquet "Statues Die Too" (1953), which denounces racism in museums by the much lower consideration given to art from Africa. "Un-documented" takes the title "Statues die too" by objecting that they did not die because the suffering endured persisted and that the lack linked to these "statues" endured. They are part of the culture, the country and the people that make it up. The approach is that of this inverted gaze to transcribe the point of view of the victims, through the narrator of the film who recounts this feeling of dispossession. In "Regards de mémoire" (2003) by Sarah Maldoror, we see separately Aimé Césaire and Edouard Glissant, the first to talk about the West Indian identity, about his meeting with Léopold Sédar Senghor by drawing a parallel between his torment linked to the history of the West Indies and the serenity of Senghor, with the history of his country, Senegal, which has since become independent. Further on, Edouard Glissant talks about the figure of Toussaint Louverture and his fight for the independence of Haiti, formerly known as Saint Domingue. The works of Victor Anicet "Caravelle" (2020-2023) and Donald Locke "Village square" (1973) recreate for the 1st, the vision of his Martinican ancestors when they saw the colonists land on their land like foreign gods and for the 2nd in a creation in wood, vinyl, ceramic and steel, a geometric system of ordering associated with modernism, alienating and enslaving enslaved people. "Occupation" is a selection of a set of 36 photographs by Palestinian artist Ahlam Shibli taken in 2016-2017 at Al-Khalil. His entire work "deals with the destruction of the livelihoods of the Palestinian populations" by Israel in Al-Khalil/Hebron. The photos relate their extremely difficult living conditions while ignoring the physical violence they suffer. However, we can guess the presence of oppression even in the very intimacy of Palestinian families through, among other things, mourning, barbed wire, or watchtowers. Ahead of these photos, a CRIF cartel questions Ahlam Shibli's vision and point of view. It is surprising that the work of an artist cannot be freely expressed without being taken up by a French organization of a foreign government whose oppression is denounced artistically by her. This highlights, in this case, the importance of the exhibition by highlighting the discourse of oppression trying to discredit and disconnect the word of a photographer whose country is colonized. Juan-et-Miguel-GONZáLEZ,-Conquista-de-México-por-Hernán-Cortés "Assentamento" (2012) by Rosana Paulino is a beautiful set of 3 paintings where the Brazilian figure, through photographs, is at the center, as a nourishing trunk of what can take root with ancestors and spirituality. Rosana Paulino is a major figure in Brazilian art and she is exploring the role of memory in the inscription of its history in Brazilian society. "Plantation Series X/I" (1973) and "Village Square" (1973) are 2 creations by the Guyanese ceramist, sculptor, and painter Donald Locke where he plays with the geometry and rationalism of the modern era in colonial plantations to denounce the slave-owning nature of imperialism, which he inscribes against the history of art. Laeïla Adjovi's photographic polyptych, "Re-mapping Memory" (2023), "Brilliance" (2020) and "Transatlantic Fervour" (2021), is a very beautiful work although it can be difficult to understand. Created for the exhibition, it metaphorically represents the history of the transatlantic slave trade through the figure of Yemoja. In this vast work, Yemoja's freedom and black face are declined in triptych, the blue of the sea very slightly tinged with red and the Atlantic slave trade, to end with a painting representing her brain upside down composed of black, grey, and stone elements to profoundly mark her suffering and imprisonment. "Templo de Oxala" (1977) is a set of 20 white acrylic wood sculptures by the Brazilian painter Rubem Valentim. In this creation, he evokes the pantheon of orishas greeting Oxalà, the deity of creation. "After the End" ends with the film "Meditation on violence" (1949) by Maya Deren, a major figure in experimental cinema, which explores Haitian and Afro-Caribbean voodoo culture. A dancer is shown dancing in a space devoid of any scenographic elements. It looks like an artistic discussion with the camera. In the same room, Katherine Dunham, dancer, choreographer, educator, anthropologist and social activist, shows in the films "L'Ag 'Ya" (1941) and "Shango" (1947) her research into traditional Caribbean and African dance gestures and her relationship with modern dance where Dunham tries to broaden the artistic spectrum by linking contemporaneity and tradition. However, it is difficult to list everything because it is a whole host of cultural universes that are highlighted. This relationship to the other is thus deconstructed and questioned. The exhibition allows us to rediscover this fragile and essential link to hear, that of the foreigner, of the Elsewhere and of what makes difference with who we are. It also allows us to question his acceptance, which varies greatly depending on the period of the society that welcomes him to work and which sometimes, and too often, finds himself a stranger to himself because he is not accepted or poorly accepted. This theme has gone through different periods in the past and unfortunately remains even more relevant in these troubled times. Rubem-Valentim,-Templo-de-Oxalá,-[Temple-d’Oxalá],-1977 "After the end" Centre Pompidou-Metz https://www.centrepompidou-metz.fr/fr/programmation/expositions/apres-la-fin Curator: Manuel Borja-Villel Open Mondays, Wednesdays, and Thursdays from 10 am to 6 pm And Fridays, Saturdays, and Sundays from 10 a.m. to 7 p.m.
Georges-Liautaud,-Sans-titre,-1960
Juan-et-Miguel-GONZáLEZ,-Conquista-de-México-por-Hernán-Cortés
Rubem-Valentim,-Templo-de-Oxalá,-[Temple-d’Oxalá],-1977
« Paris noir »
Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950-2000
Centre Georges Pompidou
Exposition temporaire du 19 mars au 30 juin 2025
"Beauford-Delaney,-James-Baldwin,-vers-1945--1950.
« Paris noir » est très riche dans ses composants autant musicaux, littéraires que picturaux et sculpturaux. La scénographie a été effectuée par Laurence Fontaine dans des espaces où les contours obliques et géométriques ont pour centre 2 d’entre eux qui sont dédiés à Edouard Glissant et à son concept de « Tout-Monde ». Les autres espaces se greffent autour, bien qu’ils puissent être indépendants les uns des autres, pour traiter chacune des 13 thématiques allant, entre autres, du Free-Jazz, au retour à l’Afrique, aux nouvelles abstractions, aux syncrétismes parisiens, aux rites et mémoires de l’esclavage et aux nouveaux lieux du Paris noir. Dans ce dédale non linéaire très bien conçu, cette construction met ainsi le visiteur dans une disposition où les œuvres sont exposées, suivant l'entrée prise, à différents angles et latitudes, lui permettant ainsi de les voir d’une façon qui évolue ensuite quand il entre plus profondément dans l’aire considérée. Clem-Lawson,-Angoisse-sur-l’escalator,-1983. Dans chacun de ces espaces sont ainsi visibles différentes tendances des 2ème, 3ème, 4ème, 5ème et 6ème arts. Pour créer des ruptures permettant de garder une attention constante des visiteurs, différents médias se relaient comme des films autant documentaires que télévisuels. Le tout recouvre des thèmes croisés grâce à la configuration scénographique disposée de façon concentrique avec une échelle de temps non linéaire. L’Histoire, celle des rites et des mémoires de l’esclavage, est par exemple peu éloignée des nouvelles abstractions comme le retour en Afrique est à côté du Free Jazz. Ainsi musique, littérature, vidéos et créations picturales et scripturales sont reliées les unes aux autres. On y découvre l’émergence et l’évolution de différents artistes venant des Antilles, d’Afrique et des continents d'Amérique, flirtant et épousant le cubisme, le surréalisme, l’abstrait et revenant ensuite, pour certains d'entre eux, sur une identité beaucoup plus ancrée sur leurs racines locales ou du continent africain. L’exposition montre ainsi le cheminement, les contributions et les combats d’artistes noirs, à l'exception de Jean Rouch, dans le Paris des années 1950 à 2000 et ayant contribué à porter la voix et le rayonnement des identités et des cultures noires d’Afrique, des Antilles, d’Amérique latine et d’Amérique du Nord. Est exposée une photo du 1er congrès des écrivains et artistes noirs faite à Paris en septembre 1956 et qui regroupe, entre autres, Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Amadou Hampaté Bâ, Frantz Fanon, Louis Achille, Edouard Glissant et Richard Wright. Ainsi sont rassemblées de grandes figures artistiques avec aussi Alioune Diop, créateur du périodique « Présence africaine ». L'objectif de cette revue était que « (elle) ne se place sous l'obédience d'aucune idéologie ou politique. Elle veut s'ouvrir à la collaboration de tous les hommes de bonne volonté (Blancs, Jaunes ou Noirs), susceptibles de [les] aider à définir l'originalité africaine et de hâter son insertion dans le monde moderne »*. A cheval entre plusieurs périodes sur plusieurs espaces, on y (re)découvre de multiples créations d’un très large spectre d’artistes tels que Ed Clark, Beauford Delaney, Diagne Chanel, Sebastião Januário, Iba N’Diaye, Gerard Sekoto, Demas Nwoko, François Thango, Sarah Maldoror, Jean Rouch, Melwin Van Peebles et Désiré Ecaré. Au travers de photos et de films, on y voit des figures dont celles, entre autres, d’Edouard Glissant, d’Aimé Césaire, de Léopold Sédar Senghor, de James Baldwin, de Lucie Turnier, d’Ed Clark et de Beauford Delaney. Difficile de lister toutes les œuvres, nous faisons juste un rapide focus sur « Serpents et lianes », datant d’avant 1954, du peintre congolais Marcel Gotène. Son style mike, signifiant petit en lingala, montre des silhouettes filiformes un peu naïves sur fond noir. Plus loin, « Cape II » du peintre africain-américano Sam Gilian est une très belle toile en tissu suspendue à un mur, au préalable pliée et froissée, baignée de couleurs acryliques chaudes et mates. Diagne Chanel avec « Le garçon de Venise » (1976) constitue l’une des 1ères figurations contemporaines noires qui reprend les codes définis par l’histoire de l’art. Le point de fuite pour la perspective est, entre autres, respecté et ce qui frappe est cet homme noir, personnage central, qui regarde le spectateur. Il existe dans sa pleine mesure, sans être le valet ou le pendant de qui que ce soit. Il y a aussi de très belles œuvres du sculpteur sur pierre Zimbabwe de la communauté Vukuta Thomas Mukarobgwa avec « Sans titre » (1980) et « Spirit in a Process of Action » (1980). Certains films sont toutefois peu audibles comme celui où James Baldwin, dans un groupe, prend la parole. Le son n’est pas suffisamment fort. Et il n’est pas proposé de casques pour bien entendre, ce qui est fort dommage. C’est le seul impair de l’exposition, très rapidement occulté par la richesse de ce qui est proposé par ailleurs comme plusieurs extraits de films dont celui, d’ethno-fiction « Petit à petit » (1969), de Jean Rouch qui montre et dénonce, de façon comique, les dynamiques coloniales de l’ethnologie occidentale en y renversant les repères avec un personnage jouant un ethnologue du Niger interviewant des parisiens en prenant notes et mesures de ce qui l’étonne. Nous assistons à un travail de terrain décliné de façon très ironique et comique. Des sculptures sur métal d’Harold Cousins sont disposées tout au long de l’exposition. Il mêle dans ses créations des influences modernistes africaines-américaines et plus traditionnelles des arts africains et égyptiens. On y voit, dans un film éponyme de Dany Pietrodangelo (1968), Luce Turnier, connue internationalement pour ses portraits de la société haïtienne. Un film intitulé « Iba N’Diaye. Portrait d’un peintre » de Paulin Soumanou Vieyra (1982) montre Iba N’Diaye expliquant son approche artistique. Dans un autre registre photographique, on y découvre l’amitié de James Baldwin et Beauford Delaney dans une rue à Paris, Ed Clark dans son atelier ou Gérard Sekoto et Skunder Boghossian dans un café parisien. Ed-Clark,-Untitled-(Vétheuil),-1967. Des extraits du film « Un homme une terre » (1976) de Sarah Maldoror, cinéaste guadeloupéenne, sont projetés où Aimé Césaire définit son concept de négritude dont il a été co-fondateur avec Léopold Sédar Senghor. On les voit se retrouver plusieurs décennies plus tard. Puis selon les tendances et les espaces, on découvre une kyrielle d’artistes comme le peintre sénégalais Assane N’Doye avec « L’Indésirable » où il puise son inspiration dans le concept de négritude pour retranscrire dans ses créations son « identité africaine » ou le peintre ivoirien Clem Lawson avec, entre autres, « Angoisse sur l’escalator » (1983) où il utilise des perles de verre dans ses compositions. Kelly Williams, peintre américain, invente la peinture à la lumière noire qui combine expressivité graphique et art informel dans « Luminous paintings » (vers 1950), œuvre visible sous ultraviolet et basée sur de la ficelle collée et des pigments phosphorescents. On y découvre aussi, du peintre d’origine dominicaine José Castillo, un ensemble de 3 tableaux très colorés, « Los cimarrones » (1994), « Vierge » (1993) et « Saint Georges » (1994), présentés en triptyque. Dans ce dernier tableau, il rend hommage au compositeur guadeloupéen Joseph Bologne de Saint-George, plus connu sous le pseudonyme de « Chevalier de Saint-George » et surnommé « Le Mozart noir », en l'associant à la figure de Saint Georges terrassant le dragon dans l’iconographie chrétienne. L’exposition finit dans la dernière salle avec, parmi d'autres, « Fou nu dans une rue d’Abidjan » (1988-1990), une très belle photo de Doris Haron Kasco qui invite à considérer de façon beaucoup plus ouverte, ces laissés-pour-compte d’Abidjan qui hantent les rues de la capitale de la Côte d’Ivoire. Dans le cadre de la représentativité de la culture noire, Hassan Musa interroge, depuis son arrivée en France en 1978, la construction, et par ricochet, la perception d’une supposée « identité africaine » où il dénonce l’engouement du marché pour l’art contemporain africain. Dans la peinture sur toile « Autoportrait avec des idées noires » (2003), l’artiste soudanais est assis en regardant fixement le visiteur entre la figure de Joséphine Baker qui jouait d’exotisme dans ses spectacles et la « Vénus Hottentote », femme sud-africaine, exhibée de force en Europe au 19ème siècle. C’est une superbe exposition qui nous plonge dans le Paris du milieu du siècle dernier jusqu’aux prémices de notre siècle en compagnie des très grandes figures qui ont marqué politiquement et artistiquement, la vie culturelle parisienne et par ricochet le monde entier, dans leur combat de la reconnaissance des cultures venues des continents africain, américains et des Antilles. C’est un voyage qui fait découvrir la très grande richesse créative qui en a été générée et qui poursuit son influence aujourd'hui. * : wikipédia
Clem-Lawson,-Angoisse-sur-l’escalator,-1983.
Ed-Clark,-Untitled-(Vétheuil),-1967.
Premier-Congrès-des-écrivains-et-artistes-noirs,-Paris,-septembre-1956
« Paris noir » Centre Georges Pompidou
https://www.centrepompidou.fr/ Commissariat : Commissariat : Alicia Knock, conservatrice, cheffe du service de la création contemporaine et prospective, Musée national d’art moderne − Centre Pompidou. Commissaires associé.es : Éva Barois De Caevel, conservatrice, Aurélien Bernard, Laure Chauvelot, et Marie Siguier, attaché.es de conservation, service de la création contemporaine et prospective, Musée national d’art moderne − Centre Pompidou. Conseillers scientifiques : Christine Eyene est critique d’art, historienne de l’art et commissaire d’exposition. Elle est professeure d’art contemporain à la John Moores University de Liverpool, et Resarch Curator à la Tate Liverpool Florence Alexis, fille de l’écrivain et leader haïtien Jacques Stéphen Alexis, est ingénieure culturelle, archiviste et commissaire d’exposition. Elle a notamment coproduit les « Rencontres Africaines » (Institut du Monde Arabe, 1994), « Ousmane Sow : la Bataille de Little Big Horn » (Paris, le Pont des Arts, 2000) et fut commissaire de « Oser la Liberté » (Paris, Le Panthéon, 2023-2024) pour le Centre des Monuments Nationaux. Sarah Ligner est conservatrice du patrimoine et commissaire d'expositions au musée du quai Branly - Jacques Chirac. Jean Marie-Louise a été conseiller pédagogique départemental en arts visuels et coordonnateur départemental pour l’éducation artistique et l’action culturelle en Martinique. Il a publié des articles, recherches, études, analyses critiques et entretiens avec de nombreux artistes. Paulo Miyada est curateur et chercheur, commissaire associé du Centre Pompidou et directeur artistique de l’Instituto Tomie Ohtake à São Paulo. Robert G. O’Meally est professeur d’anglais et de littérature comparée à l’Université de Columbia, spécialiste américain de la culture africaine-américaine et du jazz. Du 19 mars au 30 juin 2025 Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 18h Le samedi de 10h à 18h
"Black Paris"
Artistic Circulations and Anti-Colonial Struggles, 1950-2000
Temporary exhibition from March 19 to June 30, 2025
Diagne-Chanel,-Le-Garçon-de-Venise,-1976
"Paris noir" is very rich in its components that are as much musical, literary as pictorial and sculptural compositions. The scenography was carried out by Laurence Fontaine in spaces where the oblique and geometric contours have 2 of them as their center, which are dedicated to Edouard Glissant and his concept of "Tout-Monde". The other spaces are grafted around each other, although they may be independent of each other, to deal with each of the 13 themes ranging, among others, from Free-Jazz to the return to Africa, to new abstractions, to Parisian syncretisms, to the rites and memories of slavery and to the new places of black Paris. In this very well-designed non-linear maze, this construction thus puts the visitor in a layout where the works are exhibited, depending on the entrance taken, at different angles and latitudes, thus allowing him to see them in a way that then evolves when he enters deeper into the area under consideration. In each of these spaces, different trends in the 2nd, 3rd, 4th, 5th, and 6th arts are visible. To create breaks that allow visitors to keep their constant attention, different media take turns like documentary and television films. The whole covers intersecting themes thanks to the scenographic configuration arranged concentrically with a non-linear time scale. History, that of the rites and memories of slavery, is for example not far from the new abstractions as the return to Africa is next to Free Jazz. In this way, music, literature, videos, and pictorial and scriptural creations are linked to each other. We discover the emergence and evolution of different artists from the West Indies, Africa and the continents of America, flirting with and espousing cubism, surrealism, abstraction and then returning, for some of them, to an identity much more anchored in their local roots or the African continent. The exhibition thus shows the journey, contributions and struggles of black artists, with the exception of Jean Rouch, in Paris from the 1950s to 2000s and who contributed to the voice and influence of black identities and cultures from Africa, the West Indies, Latin America and North America. Ernest-Breleur,-Sans-titre-(série-Fwomajé),-1988 On display is a photo of the 1st Congress of Black Writers and Artists taken in Paris in September 1956 and which includes, among others, Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire, Amadou Hampaté Bâ, Frantz Fanon, Louis Achille, Edouard Glissant and Richard Wright. Thus, great artistic figures are brought together with Alioune Diop, creator of the periodical "Présence africaine". The objective of this review was that "(it) does not place itself under the obedience of any ideology or politics. It wants to open up to the collaboration of all men of good will (Whites, Yellows, or Blacks), likely to help [them] define African originality and hasten its insertion into the modern world"*. Straddling several periods in several spaces, we (re)discover multiple creations from a very wide spectrum of artists such as Ed Clark, Beauford Delaney, Diagne Chanel, Sebastião Januário, Iba N'Diaye, Gerard Sekoto, Demas Nwoko, François Thango, Sarah Maldoror, Jean Rouch, Melwin Van Peebles and Désiré Ecaré. Through photos and films, we see figures including those of, among others, Edouard Glissant, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, James Baldwin, Lucie Turnier, Ed Clark, and Beauford Delaney. It's difficult to list all the works, we just make a quick focus on "Snakes and vines", dating from before 1954, by the Congolese painter Marcel Gotène. His mike style, meaning small in Lingala, shows slender silhouettes that are a little naïve on a black background. Further on, "Cape II" by the African American painter Sam Gilian is a beautiful fabric canvas hung on a wall, previously folded and crumpled up, bathed in warm and matte acrylic colors. Diagne Chanel's "The Boy from Venice" (1976) is one of the first contemporary black figurations to take up the codes defined by art history. The vanishing point for perspective is, among other things, respected and what strikes us is this black man, the central character, who looks at the viewer. It exists to its full extent, without being anyone's servant or counterpart. There are also some very beautiful works by the Zimbabwean stone carver from the Vukuta community Thomas Mukarobgwa with "Untitled" (1980) and "Spirit in a Process of Action" (1980). Gerard-Sekoto,-Self-portrait-[Autoportrait],--1947 However, some films are not very audible, such as the one in which James Baldwin, in a group, speaks. The sound is not loud enough. And there are no headphones for good hearing, which is a shame. This is the only oddity of the exhibition, very quickly obscured by the richness of what is offered elsewhere as several film excerpts, including the ethno-fiction "Petit à petit" (1969), by Jean Rouch, which shows and denounces, in a comic way, the colonial dynamics of Western ethnology by reversing the reference points with a character playing an ethnologist from Niger interviewing Parisians, taking notes and measurements of what surprises him. We are witnessing fieldwork in a very ironic and comical way. Metal sculptures by Harold Cousins are displayed throughout the exhibition. In his creations, he mixes modernist, African American and more traditional influences from African and Egyptian arts. In an eponymous film by Dany Pietrodangelo (1968), Luce Turnier, known internationally for her portraits of Haitian society, is featured. A film entitled "Iba N'Diaye. Portrait of a painter" by Paulin Soumanou Vieyra (1982) shows Iba N'Diaye explaining his artistic approach. In another photographic register, we discover the friendship of James Baldwin and Beauford Delaney in a street in Paris, Ed Clark in his studio or Gérard Sekoto and Skunder Boghossian in a Parisian café. José-Castillo,-Los-Cimarrones-[Les-Marrons],--1994 Excerpts from the film "Un homme une terre" (1976) by Sarah Maldoror, a Guadeloupean filmmaker, are screened in which Aimé Césaire defines his concept of negritude, which he co-founded with Léopold Sédar Senghor. We see them meet again several decades later. Then, depending on the trends and spaces, we discover a host of artists such as the Senegalese painter Assane N'Doye with "L'Indésirable" where he draws his inspiration from the concept of negritude to transcribe his "African identity" in his creations or the Ivorian painter Clem Lawson with, among others, "Angoisse sur l'escalator" (1983) where he uses glass beads in his compositions. Kelly Williams, an American painter, invented black light painting, which combined graphic expressiveness and informal art in "Luminous paintings" (circa 1950), a work visible under ultraviolet light and based on glued string and phosphorescent pigments. We also discover, by the Dominican painter José Castillo, a set of 3 very colorful paintings, "Los cimarrones" (1994), "Virgin" (1993) and "Saint George" (1994), presented in triptych. In this last painting, he pays homage to the Guadeloupean composer Joseph Bologne de Saint-George, better known under the pseudonym of "Chevalier de Saint-George" and nicknamed "The Black Mozart", by associating him with the figure of Saint George slaying the dragon in Christian iconography. The exhibition ends in the last room with, among others, "Naked Madman in a Street of Abidjan" (1988-1990), a beautiful photo by Doris Haron Kasco that invites us to consider in a much more open way, these outcasts of Abidjan who haunt the streets of the capital of Côte d'Ivoire. In the context of the representativeness of black culture, Hassan Musa has questioned, since his arrival in France in 1978, the construction, and by extension, the perception of a supposed "African identity" in which he denounces the market's enthusiasm for contemporary African art. In the painting on canvas "Self-Portrait with Black Ideas" (2003), the Sudanese artist sits staring at the visitor between the figure of Josephine Baker who played with exoticism in her shows and the "Venus", a South African woman, forcibly exhibited in Europe in the 19th century. It is a superb exhibition that immerses us in Paris from the middle of the last century to the beginnings of our century in the company of the great figures who have left their mark, politically and artistically, on Parisian cultural life and by extension on the whole world, in their fight for the recognition of cultures from the African, American and Caribbean continents. It is a journey that allows us to discover the great creative richness that was generated and that continues to influence it today. *: Wikipedia Roland-Dorcély,-Léda-et-le-cygne,-1958 "Black Paris" Centre Georges Pompidou https://www.centrepompidou.fr/ Commissariat : Curator: Alicia Knock, curator, head of the department of contemporary and prospective creation, Musée national d'art moderne - Centre Pompidou. Curators associé.es: Éva Barois De Caevel, curator, Aurélien Bernard, Laure Chauvelot, and Marie Siguier, curatorial attaché.es, Department of Contemporary and Prospective Creation, Musée national d'art moderne - Centre Pompidou. Scientific advisors: Christine Eyene is an art critic, art historian and curator. She is Professor of Contemporary Art at John Moores University, Liverpool, and Resarch Curator at Tate Liverpool Florence Alexis, daughter of Haitian writer and leader Jacques Stéphen Alexis, is a cultural engineer, archivist, and curator. She co-produced the "Rencontres Africaines" (Institut du Monde Arabe, 1994), "Ousmane Sow: the Battle of Little Big Horn" (Paris, le Pont des Arts, 2000) and was the curator of "Oser la Liberté" (Paris, Le Panthéon, 2023-2024) for the Centre des Monuments Nationaux. Sarah Ligner is a heritage curator and curator at the Musée du quai Branly - Jacques Chirac. Jean Marie-Louise was a departmental pedagogical advisor in visual arts and departmental coordinator for artistic education and cultural action in Martinique. He has published articles, research, studies, critical analyses, and interviews with numerous artists. Paulo Miyada is a curator and researcher, associate curator of the Centre Pompidou and artistic director of the Instituto Tomie Ohtake in São Paulo. Robert G. O'Meally is a professor of English and comparative literature at Columbia University, an American specialist in African American culture and jazz. From March 19 to June 30, 2025 Open Tuesday to Friday from 10 am to 1 pm and from 2 pm to 6 pm Saturday from 10 a.m. to 6 p.m.
Ernest-Breleur,-Sans-titre-(série-Fwomajé),-1988
Gerard-Sekoto,-Self-portrait-[Autoportrait],--1947
José-Castillo,-Los-Cimarrones-[Les-Marrons],--1994
Roland-Dorcély,-Léda-et-le-cygne,-1958
« Mode d’emploi »
Musée d’Art Moderne Contemporain de Strasbourg
Exposition temporaire du 27 septembre 2024 au 1er juin 2025
Wurm
« Mode d’emploi » est un clin d‘œil à l’ouvrage de George Perec « La vie mode d’emploi » (1978). Très bien construit avec des règles et des jeux d’écriture comme sait si bien le faire George Perec avec l’Oulipo, la trame de ce livre est descriptive et se déroule dans un bâtiment haussmannien avec ses occupants. Le thème de l’exposition sont les œuvres à protocole, c‘est à dire celles qui sont décrites par un énoncé de l’artiste et de ses instructions, autant écrites que verbales, musicales, visuelles et graphiques, afin qu’elles puissent être réalisées par un tiers. L'exposition est éco-responsable, les œuvres d’art n’ayant pas été transportées. Celles-ci sont exposées dans une scénographie « entièrement réemployée ». Elle est découpée en 6 espaces avec des thématiques autour des verbes « Déléguer », « Concevoir », « Interagir », « Programmer », « Interpréter », « Activer », « Laisser faire » et « Disparaître ». Pour chacune d’elle, une approche et des supports spécifiques sont adoptés. L’espace muséal s'ouvre ainsi, dans le cadre de « Déléguer », par une installation murale de dédicaces dont certaines très originales. Paratexte des ouvrages, les dédicaces prennent du relief en étant mises les unes à la suite des autres, faisant écho aux œuvres à protocole qui ont elles-mêmes leurs propres paratextes. L'exposition est composée d’ateliers où le spectateur peut interagir. Il y a, entre autres, un téléphone, dont l'auteur de ces lignes n'a pu trouver le fin mot pour y participer ou dans cette autre salle, l’inscription manuelle « Espace vierge à remplir par l’étranger » sur un petit papier blanc collé au milieu d'un mur. Il y a souvent un rapport interactif proposé au visiteur l'invitant à s’impliquer. Il peut devenir ainsi artiste par le biais d’un auteur comme si le geste artistique pouvait se passer tel un témoin. Il devient ainsi spect-acteur, acteur d’un acte ou d’une action comme pour « Cafés dépendus » (20022) de Grégoire d’Ablon. Un client en disant « Grégoire m’a dit que je pouvais suspendre un café ici » peut commander 2 cafés, dont 1 suspendu pour une personne dans le besoin, au « Kiosque d’Omnino ». Ainsi, c’est un cercle créatif qui s’enroule sur lui-même avec un protocole qui est son propre reflet, celle de se revendiquer comme tel avec des participants, visiteurs, clients, commerçant au courant de celui-ci. Les protocoles sont de différents types et les créations sont de différentes factures, autant musicales, sonores, picturales, visuelles que littéraires. Pour celles-ci, on y découvre, entre autres, une œuvre de protocole majeure de Yoko Ono « Grapefruit » (1963) qui recouvre 200 instructions poétiques en direction du lecteur dans les domaines de la musique, de la peinture, de la poésie, de l'événement et de l'objet. Pour la thématique « Activer », la participation du spectateur revêt un aspect essentiel car il devient un créateur en lieu et place de l'auteur où sous son autorité, il effectue un acte artistique ou opérationnel, renversant le rapport entre une composition, son auteur et son créateur. Ainsi avec Victor Papanek et James Hennessey dans « Entertaining cube », les 2 designers expliquent comment créer son propre mobilier ou Yona Friedman qui dans un reportage tourné à la télévision française en 1969 explique sa machine à créer des appartements. Plus loin, se situe un mot sans ponctuation sur un papier collé à un mur blanc où est écrit manuellement que « La pièce de Florence Jung ne peut pas être exposée car si elle était là elle ne pourrait pas être là ». Il est signé manuellement par Christian Kieffer, opérateur technique des musées. La pièce de Florence Jung existe-t-elle réellement ? Ou concerne-t-elle uniquement ce mot ? L’opérateur technique existe-t-il ? Le visiteur est-il en présence d’une œuvre absente ou présente ? Ou participe-il à celle-ci en y prêtant une intention à l’auteur ? Face à cette surprise et à ces questionnements, le spectateur est amené à démêler le vrai du faux, le réel de l'imaginaire, la farce de la vérité. Dans un film appelé « Stripsody » (1968) de Cathy Berberian, on y voit et entend Jeanne Bischoff dans un concert d’onomatopées de bandes dessinées avec des bruitages vocaux et un jeu théâtral facial très marqué. « Stripsody » est une contraction des termes « Strip » et « Rhapsody ». De l’artiste américain George Brecht qui écrit « Je ne demande rien. Je voudrais laisser à tout le monde le maximum de liberté », la thématique « Interpréter » intègre des partitions du mouvement Fluxus avec des compositions, entre autres, de John Cage et aussi de Yoko Ono et Benjamin Patterson qui recourent aux instructions afin de créer une liberté créative. Sont ainsi présentés « Organic music » de Takehisa Kosugi qui est un court texte basé sur la respiration et pour lequel l’interprète a toute liberté de l’utiliser comme bon lui semble. Autre liberté proposée pour tout interprète concerne « Water Yam » (1963) de George Brecht avec des partitions où sont décrits actions, mouvements avec des objets tels que chaises, interrupteurs, portes et postes de radio qui deviennent des instruments d’un orchestre qui peuvent être actionnés à tout moment et en tout lieu, la réalité du quotidien les accompagnant. Il y a aussi les « action poems » qui sont des partitions textuelles de performances dont « Disappearing Music for Face » de Mieko Shiomi, compositrice, poétesse et artiste plasticienne et fondatrice du Groupe Ongaku. Pour cette création, les performers débutent avec un sourire aux lèvres et durant la composition, le visage passe graduellement au non-sourire. Les visiteurs peuvent voir le visage de Yoko Ono en performatrice dans le film projeté. Tout est marqué par l'aléatoire et le temps, la fragilité et le concret, la surprise et le fatalisme, la revendication et la discrétion. Le blanc est la couleur dominante comme si toutes les œuvres partaient d'une page blanche en attendant que le spectateur y imprime sa marque. Pour la thématique « Disparaître », ce sont sur les murs blancs d’une salle l’inscription en partie effacée d’un vaste ensemble de langues dans le monde qui disparaissent. Il y a environ 7000 langues dans le monde, dont 50% sont en danger de disparition et 1 langue disparaît en moyenne toutes les 2 semaines. Dans la même salle, il y a des plantes marquées par une mort lente, les feuilles fanées, et qui sont posées sur des socles blancs. La finitude marque ainsi son empreinte. Louise Lawler, artiste américaine, interroge le rapport des œuvres artistiques avec leurs lieux d'affichage ainsi que la place de la femme dans un milieu dominé par les hommes. En une seule phrase, « Once there was a little boy and everything turned out alright. THE END » où peut commencer et finir tout conte résume et dénonce le sexisme ordinaire où la femme est souvent occultée, reflet cruel de notre société. En posant ce constat, elle participe à se questionner et à imaginer une autre fin avec en héroïne une femme ou une petite fille. L’exposition est très riche et il nous est très difficile de tout présenter. Elle est surprenante par son approche et par l’implication qu’elle propose au spectateur qui peut devenir, le temps d’un instant, un artiste. « Mode d’emploi » devient ainsi une exposition à protocole et c’est superbement réussi.
Mode-d'emploi-Morel
« Mode d’emploi » Musée d’Art Moderne Contemporain de Strasbourg
Musées de la ville de Strasbourg / MODE D'EMPLOI
Commissariat : Philippe Bettinelli, conservateur au service Nouveaux médias du Musée national d’art moderne - Centre Pompidou, Anna Millers, conservatrice en charge de l’art contemporain au Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg Conseil scientifique (musique) : Matthieu Saladin, artiste et maître de conférences HDR à l’université Paris 8 Cette exposition s’inscrit dans la programmation « Strasbourg, Capitale mondiale du livre – Unesco 2024 ». Ouvert du mardi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 18h Le samedi de 10h à 18h
Visite de l'exposition "mode d'emploi" - Video
"How to use it"
Museum of Modern Contemporary Art of Strasbourg
Temporary exhibition from 27 September 2024 to 1 June 2025
Mode-d'emploi-Molnar
"Mode d'emploi" is a nod to George Perec's book "La vie mode d'emploi" (1978). Very well constructed with rules and writing games as George Perec knows how to do so well with the Oulipo, the plot of this book is descriptive and takes place in a Haussmannian building with its occupants. The theme of the exhibition is the works of protocol, i.e., those that are described by a statement by the artist and his instructions, both written and verbal, musical, visual, and graphic, so that they can be created by a third party. The exhibition is eco-responsible, as the works of art have not been transported. These are exhibited in a scenography "entirely reused". It is divided into 6 spaces with themes around the verbs "Delegate", "Design", "Interact", "Schedule", "Interpret", "Activate", "Let it happen" and "Disappear". For each of them, a specific approach and supports are adopted. The museum space thus opens, as part of "Delegating", with a wall installation of dedications, some of which are very original. As a paratext of the works, the dedications take on relief by being placed one after the other, echoing the works with protocol which themselves have their own paratexts. The exhibition is made up of workshops where the viewer can interact. There is, among other things, a telephone, of which the author of these lines could not find the last word to participate, or in this other room, the manual inscription "Blank space to be filled in by the foreigner" on a small white paper stuck in the middle of a wall. There is often an interactive report offered to the visitor inviting him to get involved. He can thus become an artist through an author, as if the artistic gesture could happen like a witness. He thus becomes a special actor, an actor in an act or an action as in "Cafés dependue" (20022) by Grégoire d'Ablon. A customer saying "Grégoire told me I could hang a coffee here" can order 2 coffees, 1 of which is suspended for a person in need, at the "Omnino Kiosk". Thus, it is a creative circle that wraps around itself with a protocol that is its own reflection, that of claiming to be such with participants, visitors, customers, merchants who are aware of it. The protocols are of different types and the creations are of different styles, musical, sound, pictorial, visual and literary. For these, we discover, among others, a major protocol work by Yoko Ono "Grapefruit" (1963) which covers 200 poetic instructions for the reader in the fields of music, painting, poetry, event, and object. For the theme "Activate", the participation of the spectator takes on an essential aspect because he becomes a creator in place of the author where, under his authority, he performs an artistic or operational act, reversing the relationship between a composition, its author, and its creator. Thus, with Victor Papanek and James Hennessey in "Entertaining cube", the 2 designers explain how to create your own furniture or Yona Friedman who in a report filmed on French television in 1969 explains her machine for creating apartments. Further on, there is a word without punctuation on a paper glued to a white wall on which is written manually that "Florence Jung's play cannot be exhibited because if it were there it could not be there". It is signed manually by Christian Kieffer, technical operator of the museums. Does Florence Jung's play really exist? Or does it concern only this word? Does the technical operator exist? Is the visitor in the presence of an absent or present work? Or does he participate in it by attributing an intention to the author? Faced with this surprise and these questions, the viewer is led to unravel the true from the false, the real from the imaginary, the farce from the truth. In a film called "Stripsody" (1968) by Cathy Berberian, we see and hear Jeanne Bischoff in a concert of onomatopoeias from comic strips with vocal sound effects and a very marked facial theatrical acting. "Stripsody" is a contraction of the terms "Strip" and "Rhapsody". From the American artist George Brecht who writes "I ask for nothing. I would like to give everyone as much freedom as possible", the theme "Performing" incorporates scores from the Fluxus movement with compositions by, among others, John Cage and also Yoko Ono and Benjamin Patterson who use instructions to create creative freedom. Thus, are presented "Organic music" by Takehisa Kosugi which is a short text based on breathing and for which the performer has complete freedom to use it as he or she sees fit. Another freedom offered to any performer is George Brecht's "Water Yam" (1963), with scores describing actions and movements with objects such as chairs, switches, doors, and radios that become instruments of an orchestra that can be activated at any time and in any place, the reality of everyday life accompanying them. There are also "action poems" which are textual scores of performances including "Disappearing Music for Face" by Mieko Shiomi, composer, poet and visual artist and founder of the Ongaku Group. For this creation, the performers start with a smile on their face and during the composition, the face gradually changes to non-smiling. Visitors can see Yoko Ono's face as a performer in the screened film. Everything is marked by randomness and time, fragility and concreteness, surprise, and fatalism, claims and discretion. White is the dominant colour, as if all the works started from a blank page and waited for the viewer to make his mark on it. For the theme "Disappearing", it is on the white walls of a room the partly erased inscription of a vast set of languages in the world that disappears. There are about 7000 languages in the world, 50% of which are in danger of disappearing and 1 language disappears on average every 2 weeks. In the same room, there are plants marked by a slow death, withered leaves, and which are placed on white pedestals. Finiteness thus marks his imprint. Louise Lawler, an American artist, questions the relationship between artistic works and their places of display as well as the place of women in a male-dominated environment. In a single sentence, "Once there was a little boy and everything turned out alright. THE END", where any tale can begin and end, summarizes and denounces ordinary sexism where women are often hidden, a cruel reflection of our society. By making this observation, she participates in questioning herself and imagining another ending with a woman or a little girl as a heroine. The exhibition is very rich and it is very difficult for us to present everything. She is surprised in her approach and in the involvement, she offers to the viewer who can become, for a moment, an artist. "Mode d'emploi" thus becomes an exhibition with protocol and it is superbly successful.
Mode-d'emploi-Blazy
"How to use it" Museum of Modern Contemporary Art of Strasbourg
Commissariat: Philippe Bettinelli, curator in the New Media Department of the Musée national d'art moderne - Centre Pompidou, Anna Millers, curator in charge of contemporary art at the Museum of Modern and Contemporary Art in Strasbourg Conseil scientifique (musique): Matthieu Saladin, artist and HDR lecturer at the University of Paris 8 This exhibition is part of the "Strasbourg, World Book Capital – Unesco 2024" programme. Open Tuesday to Friday from 10 am to 1 pm and from 2 pm to 6 pm Saturday from 10 a.m. to 6 p.m.
« Disco »
Exposition temporaire du 14 février au 17 août 2025
Lost-in-Music-©-Joachim-Bertrand---Philharmonie-de-Paris
La musique s’entend dès l’entrée dans l'exposition. Nous voici plongés dans la période disco, de ses origines au cœur des années 70 jusqu'à sa diffusion mondiale à la fin de cette même décennie et au début de la suivante avant qu’il ne disparaisse pour rester toutefois toujours une influence dans les créations actuelles. Plusieurs aspects sont montrés. Ils sont de plusieurs ordres, d’abord politiques et sociaux, puis musicaux et ensuite architecturaux avec les discothèques. Sont mis en effet en exergue l'échappatoire et la libération qu’a été le disco dans certains quartiers comme ceux de New-York frappés par la misère jusque dans les années 70. Il a été un levier de revendications autant sociales que sexuelles pour les femmes et les LGBTQ+ avec une libération des corps et des désirs. Le disco ayant joué comme catharsis sur des quartiers de New-York complètement délaissés et déclarés en banqueroute en 1975, l'exposition débute par des photographies de Meryl Meister du Bronx, Harlem ou Bushwick montrant leur misère et leur ghettoïsation. Ce style de musique a fait évoluer de façon durable les aspects autant politiques que culturels de la société et ce dans différents pays et sur différents continents. Collection-Gilles-Pétard_Chic Une vue historique éclaire ces combats et ces répressions par le biais de très belles photographies de manifestations comme celles de Fred W. McDarrah. C'est aussi la revendication du désir des femmes et de la libération des mœurs qui sont mises en avant dans les « Divas du disco » et dans lesquelles la figure, entre autres, de Donna Summer apparaît. De même, Diana Ross, Gloria Gaynor et Labelle sont devenues des icônes pour la communauté LGBTQ+. Est montrée aussi la répression dans les années 60, à New-York et dans de nombreux autres états américains, contre les homosexuels, avec en 1969 une violente descente de police au Stonewall Inn, bar dansant au Greenwich Village où se regroupaient gays et travestis et qui a donné lieu ensuite à la naissance de la culture LGBTQ+ et de groupes de militants tels que le Gay Liberation Front. Des précisions sont aussi apportées sur la signification des couleurs du 1er exemplaire du drapeau arc-en-ciel LGBT de Gilbert Baker (1978). ©-Joachim-Bertrand---Philharmonie-de-Paris L'exposition nous fait entrer dans les coulisses de la chanson de Donna Summer « Love to love you baby » (1975) avec l'extrait d'un documentaire expliquant la composition et l'impact de cette chanson lors de sa sortie. Plus loin, des enceintes, des casques audios, des platines et le matériel des 1ers DJ sont montrés, ainsi que des cartes de membres pour de célèbres discothèques, des carnets de notes manuscrites ou des affiches. Les costumes de scène sont aussi présentés comme ceux de Sheila, une veste et un pantalon de Sylvester des Cockettes ainsi que sa cape et sa coiffe. Les Cockettes est une troupe de San Francisco composée d'artistes, de danseurs et de travestis. Un extrait d’un reportage de Bill Weber et Davis Weissman Grandelusion (2002) en présente un portrait et retrace leur succès. Des écoutes musicales avec ou sans casques sont à disposition permettant de se plonger par exemple dans les titres pionniers du disco avec, entre autres, George McCrae, James Brown, Barrabas et Labelle. Ou de découvrir « Saturday night fever » (1977) dans sa version originale et ultérieure où pour celle-ci, les plans de caméra donnent une autre atmosphère à la trame cinématographique. Pour la chanson « Le freak » de Chic (1978), composée par Nile Rodgers et Bernard Edwards, une table de mixage est mise à disposition où chaque piste correspond aux voix et à un type d’instrument. De grands panneaux de photomatons oubliés ou perdus et collectés à partir de 1968 dans les cabines publiques par Pierre et Gilles sont affichés, dont le film « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » (2001) en a fait un clin d’œil. Par la suite, leurs amis et artistes se sont prêtés au jeu entre 1974 et 1980 qui montre l’émergence de la jeune scène artistique parisienne à l’arrivée du punk, à la libération homosexuelle et à l’ouverture du Palace dont on retrouve nombre de protagonistes. Plongée dans d’autres discothèques qui ont donné lieu à une vie nocturne des plus animées avec le Paradise Garage, créé par Michael Brody et Mel Cheren dans le quartier de Soho, le célèbre Studio 54, le Xenon, le GG Barnum, le Hooker’s Ball et les Mouches. Les photographies de Tina Paul et Bill Bernstein sont témoins de cette vie nocturne new-yorkaise. Il y a aussi un focus réalisé sur "la french disco" avec, entre autres, Patrick Juvet, Cerrone, Patrick Hernandez et la création du groupe Village People par les producteurs et compositeurs français Jacques Morali et Henri Belolo qui ont réussi à s’imposer sur la scène disco. L'exposition se finit avec le sida qui a accompagné la fin du disco, jeté l'anathème sur les homosexuels et mis en sourdine une pratique sexuelle qui était considérée comme trop libérée. L’élection du républicain Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis en 1980 en a précipité un peu plus la fin. Un reportage relate une performance prétendument potache pendant la mi-temps d'un match de base-ball le 12 juillet 1979 et qui a fini par un autodafé de disques disco avec le slogan « The disco sucks » (le disco pue) instigué par le DJ Steve Dahl. C’est toute une fin qui est montrée avec le sida qui a décimé de grandes figures artistiques. Le combat et une résurgence sont toujours d’actualité qu’un film, composé de clips et de lives, montre dans la dernière salle. Il remonte de la fin des années 70 jusqu’à aujourd’hui. Malgré un rapide déclin aux États-Unis début des années 80, le disco perdure toujours aujourd'hui dans la communauté LGBTQ+ ainsi qu’en Europe, en Afrique et en Asie en restant toujours une influence dans les compositions de stars telles celles de Madonna, Pharell Williams et Daft Punk. Difficile de tout lister, l’exposition est très riche et regorge de mille autres objets, photographies et portraits. Elle arrive à brasser et à marier différentes thématiques en les articulant autant dans des univers musicaux et culturels, voire décoratifs, que politiques, le tout accompagné de la musique disco.
Collection-Gilles-Pétard_Chic
©-Joachim-Bertrand---Philharmonie-de-Paris
« Disco » Philharmonie de Paris
Commissaire de l’exposition : Jean-Yves Leloup Commissaire-associée de l’exposition : Marion Challier Conseiller scientifique de l’exposition : Patrick Thévenin Bande-son : Dimitri From Paris Direction artistique de la scénographie : GGSV Scénographie : Studio Bloomer Graphisme : Studio Agnès Dahan Lumière : Aura Du mardi au jeudi de 12h00 à 19h00 Le vendredi de 12h00 à 21h00 Le samedi de 10h00 à 21h00 Le dimanche de 10h00 à 19h00 Pendant les vacances scolaires (zone C) : Du mardi au dimanche de 10h00 à 20h00 Fermeture le 1er mai.
"Disco"
Temporary exhibition from February 14 to August 17, 2025
©-ArnaudBaumann_Bustier-Issey-Miyake-Le-Palace
The music can be heard as soon as you enter the exhibition. Here we are immersed in the disco period, from its origins in the heart of the 70s to its worldwide diffusion at the end of the same decade and the beginning of the next before it disappeared to remain an influence in current creations. Several aspects are shown. They are of several kinds, first political and social, then musical and then architectural with the discotheques. Indeed, the escape and liberation that disco was in certain neighborhoods such as those of New York struck by misery until the 70s are highlighted. It has been a lever for both social and sexual demands for women and LGBTQ+ people with a liberation of bodies and desires. Disco having acted as a catharsis on New York neighborhoods that were completely neglected and declared bankrupt in 1975, the exhibition begins with photographs by Meryl Meister of the Bronx, Harlem or Bushwick showing their misery and ghettoization. This style of music has brought about a lasting change in both the political and cultural aspects of society in different countries and on different continents. Joachim-Bertrand---Philharmonie-de-Paris A historical view sheds light on these struggles and repressions through beautiful photographs of demonstrations such as those of Fred W. McDarrah. It is also the demand for women's desire and the liberation of morals that are put forward in the "Divas of Disco" and in which the figure, among others, of Donna Summer appears. Similarly, Diana Ross, Gloria Gaynor and Labelle have become icons for the LGBTQ+ community. It also shows the repression in the 60s, in New York and in many other American states, against homosexuals, with a violent police raid in 1969 on the Stonewall Inn, a dance bar in Greenwich Village where gays and transvestites gathered, and which then gave rise to the birth of LGBTQ+ culture and militant groups such as the Gay Liberation Front. Details are also provided on the meaning of the colors of the 1st copy of the LGBT rainbow flag by Gilbert Baker (1978). The exhibition takes us behind the scenes of Donna Summer's song "Love to love you baby" (1975) with an excerpt from a documentary explaining the composition and impact of this song when it was released. Further on, speakers, headphones, turntables and equipment from the 1st DJs are shown, as well as membership cards for famous nightclubs, handwritten notebooks or posters. The stage costumes are also presented as those of Sheila, a jacket and pants by Sylvester of the Cockettes as well as his cape and headdress. The Cockettes is a San Francisco troupe made up of artists, dancers and transvestites. An excerpt from a report by Bill Weber and Davis Weissman Grandelusion (2002) presents a portrait of them and traces their success. Music listens with or without headphones are available allowing you to immerse yourself in the pioneering tracks of disco with, among others, George McCrae, James Brown, Barrabas and Labelle. Or to discover "Saturday Night Fever" (1977) in its original and later version where for this one, the camera shots give another atmosphere to the cinematographic framework. For the song "Le freak" by Chic (1978), composed by Nile Rodgers and Bernard Edwards, a mixing desk is provided where each track corresponds to the vocals and a type of instrument. Large panels of forgotten or lost photo booths collected from 1968 onwards in public booths by Pierre and Gilles are displayed, which the film "The Fabulous Destiny of Amélie" (2001) made a nod to. Subsequently, their friends and artists took part in the game between 1974 and 1980, which shows the emergence of the young Parisian art scene with the arrival of punk, homosexual liberation and the opening of the Palace, of which many protagonists can be found. Dive into other nightclubs that have given rise to a lively nightlife with the Paradise Garage, created by Michael Brody and Mel Cheren in the Soho district, the famous Studio 54, the Xenon, the GG Barnum, the Hooker's Ball and the Flies. The photographs of Tina Paul and Bill Bernstein bear witness to this New York nightlife. ©-Joachim-Bertrand---Philharmonie-de-Paris There is also a focus on "French disco" with, among others, Patrick Juvet, Cerrone, Patrick Hernandez and the creation of the group Village People by the French producers and composers Jacques Morali and Henri Belolo who have managed to impose themselves on the disco scene. The exhibition ends with AIDS that accompanied the end of disco, anathematized homosexuals and muted a sexual practice that was considered too liberated. The election of Republican Ronald Reagan as President of the United States in 1980 hastened its end a little more. A news report recounts a supposedly clumsy halftime performance of a baseball game on July 12, 1979, which ended with a disco record burning with the slogan "The disco sucks" instigated by DJ Steve Dahl. It is a whole end that is shown with AIDS decimating great artistic figures. The fight and a resurgence are still topical that a film, composed of clips and lives, shows in the last room. It dates back to the end of the 70s to the present day. Despite a rapid decline in the United States in the early 80s, disco still persists today in the LGBTQ+ community as well as in Europe, Africa and Asia, still remaining an influence in the compositions of stars such as Madonna, Pharell Williams and Daft Punk. It is difficult to list everything, the exhibition is very rich and is full of a thousand other objects, photographs and portraits. It manages to mix and marry different themes by articulating them as much in musical and cultural, even decorative, as in political universes, all accompanied by disco music.
Joachim-Bertrand---Philharmonie-de-Paris
©-Hasse-Persson_Halloween_Diana-Ross-&-Michael-Jackson_1978
"Disco" Philharmonie de Paris
Exhibition curator: Jean-Yves Leloup Associate curator of the exhibition: Marion Challier Scientific advisor of the exhibition: Patrick Thévenin Soundtrack: Dimitri From Paris Artistic direction of the scenography: GGSV Scenography: Studio Bloomer Graphic design: Studio Agnès Dahan Light: Aura Tuesday to Thursday from 12:00 to 19:00 Friday from 12:00 to 21:00 Saturday from 10:00 am to 9:00 pm Sunday from 10:00 a.m. to 7:00 p.m. During the school holidays (zone C): Tuesday to Sunday from 10:00 am to 8:00 pm Closed on May 1st.
« Nadia Léger. Une femme d’avant-garde »
Exposition temporaire du 8 novembre 2024 au 23 mars 2025
BA-LEGER
C'est une figure occultée, presque oubliée du grand public que fait revivre le musée Maillol. Plusieurs raisons à cela sans doute. D'abord car Nadia Léger (1904-1982), née Khodossievitch, a été rangée, bien malgré elle, dans l'ombre de Fernand Léger (1881-1955). Puis son style l'a vu adopter et maîtriser plusieurs courants artistiques la rendant inclassable. Nadia Léger a eu un engagement politique très marqué au sein du PCF (Parti Communiste Français). Elle a été une grande compagne de route du PCF. D'ailleurs dès la 1ère salle est exposée toute une série de portraits de leaders politiques français ainsi que soviétiques. Elle les peint, costumes sombres, visages aux teintes grises, blanches ou claires débordés par des couleurs vives. Elle a participé très activement aux congrès et grands rassemblements du PCF et a voué une grande admiration pour Maurice Thorez (1900-1964) dont elle a consacré une série de portraits la faisant participer à son culte de la personnalité. Autoportrait-serment-résistante Dans l'exposition, est mise aussi en avant une part intime d’elle avec des photos où elle est dans un café parisien et plus loin en tant qu’assistante et professeur dans l'atelier créé par Fernand Léger de 1924 à 1955, considéré comme l'une des académies modernes les plus importantes à Paris où plus de 350 artistes se sont inscrits. Ces photos sont à la marge mais permettent de restituer un pendant de sa vie civile. Au travers de ses créations se découvrent des étapes de sa vie personnelle comme pour "Autoportrait, le serment d'une résistante" (1941) où elle se peint pour sa fille Wanda pensant mourir prochainement à la guerre. Dans "Femme pendue, la mort de Tania" (1942), cette supposition est symbolisée picturalement avec une femme vêtue d'une robe rouge sang, une corde et des fleurs autour du cou, suspendues à des éléments gris de forme tubulaire un peu étranges. On y découvre aussi sa fille Wanda qu'elle a peinte car elle a souhaité qu’elle incarne le visage républicain de Marianne pour saluer son engagement dans la résistance. Une photo a été prise de Wanda alors qu'elle distribue clandestinement sous une porte le journal "L'humanité". Les œuvres exposées sont celles aussi de ses 1ères peintures à partir de 1919-1921 à l'âge de 15 ans au fusain et à la craie sur papier où elle montre une très grande maturité dans le tracé, jouant d’ombres et de lumières dans des clairs-obscurs. Est accroché son 1er tableau officiel intitulé "Presse-papier" (1920) avec des formes très en relief, ressemblant à de la matière aux couleurs de différentes teintes allant du marron foncé au beige clair tel un camaïeu. Est exposé aussi un "Autoportrait" (1948), une huile sur toile, dont une mosaïque est posée sur sa tombe, qui la représente le port royal, le regard assuré en direction du spectateur, un voile rouge descendant tout du long à sa droite. Cette peinture a été faite l'année où elle a obtenu sa nationalité soviétique qu'elle désirait tant. L'huile sur toile "Nu" (1925-1926) montre une autre palette de l'artiste où elle utilise des couleurs très vives pour des objets baignés dans une étendue de couleur noir entourée de gris qui semble les porter dans un espace éthéré. 1949-Nature-morte-aux-poissons Il y a aussi cette belle huile sur toile intitulée « Fernand Léger et son coq rouge » (1942) où l’on voit le peintre, le regard ailleurs, avec à côté de lui un coq rouge qui symbolise la lutte que Nadia Léger mène en France dans la résistance alors qu’en 1940 Fernand Léger avait émigré à New-York pour fuir la guerre. Bien qu'il y ait dichotomie de parcours, c'est l'absence et le manque de son mentor qui sont représentés, lui, le regard au loin, légèrement pensif et comme absent. L'exposition nous plonge dans les différents courants picturaux qu'elle a embrassés, dans les influences qui l'ont nourries comme ceux aussi de Fernando Botero (1932-2023). Dans cette odyssée qui nous fait découvrir des tableaux très variés se rattachant à des influences multiples comme celle "puriste" d'Omédée Ozenfant (1886-1966) ou géométrique, la figure de Nadia Léger demeure inclassable. Ailleurs, plusieurs natures mortes aux contours et aux formes, soit très décharnés, soit pleins et colorés montrent le large spectre technique de la peintre. Dans ce florilège de compositions, tout est couleurs et nuances, ombres et lumières, vifs et mats, politiques et intimes.
Autoportrait-serment-résistante
1949-Nature-morte-aux-poissons
Copie-de-NL-les-baigneuses
« Nadia Léger. Une femme d’avant-garde » Musée Maillol
Un commissariat collectif appuyé par toute l’équipe de Tempora • Elie Barnavi • Aymar du Chatenet • Jean du Chatenet • Michel Draguet • Léa Rangé • Benoît Remiche Ouvert tous les jours de 10h30 à 18h30 Nocturne les mercredis jusqu'à 22h
"Nadia Léger. A woman of the avant-garde"
Temporary exhibition from November 8, 2024, to March 23, 2025
It is a hidden figure, almost forgotten by the general public, that the Maillol Museum brings back to life. There are probably several reasons for this. First of all, because Nadia Léger (1904-1982), born Khodossievitch, was placed, in spite of herself, in the shadow of Fernand Léger (1881-1955). Then her style saw her adopt and master several artistic currents making her unclassifiable. Nadia Léger had a very marked political commitment within the PCF (French Communist Party). She was a great companion of the PCF. Moreover, from the 1st room onwards, a whole series of portraits of French and Soviet political leaders is exhibited. She paints them, dark costumes, faces in gray, white or light hues overflowed by bright colors. She participated very actively in the congresses and major gatherings of the PCF and had a great admiration for Maurice Thorez (1900-1964), to whom she devoted a series of portraits making her participate in his cult of personality. NL-autoportrait-à-la-plante In the exhibition, an intimate part of her is also highlighted with photos where she is in a Parisian café and further away as an assistant and teacher in the studio created by Fernand Léger from 1924 to 1955, considered one of the most important modern academies in Paris where more than 350 artists have enrolled. These photos are marginal but allow us to reconstruct a counterpart of his civilian life. Through her creations, we discover stages of her personal life, such as for "Self-portrait, the oath of a resistance fighter" (1941) where she painted herself for her daughter Wanda, thinking she would soon die in the war. In "Woman Hanged, the Death of Tania" (1942), this assumption is pictorially symbolized with a woman dressed in a blood-red dress, a rope and flowers around her neck, suspended from somewhat strange tubular gray elements. We also discover her daughter Wanda, whom she painted because she wanted her to embody the republican face of Marianne to salute her commitment to the resistance. A photo was taken of Wanda as she was clandestinely distributing the newspaper "L'humanité" under a door. The works on display are also those of her 1st paintings from 1919-1921 at the age of 15 in charcoal and chalk on paper where she shows a very great maturity in the line, playing with shadows and lights in chiaroscuro. His 1st official painting entitled "Paperweight" (1920) hangs with very raised shapes, resembling material in colors of different shades ranging from dark brown to light beige like a monochrome. Also on display is a "Self-portrait" (1948), an oil on canvas, with a mosaic placed on her tomb, which represents her wearing the royal port, her gaze assured in the direction of the viewer, a red veil descending all along to her right. This painting was made the year she obtained her Soviet citizenship that she wanted so much. The oil on canvas "Nude" (1925-1926) shows another palette of the artist where she uses very bright colors for objects bathed in an expanse of black color surrounded by gray that seems to carry them into an ethereal space. jeune-fille-suprématiste There is also this beautiful oil on canvas entitled "Fernand Léger and his red rooster" (1942) where we see the painter, looking elsewhere, with a red rooster next to him which symbolizes the struggle that Nadia Léger led in France in the resistance while in 1940 Fernand Léger had emigrated to New York to flee the war. Although there is a dichotomy of paths, it is the absence and lack of his mentor that are represented, him, looking into the distance, slightly pensive and as if absent. The exhibition immerses us in the different pictorial currents she embraced, in the influences that nourished her, such as those of Fernando Botero (1932-2023). In this odyssey, which allows us to discover a wide variety of paintings linked to multiple influences such as that of Omédée Ozenfant (1886-1966) or geometric, the figure of Nadia Léger remains unclassifiable. Elsewhere, several still lifes with contours and shapes, either very emaciated or full and colourful, show the painter's wide technical spectrum. In this anthology of compositions, everything is colors and shades, shadows and lights, bright and matte, political and intimate.
NL-autoportrait-à-la-plante
jeune-fille-suprématiste
Nadia-Léger_tableau-de-la-maternité
"Nadia Léger. A woman of the avant-garde" Maillol Museum
A collective curatorship supported by the entire Tempora team • Elie Barnavi • Aymar du Chatenet • Jean du Chatenet • Michel Draguet • Léa Rangé • Benoît Remiche Open every day from 10:30 am to 6:30 pm Late opening on Wednesdays until 10 p.m.
« L’âge atomique. Les artistes à l’épreuve de l’histoire »
Musée d'Art Moderne de Paris
Exposition temporaire du 11 octobre 2024 au 16 février 2025
L'exposition est un voyage au cœur de l’univers atomique avec les catastrophes qu’elle a engendrées, les créations artistiques dont elle est à l’origine ainsi que les actions politiques voire culturelles qu’elle a générées. Elle débute à partir de la fin du XIXe siècle et est découpée en 3 jalons avec « La désintégration de la matière », qui relate de travaux des savants autour de l’atome et de la matière ainsi que des créateurs qui traitent de ce vaste et nouvel univers, « La bombe » qui fait état entre autres du projet Manhattan, de Hiroshima et Nagasaki et « La nucléarisation du monde » qui traite des positions militantes et féministes contre ce fléau ainsi que du colonialisme nucléaire. On y voit, filmé, Jean Perrin (1870-1942), célèbre physicien français ayant découvert l’atome. C’est une immersion autant artistique que scientifique, sociale, historique et politique qui nous est proposée. Elle a été en effet utilisée jusqu'aux domaines publicitaire et marketing pour lisser son caractère très destructeur, et nourrir un tourisme qui, au moins, avec le recul est proprement affligeant mais est témoin d’une époque. On y voit aussi des photographes faire des photos du champignon atomique lors d'explosions. Un récit autour du « bon atome » a été mis en place jusqu’à ce que la lucidité contestataire des années 60 dénonce son côté destructeur grâce à un activisme artistique. Sont présentés le happening "Pour conjurer l'esprit de catastrophe" de Jean-Jacques Lebel et un militantisme politique féministe avec les "Sisters Of Survival" et le "Greenham Common Women's Peace Camp" et d'autres démarches artistiques pour contrer « la culture de la bombe » (Bomb Culture). L’exposition relate aussi les combats menés contre le militarisme viril en déconstruisant l’image de « la bombe sexuelle » façonnée par les médias et le cinéma. « Miss Bombe » est en effet célébrée et reste dans notre langage, pour le 2nd terme, un qualificatif associé communément au désir que peut représenter une femme. « L’âge atomique. Les artistes à l’épreuve de l’histoire » s’attache aussi à traiter du colonialisme nucléaire en France, où ses colonies deviennent un champ d’expérimentations du début des années 60 avec la « Gerboise bleue », nom de code de l’essai atomique effectué dans le désert algérien, jusqu’au dernier en 1996 lancé en Polynésie. La société américaine, avec la guerre froide, craint des attaques dans les années 60 et lance un programme d’élaboration de défense anti-atomique pour les particuliers. En France, la construction de centrales s’attache, pour EDF (Electricité De France), à travailler, dans les années 70, à un design artistique avec l’architecte de renom Claude Parent. Un superbe film de 46 mn de Peter Watkins "The War Game" (1966), interdit à sa diffusion, simule, à l’instar de ce qui s’est déroulé à Hiroshima et Nagasaki, l’explosion d’une bombe nucléaire à Londres. Le réalisateur montre la non-préparation de la capitale anglaise à ce type de catastrophe avec ses conséquences tragiques autant sociales, médicales que mortelles sur la population. L’art est pluriel et se décline aussi sous différentes formes comme les mangas, ou dans le pointillisme. Sont exposés avec les Hibakusha, survivants des bombardements de Hiroshima et Nagasaki, leurs créations poignantes. Près de 3500 dessins sont actuellement dans les 2 musées mémoriaux d'Hiroshima et Nagasaki. Une série de 20 d'entre eux est montrée et agrémentée de l'âge de chaque témoin à l'époque de l'explosion et d'un souvenir écrit qui relate leur vécu personnel de la catastrophe. Les dessins, bien plus que les mots, peuvent être un relais de l'inexprimable et de l'indicible. C'est aussi un joli et grand florilège de tableaux que l'on peut découvrir avec, entre autres, Salvador Dali, Piero Manzoni, Jackson Pollock, Guiseppe Pinot Gallizio, Francis Bacon, Lucio Fontana, Otto Piene, Kazuo Shiraga, Vassily Kandinsky, Marcel Duchamp, Mikhaïl Larionov et Bruce Conner. L'art devient témoin lucide et intransigeant en devenant lanceur d'alerte pour exprimer l'effroi et la peur générés par le nucléaire avec son caractère tragique et catastrophique. Le 3e art représente aussi au début du siècle dernier un monde où l’apparence extérieure n’est que le reflet invisible de l’infiniment petit et de sa structure relationnelle. Il donne lieu aussi à une vision pacifique au travers, entre autres, d’une réduction de formes et de l’unicité des couleurs dans la peinture. C’est une très belle exposition, riche par ses thématiques autant politiques, culturelles, artistiques que sociales.
Musée d’Art Moderne
Directeur : Fabrice Hergott Commissaires : Julia Garimorth, conservatrice en chef, Musée d’Art Moderne de Paris Maria Stavrinaki, professeure en histoire de l'art contemporain, Université de Lausanne Conseillère scientifique : Kyveli Mavrokordopoulou, enseignante-chercheuse en histoire de l'art et humanités environnementales, Vrije Universiteit Amsterdam Assistées de Sylvie Moreau-Soteras, chargée de recherche et de documentation, Musée d’Art Moderne de Paris
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h Nocturne le jeudi jusqu'à 21h30
"The Atomic Age. Artists put to the test of history”
Temporary exhibition from October 11, 2024, to February 16, 2025
The exhibition is a journey to the heart of the atomic universe with the disasters it has caused, the artistic creations it has caused as well as the political and even cultural actions it has generated. It begins at the end of the nineteenth century and is divided into 3 milestones with "The Disintegration of Matter", which relates the work of scientists around the atom and matter as well as creators who deal with this vast and new universe, "The Bomb" which reports among others on the Manhattan Project, of Hiroshima and Nagasaki and "The Nuclearization of the World" which deals with militant and feminist positions against this scourge as well as nuclear colonialism. It shows Jean Perrin (1870-1942), the famous French physicist who discovered the atom, filmed. It is an artistic as well as scientific, social, historical, and political immersion that is offered to us. It has indeed been used even in the fields of advertising and marketing to smooth out its very destructive character, and to feed a tourism which, at least, with hindsight, is truly distressing but bears witness to an era. Photographers are also seen taking photos of the mushroom cloud during explosions. A narrative around the "good atom" was set up until the anti-establishment lucidity of the 60s denounced its destructive side through artistic activism. Jean-Jacques Lebel's happening "To conjure up the spirit of catastrophe" and feminist political activism with the "Sisters Of Survival" and the "Greenham Common Women's Peace Camp" and other artistic initiatives to counter "bomb culture" are presented. The exhibition also recounts the battles waged against virile militarism by deconstructing the image of the "sex bomb" shaped by the media and cinema. "Miss Bomb" is indeed celebrated and remains in our language, for the 2nd term, a qualifier commonly associated with the desire that a woman can represent. "The Atomic Age. Artists to the Test of History" also deals with nuclear colonialism in France, where its colonies became a field of experimentation from the early 1960s with the "Gerboise bleue", the code name for the atomic test carried out in the Algerian desert, until the last one in 1996 launched in Polynesia. American society, with the Cold War, feared attacks in the 60s and launched a program to develop anti-atomic defenses for individuals. In France, the construction of power plants was a focus for EDF (Electricité De France) in the 70s on artistic design with the renowned architect Claude Parent. A superb 46-minute film by Peter Watkins "The War Game" (1966), banned from being broadcast, simulates, like what happened in Hiroshima and Nagasaki, the explosion of a nuclear bomb in London. The director shows the English capital's unpreparedness for this type of disaster with its tragic social, medical, and deadly consequences on the population. Art is plural and is also available in different forms such as manga, or in pointillism. Exhibited with the Hibakusha, survivors of the bombings of Hiroshima and Nagasaki, are their poignant creations. Nearly 3500 drawings are currently in the 2 memorial museums of Hiroshima and Nagasaki. A series of 20 of them is shown and embellished with the age of each witness at the time of the explosion and a written memory that relates their personal experience of the disaster. Drawings, much more than words, can be a relay of the inexpressible and the unspeakable. It is also a nice and large anthology of paintings that can be discovered with, among others, Salvador Dali, Piero Manzoni, Jackson Pollock, Giuseppe Pinot Gallizio, Francis Bacon, Lucio Fontana, Otto Piene, Kazuo Shiraga, Wassily Kandinsky, Marcel Duchamp, Mikhail Larionov and Bruce Conner. Art becomes a lucid and uncompromising witness by becoming a whistleblower to express the fear and fear generated by nuclear power with its tragic and catastrophic character. At the beginning of the last century, the 3rd art also represents a world where the external appearance is only the invisible reflection of the infinitely small and its relational structure. It also gives rise to a peaceful vision through, among other things, a reduction of forms and the uniqueness of colors in painting. It is a very beautiful exhibition, rich in its political, cultural, artistic, and social themes.
"The Atomic Age. Artists put to the test of history »
Museum of Modern Art
Director: Fabrice Hergott Curators: Julia Garimorth, Chief Curator, Musée d'Art Moderne de Paris Maria Stavrinaki, Professor of Contemporary Art History, University of Lausanne Scientific advisor: Kyveli Mavrokordopoulou, lecturer in art history and environmental humanities, Vrije Universiteit Amsterdam Assisted by Sylvie Moreau-Soteras, Research and Documentation Officer, Musée d'Art Moderne de Paris
Open Tuesday to Sunday from 10 a.m. to 6 p.m. Late opening on Thursdays until 9:30 p.m.
« Olympisme, une histoire du monde »
Musée de l’histoire de l’immigration
Exposition temporaire du 28 avril au 8 septembre 2024
Les jeux Olympiques, initialement ouvert à l’élite amateur masculine, se sont ouverts et professionnalisés au fil des époques et deviennent aussi, depuis plusieurs décennies, le lieu de revendications politiques. Arène de soft power du pays organisateur, le Musée de l'Histoire de l'Immigration en dessine les contours et les faits marquants qui ont jalonné son histoire depuis que Coubertin en a lancé la 1ère édition en 1896 dans la mère partie, la Grèce, avec 14 nations présentes et 241 athlètes s’affrontant autour de 9 disciplines sportives. Aujourd’hui, 100 ans après les 1ers Jeux Olympiques de Paris (1924), 10 500 athlètes de 206 délégations s'affrontent dans 28 disciplines. D'abord jumelés avec les expositions internationales, pour la 1ère fois en Suède (1912), les Jeux Olympiques deviennent et restent une manifestation autonome. Véritable saga exposée au Musée de l'Histoire de l’Immigration qui, d’une manifestation qui se voulait aussi en dehors de toute considération politique et commerciale, a complètement changé sa raison d’être au fil des éditions en devenant économiquement très dispendieuse, plus ouverte et très populaire. D’ailleurs, une photo de 1900 nous fait découvrir le dortoir des gymnastes aménagé pêle-mêle à même le sol, sans confort et sans équipement. Ce sont des figures oubliées pour certains que l’on redécouvre, comme Ahmed Boughera El Ouafi, champion de France de marathon et qui remporte l’épreuve et une 1ère médaille d’or pour un maghrébin aux JO d’Amsterdam (1928). Il termine sa vie dans l’anonymat et la misère, lui qui fut exclu ensuite des compétitions olympiques car ayant signé un contrat professionnel aux USA pour des spectacles sportifs alors que les JO n’étaient à l'époque réservés qu’aux amateurs. On y redécouvre aussi, entre autres, Suzanne Lenglen, tenniswoman française, icône des JO d'Anvers (1920) et ayant remporté 3 médailles dont 2 en or. Elle bouscule aussi les codes du sport en portant des jupes plissées plus courtes que la tenue de ses concurrentes. Grâce aux combats de figures remarquables qui ont lutté contre les préjugés, restés tenaces, des fondateurs, les JO se sont ouverts au fil des éditions. On y voit ainsi Alice Milliat, nageuse, hockeyeuse et rameuse française, qui est à l’origine de l’équipe de France féminine de football et de son 1er championnat. Devant le refus du CIO d’intégrer les femmes, elle organise des « Olympiades féminines » à Monaco entre 1921 et 1923 et les « Jeux Olympiques féminins » en 1922 à Paris. On redécouvre, filmé, les exploits de Jesse Owens à Berlin (1936) aux 100 mètres et en saut en longueur ayant tourné en ridicule, devant Hitler, la supposée supériorité de la race aryenne. D’autres aussi comme Alfred Nakache, juif algérien français, revenu des camps d’Auschwitz et qui retrouve son meilleur niveau au point d’être sélectionné pour Londres (1948) en 200 mètres brasse et dans l’équipe de water-polo. De même, les Jeux Paralympiques se tiennent officiellement dans le cadre d’une olympiade en 1960 même si depuis 1948, sous l’impulsion du médecin allemand Ludwig Guttman, des athlètes en situation de handicap participaient à des épreuves sportives dans les Jeux de Stoke Mandeville. Des Gay Games, afin de lutter contre les discriminations contre les personnes gays et lesbiennes, ont lieu aussi avec une 1ère édition en 1982 à San Francisco, organisés par le décathlonien Tom Weddel. Il y a eu aussi les 1ers Jeux Internationaux Silencieux organisés en 1924 à Paris avec près de 150 athlètes sourds de 9 pays. Officiellement reconnus en 1955, ces jeux sont appelés aujourd’hui Deaflympics et sont organisés tous les 4 ans. Les GANEFO (GAmes of the New Emerging FOrces), contre-jeux des nations dites « émergentes » et non alignées sur les blocs de l’Ouest et l’Est, ont aussi lieu en 1963 réunissant en Indonésie 51 pays dont l’URSS et la Chine. Sous pression du CIO, elles périclitent rapidement. On y voit aussi de très beaux moments avec le marathonien éthiopien Abebe Bikila, pendant les JO de Rome (1960), où dans une vidéo, accompagnée d'une voix off, on le voit courir pieds nus, lui qui n’avait jamais participé à une compétition internationale mais qui y prend part suite à la défection d’un compatriote blessé. L’Ethiopie avait été envahi par l’Italie fasciste de Mussolini en 1936 et s’est en remontant les rues de Rome, dans le dernier kilomètre, qu'il croise, en leader du marathon et sous peu vainqueur, l'obélisque d’Aksoum subtilisé par l'armée d'Italie pendant la campagne militaire de 1936. Est aussi présente la photo mythique du podium de l’épreuve du 200m avec Tommie Smith et John Carlos à Mexico (1968) levant le poing pour lutter contre la discrimination raciale aux USA. Sur la 2e marche du podium, le coureur australien Peter Norman arbore un badge « Olympic Project for Human Rights », marque de soutien qui lui vaut condamnation du comité australien qui l’écarte des compétitions suivantes. C'est Munich (1972) avec sa tragédie liée au groupe terroriste "Septembre Noir" qui prend en otage et exécute 11 athlètes israéliens. L'écho fut mondial avec aussi la décision de Avery Brundage, président du CIO, de poursuivre les Jeux. Nous avons une interview filmée de Magdi Gohary l'un des négociateurs lors de la prise d'otages qui en explique les coulisses. Le nageur américain, de confession juive, Mark Spitz qui a remporté 7 médailles d’or, est exfiltré par sécurité. Toutes ces évolutions, phases et temps forts, ainsi que beaucoup d’autres, sont présentés et donnent à voir aussi tout le terreau politique revendiqué depuis plus d'un siècle. On y redécouvre ainsi le boycott de 22 pays du continent africain à l'appel de l'OUA (Organisation de l'Unité Africaine) juste avant l'ouverture des JO de Montréal (1976) en raison de la présence de la Nouvelle-Zélande qui conservait encore des relations sportives avec l'Afrique du Sud, elle-même exclue depuis des années par le CIO. La demande d'exclusion n'étant pas acceptée par le CIO, les 22 équipes du continent africain ont dû plier bagages. C'est aussi la guerre froide qui bat son plein à Moscou (1980) et à Los Angeles (1984) où respectivement les équipes américaines et soviétiques boycottent l'événement. Ce sont aussi les JO d’Atlanta (1996) qui ont pris une résolution commerciale et financière particulièrement affirmée avec une présence très forte des marques. C’est enfin la finale du 10 000 mètres à Barcelone (1992) qui délivre un message de paix et d’union grâce à la coureuse éthiopienne Derartu Tulu, après sa victoire face à la Sud-Africaine Elana Meyer, qui tombent dans les bras l’une de l’autre et font un tour d’honneur ensemble. Difficile toutefois de tout décrire car les personnages remarquables avec leurs exploits et les événements sont multiples. La plongée est sportive, historique, sociale et humaine avec des JO toujours en écho aux événements mondiaux car étant le pouls politique et économique d’un monde où les relations entre états se jaugent aussi au travers du sport. Une très belle et riche exposition !
« Olympisme, une histoire du monde » Musée de l’histoire de l’immigration
Du 26 avril au 8 septembre 2024 Du mardi au vendredi de 10h à 17h30. Samedi et dimanche de 10h à 19h. Fermé le lundi. COMMISSARIAT DE L’EXPOSITION Nicolas Bancel, historien (Université de Lausanne) Pascal Blanchard, historien (Université de Lausanne) Yvan Gastaut, historien (Université de Nice Sophia Antipolis) Sébastien Gökalp, conservateur en chef du patrimoine, directeur du Musée de Grenoble Élisabeth Jolys-Shimells, conservatrice en chef du patrimoine, cheffe du service des collections du Musée national de l’histoire de l’immigration Sandrine Lemaire, historienne (CPGE Lycée Jean Jaurès de Reims) Stéphane Mourlane, historien (Aix-Marseille Université)
"Olympism, a history of the world"
Museum of the History of Immigration
Temporary exhibition from April 28 to September 8, 2024
The Olympic Games, initially open to the male amateur elite, have opened up and professionalized over the years and have also become, for several decades, the place of political demands. Soft power arena of the organizing country, the Museum of the History of Immigration draws the contours and highlights that have marked its history since Coubertin launched the 1st edition in 1896 in the mother part, Greece, with 14 nations present and 241 athletes competing in 9 sports disciplines. Today, 100 years after the 1st Olympic Games in Paris (1924), 10,500 athletes from 206 delegations compete in 28 disciplines. First twinned with international exhibitions, for the first time in Sweden (1912), the Olympic Games became and remained an autonomous event. A real saga exhibited at the Museum of the History of Immigration which, from an event that was also intended to be outside of any political and commercial considerations, has completely changed its raison d'être over the years by becoming economically very expensive, more open, and very popular. In fact, a photo from 1900 shows us the gymnasts' dormitory set up pell-mell on the floor, without comfort and without equipment. Some of them are forgotten figures who are being rediscovered, such as Ahmed Boughera El Ouafi, France marathon champion who won the event and a 1st gold medal for a North African at the Amsterdam Olympics (1928). He ended his life in anonymity and misery, he who was then excluded from Olympic competitions because he had signed a professional contract in the USA for sports shows while the Olympics were at the time only reserved for amateurs. We also rediscover, among others, Suzanne Lenglen, French tennis player, icon of the Antwerp Olympics (1920) and who won 3 medals including 2 gold. She also shakes up the codes of sport by wearing pleated skirts that are shorter than her competitors' outfits. Thanks to the struggles of remarkable figures who fought against the prejudices, which remained tenacious, of the founders, the Olympics opened up over the years. We see Alice Milliat, French swimmer, hockey player and rower, who is at the origin of the France women's football team and its 1st championship. Faced with the IOC's refusal to include women, she organized the "Women's Olympiad" in Monaco between 1921 and 1923 and the "Women's Olympic Games" in 1922 in Paris. We rediscover, filmed, the exploits of Jesse Owens in Berlin (1936) in the 100 meters and long jump having ridiculed, in front of Hitler, the supposed superiority of the Aryan race. Others too, such as Alfred Nakache, a French Algerian Jew who returned from the Auschwitz camps and who regained his best level to the point of being selected for London (1948) in the 200-meter breaststroke and in the water polo team. Similarly, the Paralympic Games were officially held as part of an Olympiad in 1960, although since 1948, at the instigation of the German doctor Ludwig Guttman, athletes with disabilities had participated in sports events at the Stoke Mandeville Games. Gay Games, in order to fight against discrimination against gay and lesbian people, also took place with a 1st edition in 1982 in San Francisco, organized by the decathlete Tom Weddel. There were also the 1st International Silent Games organized in 1924 in Paris with nearly 150 deaf athletes from 9 countries. Officially recognized in 1955, these games are now called Deaflympics and are organized every 4 years. The GANEFO (GAmes of the New Emerging Forces), counter-games of the so-called "emerging" nations and not aligned with the Western and Eastern blocs, also took place in 1963, bringing together 51 countries in Indonesia, including the USSR and China. Under pressure from the IOC, they quickly declined. We also see some very beautiful moments with the Ethiopian marathon runner Abebe Bikila, during the Rome Olympics (1960), where in a video, accompanied by a voice-over, we see him running barefoot, he who had never participated in an international competition but who took part following the defection of an injured compatriot. Ethiopia had been invaded by Mussolini's fascist Italy in 1936 and as he walked up the streets of Rome, in the last kilometer, which he crossed, as the leader of the marathon and soon to be the winner, the obelisk of Axum stolen by the Italian army during the 1936 military campaign. Also present is the mythical photo of the podium of the 200m event with Tommie Smith and John Carlos in Mexico City (1968) raising their fists to fight against racial discrimination in the USA. On the 2nd step of the podium, Australian runner Peter Norman wore an "Olympic Project for Human Rights" badge, a mark of support that earned him condemnation from the Australian committee, which excluded him from subsequent competitions. It was Munich (1972) with its tragedy linked to the terrorist group "Black September" which took hostage and executed 11 Israeli athletes. The echo was worldwide with the decision of Avery Brundage, IOC President, to continue the Games. We have a filmed interview with Magdi Gohary, one of the negotiators during the hostage-taking, who explains what goes on behind the scenes. The American swimmer, of Jewish faith, Mark Spitz, who won 7 gold medals, was exfiltrated for safety. All these developments, phases, and highlights, as well as many others, are presented and also show all the political ground claimed for more than a century. We thus rediscover the boycott of 22 countries on the African continent at the call of the OAU (Organization of African Unity) just before the opening of the Montreal Olympics (1976) because of the presence of New Zealand, which still maintained sporting relations with South Africa, itself excluded for years by the IOC. As the request for exclusion was not accepted by the IOC, the 22 teams from the African continent had to pack their bags. It was also the Cold War that was in full swing in Moscow (1980) and Los Angeles (1984) where the American and Soviet teams boycotted the event, respectively. It was also the Atlanta Olympics (1996) that took a particularly strong commercial and financial resolution with a very strong presence of brands. Finally, it was the 10,000 meters final in Barcelona (1992) that delivered a message of peace and unity thanks to the Ethiopian runner Derartu Tulu, after her victory over the South African Elana Meyer, who fell into each other's arms and did a lap of honor together. However, it is difficult to describe everything because the remarkable characters with their exploits and events are multiple. Diving is sporting, historical, social, and human with the Olympics always echoing world events because it is the political and economic pulse of a world where relations between states are also measured through sport. A very beautiful and rich exhibition!
"Olympism, a history of the world" Museum of the History of Immigration
From April 26 to September 8, 2024 Tuesday to Friday from 10 a.m. to 5:30 p.m. Saturday and Sunday from 10 am to 7 pm. Closed on Mondays. CURATORSHIP OF THE EXHIBITION Nicolas Bancel, historian (University of Lausanne) Pascal Blanchard, historian (University of Lausanne) Yvan Gastaut, historian (University of Nice Sophia Antipolis) Sébastien Gökalp, Chief Curator of Heritage, Director of the Museum of Grenoble Élisabeth Jolys-Shimells, Chief Curator of Heritage, Head of the Collections Department of the National Museum of the History of Immigration Sandrine Lemaire, historian (CPGE Lycée Jean Jaurès de Reims) Stéphane Mourlane, historian (Aix-Marseille University)
« Hector Guimard et la genèse du Métropolitain »
Musée d’Orsay
Exposition temporaire du 16 mars 2024 au 14 juillet 2024
accrochage Hector Guimard et la genèse du Métropolitain Photo: Sophie Crépy
Le musée d'Orsay, avec ses belles et grandes expositions telles que « Inventer l'impressionnisme » qui a lieu jusqu'au 14 juillet, propose aussi l’exposition "Hector Guimard et la genèse du Métropolitain" qui est plus discrète, car située dans une unique salle de 60m², et très intéressante. Durant le XIXe siècle, le transport ferroviaire dans les capitales du monde revêt une grande importance. Après des débats esthétiques sur l’entrée des stations et un concours infructueux à ce sujet, la compagnie générale du Métropolitain fait appel au jeune architecte Hector Guimard (1867-1942). Figure à part qui n’a pas laissé d'héritiers mais des ouvrages comme le castel Béranger, Guimard vogue sur le courant du nouvel Art pour proposer une création d'entourages et édicules du métro parisien, existant encore aujourd’hui, très typiques. On y voit des dessins préparatoires un peu abîmés datant de 1900 au crayon graphite sur papier calque représentant des entrées de métro pour la station Etoile. Il y a aussi de très beaux graphiques d'enseignes d'accès et d'entourages, ces derniers composés d'une balustrade et d’un portique. Guimard en conçoit les modèles avec des articulations qui font penser à des membres d'animaux. Cette perception est personnelle et rejoint, pour la vidéo de Juan Jerez qui parachève l'exposition, l'avis de jeunes architectes qui font allusion, quant à eux, à des membres d'insectes. Cela est dû au fait que les éléments de l'entourage sont reliés par une forme ronde qui fait penser à une rotule quand plus loin, d'autres dessins montrent une composition à la fois fluide et enchevêtrée qui dégage une tension autant musculaire que de mouvements. On y découvre aussi un graphique, au crayon et au fusain, d'un édicule modèle B où l'on voit la précision et le soin apporté par Guimard entre le pilier de fonte et le socle de pierre qui le composent. Le dessin représentant un projet de support d'enseigne pour entourage est lui-aussi superbe de précision. On y voit une pièce fixe, et qui semble pourtant articulatoire, faisant la jonction entre les différents composants. Les œuvres de Guimard sont restées. Chaque jour, des millions de personnes, qui vivent, travaillent ou visitent Paris, prennent le métro via ses entrées. Elles sont Paris et gardent une allure et une architecture dont l’exposition nous fait découvrir les étapes de création. Ses conceptions ont fait des émules comme la ville de Montréal qui en 1967 a construit un entourage, restauré et complété en 2003, à la place Victoria.
Hector Guimard et la genèse du Métropolitain Photo: Sophie Crépy
COMMISSARIAT
Clémence Raynaud, conservatrice en chef Architecture Claire Guitton, chargée d’études documentaires Architecture.
"Hector Guimard and the genesis of the Metropolitan"
Musée d'Orsay
Temporary exhibition from March 16, 2024, to July 14, 2024
The Musée d'Orsay, with its beautiful and large exhibitions such as "Inventing Impressionism" which takes place until July 14, also offers the exhibition "Hector Guimard and the genesis of the Metropolitan" which is more discreet, because it is located in a single room of 60m², and very interesting. During the nineteenth century, rail transport in the capitals of the world was of great importance. After aesthetic debates on the entrance to the stations and an unsuccessful competition on this subject, the Compagnie Générale du Métropolitain called on the young architect Hector Guimard (1867-1942). A special figure who left no heirs but works such as the Castel Béranger, Guimard sailed on the current of the new Art to propose a creation of very typical frames and aedicules of the Paris metro, which still exist today. There are slightly damaged preparatory drawings dating from 1900 in graphite pencil on tracing paper representing metro entrances for the Etoile station. There are also very beautiful graphics of access signs and surrounds, the latter consisting of a balustrade and a portico. Guimard designed the models with joints reminiscent of animal limbs. This perception is personal and joins, for the video by Juan Jerez that closes the exhibition, the opinion of young architects who allude, for their part, to insect limbs. This is due to the fact that the elements of the surroundings are connected by a round shape that is reminiscent of a kneecap, while further on, other drawings show a composition that is both fluid and entangled that gives off a tension as much muscular as movement. There is also a graph, in pencil and charcoal, of a model B aedicule where we see the precision and care taken by Guimard between the cast iron pillar and the stone base of which it is composed. The drawing representing a sign support project for an entourage is also superbly precise. We see a fixed part, and yet one that seems articulatory, making the junction between the different components. Guimard's works have remained. Every day, millions of people, who live, work, or visit Paris, take the metro via its entrances. They are Paris and keep an allure and an architecture whose stages of creation the exhibition makes us discover. His designs have been emulated by the city of Montreal, which in 1967 built an entourage, restored, and completed in 2003, at Place Victoria.
« ARABOFUTURS Science-fiction et nouveaux imaginaires »
Exposition temporaire du 23 avril au 27 octobre 2024
Du mardi au vendredi de 10h à 18h Samedi, dimanche et jours fériés de 10h à 19h
Neïla Czermak Ichti Courtesy de l’artiste et de la galerie Anne Barrault, Paris
C’est une exploration dans l’imaginaire de 17 artistes originaires du Maghreb et du Moyen-Orient ou natifs de ces régions et vivant en Occident à laquelle nous convie l’Institut du Monde Arabe. Autour du regard de différents créateurs venant de France, des Etats-Unis, du Liban, de Jérusalem-est ou du Maghreb, l’Institut du Monde Arabe nous immisce dans un univers imaginaire qui tisse souvent des liens avec la réalité. De ce mariage entre ces 2 espaces-temps se dessine, parfois, une projection d'une actualité sociale ou géopolitique. Nous proposons un aperçu de quelques créations d'entre elles. La plongée dans les méandres de l'imaginaire de nos auteurs nous conduit à découvrir des lieux qui racontent des réalités projetées dans un futur où le récit devient dénonciation d'une oppression coloniale comme pour le beau film « In the future, they ate from the finest porcelain » (2015) de Larissa Sansour, née à Jérusalem-est, et Soren Lind, née au Danemark et vivant toutes les 2 à Londres. On y découvre dans leurs paysages futuristes aux landes parfois désertiques une fable qui raconte un récit construit par des colons niant toute histoire et culture aux colonisés de leur terre arrachée par la violence. Le positionnement politique de ce film et notre actualité font raisonner cette œuvre d'une dimension particulière. Sara Sadik, 2ZDZ, 2019, Vidéo HD, couleur, son Le film « 2ZDZ » (2019) de Sara Sadik, française d'origines algérienne et marocaine, présente, par le biais du reportage, une zone appelée « Zetla Zone », située en 2035, et qui montre de façon ironiquement anthropologique un quartier populaire avec tous les clichés colportés sur ceux-ci. Par le biais de la photographie, place au Gulf futurism, courant fondé par les artistes américano-qatarie Sophia Al-Maria et koweitienne Fatima Al Qadiri qui interroge, pour les pays du Golf, un futur qui semble déjà présent avec des photos satinées provenant de la série « The desert of the unreal » (2012). L'une d'entre elles est composée par un décor blanc, gris, sophistiqué et lisse avec une femme voilée aux habits modernes et clinquants quand Skyseeef, photographe marocain, avec une approche science-fiction dans sa série « Culture is the waves of the future » (2022-2024) nous montre des camions et autos, sans roues, transformés en vaisseaux spatiaux et se déplaçant dans un paysage désertique, vide de toute vie. Sont exposées aussi de très jolies peintures à tendance pointilliste de la peintre libanaise Hala Schoukair dans sa série « Silenced Creases n°12 » (2017-2018) aux contours très lunaires et dans lequel chaque point est un morceau qui se répète presqu'à l’infini dans des camaïeux de couleurs alors que la française Neila Czermak Ichti, peint ses œuvres comme « Erudite » (2021) ou « Je suis seule et toujours seule » (2021) de milles couleurs avec des personnages aux formes humaines ou d’animaux fantastiques, ou en noir et blanc pour « Chienne de vie » (2022) et « Silent Rollercoaster & Bizarre Ride » (2024). Tarek Lakhrissi crée de son côté les bas-reliefs blancs, « The hours » et « The kiss » (2023), où les formes ont une allure étrangement futuriste avec deux dents de vampire qui relient, telle une arche, des lèvres d’un côté quand de l’autre, c’est un visage aux yeux fermés avec des cornes qui laisse planer l’imagination du spectateur vers une vision de monstre ou d’humanité. Skyseeef, Série Culture is the waves of the future, 2024, photographie « Chimère » (2021, 2021, 2024), « Mirage » (2024) et « La grande bleue » (2021) de la créatrice libanaise Souraya Haddad Credoz sont des créations plus concrètes dans leur matérialité représentant des sortes de champignons aux couleurs vives, laissant paraître une perception un peu irréelle d’une nature venue d’ailleurs quand le créateur franco-marocain Hicham Barrada avec ses sculptures froissées aux couleurs vives et mats « Hygre n°1 », « Hygre n°2 » et « Hygre n°3 » (2023), représente des concrétions aux formes accidentées laissant au spectateur le soin de décider de leur nature organique, minérale ou animale. De son côté, l'artiste saoudienne Zahrah Al Ghamdi expose avec « Mycellum Running » (2018-2024) un ensemble de boules de cuir marrons tachetées qui recouvrent, de façon construite et imagée, un sol noir et des murs blancs telle une série de champignons qui recouvrerait un espace vierge et irréel de toute vie. Des sortes de champignons semblent repeupler un univers dénué de vie à cause de l'activité humaine. Elle s'inspire d’ornements et de l’artisanat traditionnel de la région d’Asir situé au sud-ouest de l’Arabie Saoudite. Place aussi à l’archéo-fiction avec Aïcha Snoussi, née à Tunis et vivant entre la France et la Tunisie avec « Chaos archeology » (2022) où de grands rouleaux ocres sont déroulés du plafond au sol, tels des papyrus de temps anciens avec ses inscriptions et « Ouagagods » (2023) avec sa table de chevet bordée de bronzes oxydés. Il montre que le futur s’inscrit aussi dans des temps antiques. Ainsi l’exposition explore par le biais de l’Art les multiples facettes d’une projection de l’avenir construit imaginairement à la fois en dehors d'une référence à la réalité, et proche ou lointain à celle-ci, celle d’une actualité politique, écologique et sociale. Ou quand l'art sait aussi peindre la société en dénonçant sa violence, ses travers ou ses préjugés.
Sara Sadik, 2ZDZ, 2019, Vidéo HD, couleur, son
Skyseeef, Série Culture is the waves of the future, 2024, photographie
Hicham Berrada,Hygre № 3, 2023 © Hicham Berrada, Adagp, Paris, 2024. Courtesy the artist and Mennour, Paris
Commissaire : Élodie Bouffard Commissaire associée : Nawel Dehina
Les artistes exposés sont Zahrah Al Ghamdi, Sophia Al-Maria & Fatima Qadiri with Lyndsy Welgos, Mounir Ayache, Meriem Bennani, Hicham Berrada, Neïla Czermak Ichti, Souraya Haddad Credoz, Ayham Jabr, Tarek Lakhrissi, Sara Sadik, Gaby Sahhar, Larissa Sansour, Hala Schoukair, Aïcha Snoussi, Skyseeef et Ayman Zedani.
"ARABOFUTURS: Science fiction and new imaginaries"
Arab World Institute
Temporary exhibition from April 23 to October 27, 2024
Tuesday to Friday from 10 a.m. to 6 p.m. Saturday, Sunday, and public holidays from 10 am to 7 pm
Souraya Haddad Credoz, Bouquet, 2021 Photo Mansour Dib © Agial Art Gallery. Courtesy Saleh Barakat Gallery
The Institut du Monde Arabe invites us to explore the imagination of 17 artists from the Maghreb and the Middle East or natives of these regions and living in the West. Through the eyes of various creators from France, the United States, Lebanon, East Jerusalem and the Maghreb, the Institut du Monde Arabe takes us into an imaginary universe that often weaves links with reality. From this marriage between these 2 space-times, a projection of social or geopolitical news is sometimes emerging. We offer an overview of some of them. The dive into the meanders of our authors' imagination leads us to discover places that tell of realities projected into a future where the narrative becomes a denunciation of colonial oppression, as in the beautiful film "In the future, they ate from the finest porcelain" (2015) by Larissa Sansour, born in East Jerusalem, and Soren Lind, born in Denmark and both living in London. In their futuristic landscapes with sometimes desert moors, we discover a fable that tells a story constructed by colonists denying any history and culture to the colonized of their land torn away by violence. The political positioning of this film and our current situation make this work of a particular dimension resonate. The film "2ZDZ" (2019) by Sara Sadik, a French woman of Algerian and Moroccan origin, presents, through reportage, an area called "Zetla Zone", set in 2035, and which shows in an ironically anthropological way a working-class neighborhood with all the clichés peddled about them. Through photography, we make way for Gulf futurism, a movement founded by the American-Qatari artists Sophia Al-Maria and the Kuwaiti artist Fatima Al Qadiri which questions, for the Gulf countries, a future that already seems to be present with satin photos from the series "The desert of the unreal" (2012). One of them is complandscape, emptygrey, sophisticated and smooth set with a veiled woman in modern and flashy clothes while Skyseeef, a Moroccan photographer, with a science-fiction approach in his series "Culture is the waves of the future" (2022-2024) shows us trucks and cars, without wheels, transformed into spaceships and moving in a desert landscape, empty of all life. Aïcha Snoussi, Chaos archeology, 2022 2 Also on display are very pretty paintings with a pointillist tendency by the Lebanese painter Hala Schoukair in her series "Silenced Creases n°12" (2017-2018) with very lunar contours and in which each point is a piece that is repeated almost infinitely in shades of color, while the French Neila Czermak Ichti, paints her works such as "Erudite" (2021) or "I am alone and always alone" (2021) in a thousand colors with characters with shapes human or fantastic animals, or in black and white for "of Life" (2022) and "Silent Rollercoaster & Bizarre Ride" (2024). Tarek Lakhrissi created the white bas-reliefs, "The Hours" and "The Kiss" (2023), where the shapes have a strangely futuristic look with two vampire teeth connecting, like an arch, lips on one side while on the other, it is a face with closed eyes and horns that lets the viewer's imagination soar towards a vision of a monster or humanity. "Chimère" (2021, 2021, 2024), "Mirage" (2024) and "La grande bleue" (2021) by Lebanese designer Souraya Haddad Credoz are more concrete creations in their materiality representing a kind of brightly colored mushroom, revealing a slightly unreal perception of nature from elsewhere when the Franco-Moroccan designer Hicham Barrada with his crumpled sculptures in bright and matte colors "Hygre n°1", "Hygre n°2" and "Hygre n°3" (2023), represent concretions with rugged shapes leaving it to the viewer to decide whether they are organic, mineral or animal. For her part, the Saudi artist Zahrah Al Ghamdi exhibits with "Mycellum Running" (2018-2024) a set of mottled brown leather balls that cover, in a constructed and pictorial way, a black floor and white walls like a series of mushrooms that would cover a virgin and unreal space of all life. Fungi seem to be repopulating a universe devoid of life due to human activity. It is inspired by ornaments and traditional crafts from the Asir region located in the southwest of Saudi Arabia. There is also room for archaeo-fiction with Aïcha Snoussi, born in Tunis and living between France and Tunisia with "Chaos archeology" (2022) where large ochre scrolls are unrolled from ceiling to floor, like papyri from ancient times with its inscriptions and "Ouagagods" (2023) with its bedside table lined with oxidized bronzes. He shows that the future is also part of ancient times. Thus, the exhibition explores, through Art, the multiple facets of a projection of the future constructed imaginatively both outside of a reference to reality, and near or far from it, that of political, ecological, and social news. Or when art also knows how to paint society by denouncing its violence, its shortcomings, or its prejudices.
Aïcha Snoussi, Chaos archeology, 2022 2
Hala Schoukair, Silenced Creases N°12, 2018, acrylique sur toile. Courtesy de l’artiste et de la galerie Bessières
Curator: Élodie Bouffard Associate curator: Nawel Dehina
The artists exhibited are Zahrah Al Ghamdi, Sophia Al-Maria & Fatima Qadiri with Lyndsy Welgos, Mounir Ayache, Meriem Bennani, Hicham Berrada, Neïla Czermak Ichti, Souraya Haddad Credoz, Ayham Jabr, Tarek Lakhrissi, Sara Sadik, Gaby Sahhar, Larissa Sansour, Hala Schoukair, Aïcha Snoussi, Skyseeef and Ayman Zedani.
« Etienne Dinet, passions algériennes »
Exposition temporaire du 30 janvier 2024 au 9 juin 2024
Etienne-Dinet, Meddah aveugle chantant l'épopée du prophète ou Le Conteur arabe, vers 1922 © Collection privée D. R
Dans son livre « L’Orientalisme » (1978), l’intellectuel palestino-américain Edward Saïd (1935-2003) retrace pour différents domaines artistiques, la vue édulcorée que pouvaient avoir les artistes et savants, jusqu’après le milieu du XXe siècle, des pays de l’autre côté de la méditerranée et du Moyen-Orient actuel. Chez Étienne Dinet (1861-1929), nulle trace de ces avatars liés à des périodes de colonisation. Son œuvre, en plus de son engagement pour les algériens avec qui il a vécu en s’installant à Bou-Saâda en 1929, recèle d’un réalisme dans la composition de ses créations qui rend compte des souffrances, des joies et des misères d’un peuple, sans maquillage et sans participer à un déni et à un fantasme colonial. L’exposition rend compte de l’œuvre du peintre dans ses aspects autant artistiques, religieux que politiques en essayant de comprendre comment celle-ci, créée à l’époque coloniale, ait pu devenir un marqueur et une identité revendiquée de l’Algérie après son indépendance. Etienne Dinet, Une crue de l’Oued M’ZI, 1890 © Galerie Ary Jan Thomas Hennocque Ce sont d’abord des paysages désertiques qui sont présentés avec un 1er tableau, « Une crue de l’Oued M’ZI » (1890), montrant de très belles tonalités chaudes et froides où cohabitent la sécheresse du lieu aux couleurs ocres et marrons se reflétant dans le bleu de l’eau qui se marie lui-même au ciel. Ces tons se retrouvent dans d’autres tableaux où la rudesse des visages et des endroits aux couleurs orangés se marient avec la vivacité de certains habits qui accrochent le regard du spectateur comme dans « Les bavards à Bou Saâda » (1896) avec le rouge d’un foulard sur des cheveux ou le bleu d’une djeba ainsi que celle rouge vive d’un personnage dans « Sur une terrasse, un jour de fête à Bou-Saâda » (1908). Se mêlent, selon les peintures, des femmes, des hommes, des enfants, des personnes âgées, happés souvent comme par surprise dans leurs faits et gestes dans leur quotidienneté, à même leur vécu. Pas de romance dans l’approche où leurs regards sont rarement en direction du spectateur sauf pour quelques portraits comme dans le superbe « Homme au grand chapeau » (1901) et « Jeune fille de Bou-Saâda » (1892). Ce sont aussi de nombreux moments volés comme dans « La dispute » (1904) où 2 jeunes garçons habillés de leurs djellabas blanches aux reflets bleus, pour marquer les ombres des replis au soleil, s’empoignent avec des visages très expressifs. Etienne Dinet, Esclave d'amour et Lumière des yeux © RMN Grand Palais (musée d'Orsay) Hervé Lewandowski Pour le thème « L’ambiguïté d’une exaltation charnelle » de l’exposition, la sexualité et les corps sensuels féminins se découvrent soit seuls, soit en pleine gourmandise d’embrassades dans les quartiers réservés à ce type de pratique. Dans « Martyr d’amour » (1911), un homme se prélasse dans les bras de 4 femmes, tous habillés et au grand air comme dans « Le printemps des cœurs » (1904) où dans un même élan lubrique qui reste cantonné aux embrassades, les sourires et la joie sur les visages irradient ces 2 tableaux dans de superbes couleurs aux tonalités froides et chaudes baignées d’ombres et de lumières. Le très beau « Sur les terrasses, clair de lune à Laghouat » (1897) laisse découvrir la nudité de 2 femmes, l’une allongée et l’autre assise, dans des couleurs sombres se mariant à la blancheur du sol et d’un drap. Les nus aux couleurs mats et ocres comme « Au bord de l’oued » (1900) et « Deux baigneuses » (1911) sont toujours en extérieur dans des moments de repos. Plus loin, c’est le visage religieux de l’œuvre du peintre qui est présenté, Dinet s’étant converti à l’Islam en 1913, avec entre autres, les très belles créations « Le muezzin » (1922) et « Groupe observant le croissant de lune » (1909). Le tableau « Meddah aveugle chantant l’épopée du prophète ou le conteur arabe » (1922) est une très belle composition où le magnétisme du vieil homme avec sa darbouka et l’attention portée à celui-ci par quelques protagonistes est intense et habille l’œuvre d’un voile de légende. Dans des tableaux beaucoup plus en rapport avec la pratique religieuse, il y a, entre autres, « Es Sodjoud ou la prosternation, prière au lever du jour » toujours dans les mêmes tonalités chaudes pour nous rappeler le désert avec 5 hommes courbés, front au sol en train de prier dont l’un avec une djellaba de couleur vive. Le tableau « Le vieil écrivain traditionaliste du désert » (1922) est dans une composition aux couleurs très claires qui se fondent avec le décor. La peau du vieil homme est de couleur beaucoup plus chaude et sa valeur un peu sombre s’appuie sur le vert très vif d’une petite bouteille d’encre posée au sol. Cette huile sur carton a servi d’illustration du livre « La vie de Mohamed, prophète d’Allah » (1918). Suivent d’autres illustrations faites par Dinet pour « Le Roman d’Antar » (1898), épopée chevaleresque antéislamique en prose poétique, sous forme essentiellement de lavis puis une dernière peinture à l’huile avec « Un forcené » (1904) où l’action d’une foule essayant de retenir un homme hanté par la colère montre une grande expressivité des corps et des visages dans des couleurs toujours aussi mats, ocres et claires comme couvertes d’un voile fin de la poussière du Sahara. C’est une très belle exposition qui lève, dans un panorama très riche, un voile du mystère Etienne DINET, devenue icône de la peinture algérienne, grâce à ses multiples contributions artistiques, politiques et sociales pour l’Algérie colonisée en permettant de bâtir aujourd’hui un pont entre elle et la France, loin des souvenirs douloureux de la colonisation et de la guerre.
Etienne Dinet, Une crue de l’Oued M’ZI, 1890 © Galerie Ary Jan Thomas Hennocque
Etienne Dinet, Esclave d'amour et Lumière des yeux © RMN Grand Palais (musée d'Orsay) Hervé Lewandowski
Etienne Dinet, Les Bavards à Bou Saâda, 1896 © Galerie Ary Jan Thomas Hennocque
Commissariat : Mario Choueiry
"Etienne Dinet, Algerian passions"
Temporary exhibition from January 30, 2024, to June 9, 2024
Etienne-Dinet, Sur une terrasse, un jour de fête à Bou Saâda, 1906 © Musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole Frédéric Jaulmes
In his book "Orientalism" (1978), the Palestinian-American intellectual Edward Said (1935-2003) retraces the watered-down view that artists and scholars could have, until after the middle of the twentieth century, of the countries on the other side of the Mediterranean and the present-day Middle East. In the work of Etienne Dinet (1861-1929), there is no trace of these avatars linked to periods of colonization. His work, in addition to his commitment to the Algerians with whom he lived when he settled in Bou-Saâda in 1929, contains a realism in the composition of his creations that reflects the sufferings, joys and miseries of a people, without make-up and without participating in denial and a colonial fantasy. The exhibition gives an account of the painter's work in its artistic, religious, and political aspects, trying to understand how it, created during the colonial era, could have become a marker and a claimed identity of Algeria after its independence. Etienne-Dinet, Le printemps des cœurs, 1904 © Musée des Beaux Arts de Reims Christian Devleeschauwer First of all, desert landscapes are presented with a 1st painting, "A flood of the Oued M'ZI" (1890), showing very beautiful warm and cold tones where the dryness of the place coexists in ochre and brown colors reflected in the blue of the water which itself blends with the sky. These tones are found in other paintings where the harshness of the faces and the places in orange colors blend with the vivacity of certain clothes that catch the viewer's eye, as in "The Talkers in Bou Saâda" (1896) with the red of a scarf on hair or the blue of a djeba as well as the bright red of a character in "On a Terrace, a feast day in Bou-Saâda" (1908). Depending on the painting, women, men, children, and the elderly mingle, often caught up as if by surprise in their daily actions and gestures, in their own lives. There is no romance in the approach where their gaze is rarely in the direction of the viewer except for a few portraits as in the superb "Man with the Big Hat" (1901) and "Young Girl of Bou-Saâda" (1892). There are also many stolen moments, as in "The Dispute" (1904) where 2 young boys dressed in their white djellabas with blue reflections, to mark the shadows of the folds in the sun, grapple with very expressive faces. For the theme "The ambiguity of a carnal exaltation" of the exhibition, sexuality and female sensual bodies are discovered either alone, or in the midst of a greed for kissing in the quarters reserved for this type of practice. In "Martyr d'amour" (1911), a man lounges in the arms of 4 women, all dressed and in the open air as in "The Spring of Hearts" (1904) where in the same lustful impulse that remains confined to hugs, the smiles and joy on the faces radiate these 2 paintings in superb colors with cold and warm tones bathed in shadows and lights. The very beautiful "On the Terraces, Moonlight in Laghouat" (1897) reveals the nudity of 2 women, one lying down and the other sitting, in dark colours blending with the whiteness of the floor and a sheet. Nudes in matte and ochre colours such as "On the Edge of the Wadi" (1900) and "Two Bathers" (1911) are always outdoors in moments of rest. Further on, it is the religious face of the painter's work that is presented, Dinet having converted to Islam in 1913, with, among others, the very beautiful creations "The Muezzin" (1922) and "Group Observing the Crescent Moon" (1909). The painting "Blind Meddah singing the epic of the prophet, or the Arab storyteller" (1922) is a very beautiful composition in which the magnetism of the old man with his darbuka and the attention paid to him by some of the protagonists is intense and dresses the work with a veil of legend. In paintings much more related to religious practice, there are, among others, "Es Sodjoud or prostration, prayer at sunrise" always in the same warm tones to remind us of the desert with 5 men bent over, forehead on the ground praying, one of whom with a brightly colored djellaba. The painting "The Old Traditionalist Writer of the Desert" (1922) is in a composition with very light colours that blend in with the décor. The old man's skin is much warmer in colour, and his somewhat dark value is based on the very bright green of a small bottle of ink placed on the ground. This oil on cardboard was used as an illustration for the book "The Life of Muhammad, Prophet of Allah" (1918). This was followed by other illustrations made by Dinet for "Le Roman d'Antar" (1898), an ante-Islamic chivalric epic in poetic prose, essentially in the form of washes, and then a final oil painting with "Un forcené" (1904) where the action of a crowd trying to hold back a man haunted by anger shows a great expressiveness of bodies and faces in colors that are still as matte as ever, ochre and clear as if covered with a thin veil of the dust of the Sahara. It is a very beautiful exhibition that lifts, in a very rich panorama, a veil of the mystery of Etienne DINET, who has become an icon of Algerian painting, thanks to his multiple artistic, political, and social contributions to colonized Algeria by building a bridge between it and France, far from the painful memories of colonization and war. Etienne Dinet, Homme au grand chapeau, 1901 © musée d’Orsay Curator: Mario Choueiry
Etienne-Dinet, Le printemps des cœurs, 1904 © Musée des Beaux Arts de Reims Christian Devleeschauwer
Etienne Dinet, Homme au grand chapeau, 1901 © musée d’Orsay
Curator: Mario Choueiry
« Revenir du présent, regards croisés sur la scène actuelle »
La Collection Lambert invite POUSH
Exposition temporaire du 10 février 2024 au 12 mai 2024
Il s'agit d'un lieu de création artistique du grand Paris baptisé POUSH, où foisonnent plus de 270 artistes avec ses programmes et ses événements. Créé par Hervé Digne et Laure Confavreux-Colliex, POUSH a ouvert ses portes en 2020 en région parisienne à Ivry et continue son aventure depuis avril 2022 à Aubervilliers en développant et en promouvant des lieux de création pluridisciplinaires pour les artistes dans une optique internationale. La collection Lambert en accueille 38 de ceux-ci avec des approches très variées. L'exposition y présente leurs œuvres. Difficile de toutes les répertorier, aussi nous proposons un éclairage de quelques-unes d'entre-elles. Dans la 1ère salle, pour le thème "À l'orée du bois", Laura Sellies propose une mise en espace dans "Soit je suis morte soit je deviens oiseau" par le biais phonique avec 3 mobiles en acier en forme d'ailes. Plus loin, une série de tableaux et de sculptures à la trame animalière se confond aussi bien avec la fable qu'avec l'imaginaire de ses créateurs. Des œuvres, telles que celles de Matisse Mesnil et Anne Le Troter, dénoncent aussi le capitalisme dans son essence et la marchandisation des corps avec, entre autres, une femme dessinée en métal devenue objet sexuel ou un banc construit avec de gros fils de chantier rendant dépendant le repos au travail. Pour le thème "Rose is a rose is a rose is a rose", Ugo Schildge avec sa peinture "Nature morte mécanique" utilise intelligemment une transmission mécanique pour mettre en exergue l'industrialisation des fruits. Cet ajout, par le biais de chaînes qui relie entre elles un mécanisme simulant un traitement industriel, donne de son œuvre une allure à la fois fixe et mouvante. Ou son "Champs de fleurs" en bois, béton et pigments qui laisse voir un tableau aux couleurs chaudes, ocres et brunes où la présence humaine et animale est occultée sauf au travers de squelettes comme si la Nature était autant sources de vie, de mort que de déjections et que l'humain n'en était pas un élément indispensable. Dans une autre grande salle, les peintures de Cyril Debon donnent aux fruits et légumes un aspect poétiquement sexuel. Là, la Nature devient source de plaisir et de fécondité comme si chaque fruit devenait un élément de reproduction. Pour le thème "Les choses de la vie", des œuvres comme celles d'Edward Sene en aluminium et mobiliers urbains donne, par un biais artistique de composition, un reflet des villes dans un aspect brut et massif. Plus poétique et symbolique, Pascal Hachem dans "Blue collar/White collar" utilise des outils de chantier de construction pour rendre compte d'une résistance, d'un refus voire d'une automutilation des travailleurs. Dans "Just democracy" du même artiste, par le biais d'un faitout représenté dans sa matérialité, un morceau est découpé comme une part de gâteau. La démocratie est appréhendée comme un enjeu communautaire et non individualiste. Avec Marlon de Azumbuja, dans "Brutalismo", c'est un ordonnancement de briques, de tuiles et de parpaings rangés de façon symétrique qui est proposé. Nous sommes dans la mouvance de Marcel Duchamp avec le Ready Made, posant le bien-fondé d'une approche audacieuse faite il y a plus d'un siècle. Là, Azumbuja y apporte une beauté et une cohérence géométrique dans un travail d'ordonnancement et de composition. Dans une autre veine, Pol Taburet, avec ses clous rouillés à taille humaine dans "Fork Melody", nous symbolise un ensemble de contrariétés psychiques. Plus loin, de beaux tableaux de Gaëlle Choisne nous dévoilent un paysage d'horizons différents du monde dans une approche mariant collages et peintures aux couleurs sombres et chaudes en y mêlant des matériaux multiples. La musique, les effets sonores et la voix sont aussi utilisés pour bon nombre de créations permettant d'ajouter, selon celles-ci, une dimension autre d'interpellation, d'atmosphère ou d'accompagnement musical et chanté comme pour les 2 vidéos de Carla Aldra "Ça te colle à la peau" qui clôt l'exposition. Elle est très riche et variée et montre différentes trajectoires artistiques où la ville et sa composante humaine est appréhendée dans ses environnements pluriels autant politiques, économiques qu'urbains. Seul point mineur, certains cartels sont parfois difficiles à mettre en relation avec les œuvres. D'où l'heureuse importance des médiateurs dans les salles.
Commissaires de l’exposition : Stéphane Ibars et Yvannoé Kruger Les artistes : Carla Adra, Mathilde Albouy, Estèla Alliaud, Hugo Avigo, Marlon de Azambuja, Abdelhak Benallou, Djabril Boukhenaissi, Apollinaria Broche, Grégory Chatonsky, Salomé Chatriot, Gaëlle Choisne, Max Coulon, Morgan Courtois, Cyril Debon, Julian Farade, Clédia Fourniau, Laura Garcia Karras, Gerard & Kelly, Célia Gondol, Pascal Hachem, Arash Hanaei, Ittah Yoda, Michel Jocaille, Nika Kutateladze, Anne Le Troter, Matisse Mesnil, Daniel Otero Torres, Margot Pietri, Luca Resta, Edgar Sarin, Ugo Schildge, Laura Sellies, Erwan Sene, Pol Taburet, Félix Touzalin, Dune Varela, Marie de Villepin, Xolo Cuintle.
"Coming back from the present, crossed views on the current scene."
The Lambert Collection invites POUSH.
Temporary exhibition from February 10, 2024, to May 12, 2024
It is a place of artistic creation in Greater Paris called POUSH, where more than 270 artists abound with its programs and events. Created by Hervé Digne and Laure Confavreux-Colliex, POUSH opened its doors in 2020 in the Paris region in Ivry and continues its adventure since April 2022 in Aubervilliers by developing and promoting multidisciplinary places of creation for artists with an international perspective. The Lambert collection hosts 38 of them with a wide variety of approaches. The exhibition presents their works. It is difficult to list them all, so we offer a look at some of them. In the 1st room, for the theme "At the edge of the wood", Laura Sellies proposes a spatial arrangement in "Either I am dead, or I become a bird" by means of sound with 3 steel mobiles in the shape of wings. Further on, a series of paintings and sculptures with an animal plot merges as much with the fable as with the imagination of its creators. Works, such as those of Matisse Mesnil and Anne Le Troter, also denounce capitalism in its essence and the commodification of bodies with, among other things, a woman drawn in metal that has become a sexual object or a bench built with large construction wires making rest at work dependent. For the theme "Rose is a rose is a rose is a rose", Ugo Schildge with his painting "Mechanical Still Life" cleverly uses a mechanical transmission to highlight the industrialization of fruit. This addition, by means of chains that link together a mechanism simulating industrial processing, gives his work a look that is both fixed and moving. Or his "Fields of Flowers" in wood, concrete and pigments which reveals a painting in warm, ochre, and brown colors where the presence of humans and animals is hidden except through skeletons as if Nature were as many sources of life, death as of excrement and that humans were not an indispensable element. In another large room, Cyril Debon's paintings give fruit and vegetables a poetically sexual aspect. There, Nature becomes a source of pleasure and fecundity, as if each fruit became an element of reproduction. For the theme "Thgivesings of Life", works such as those of Edward Sene in aluminum and street furniture give, through an artistic means of composition, a reflection of cities in a raw and massive aspect. More poetic and symbolic, Pascal Hachem in "Blue collar/White collar" uses construction site tools to account for the resistance, refusal, or even self-mutilation of workers. In "Just democracy" by the same artist, through a Dutch oven represented in its materiality, a piece is cut like a slice of cake. Democracy is understood as a community issue and not an individualistic one. With Marlon de Azumbuja, in "Brutalismo", it is an arrangement of bricks, tiles and cinder blocks arranged symmetrically that is proposed. We are in the vein of Marcel Duchamp with the Ready Made, laying down the merits of a bold approach made more than a century ago. Here, Azumbuja brings beauty and geometric coherence to a work of ordering and composition. In another vein, Pol Taburet, with his rusty human-sized nails in "Fork Melody", symbolizes a set of psychic annoyances. Further on, beautiful paintings by Gaëlle Choisne reveal a landscape of different horizons from the world in an approach combining collages and paintings in dark and warm colors by mixing multiple materials. Music, sound effects and voice are also used for many of the creations to add, according to them, another dimension of questioning, atmosphere, or musical and sung accompaniment as for the 2 videos of Carla Aldra "Ça te colle à la peau" which closes the exhibition. It is very rich and varied and shows different artistic trajectories where the city and its human component are apprehended in its plural political, economic, and urban environments. The only minor point is that some labels are sometimes difficult to relate to the works. Hence the happy importance of mediators in the rooms.
Exhibition curators: Stéphane Ibars and Yvannoé Kruger The artists: Carla Adra, Mathilde Albouy, Estèla Alliaud, Hugo Avigo, Marlon de Azambuja, Abdelhak Benallou, Djabril Boukhenaissi, Apollinaria Broche, Grégory Chatonsky, Salomé Chatriot, Gaëlle Choisne, Max Coulon, Morgan Courtois, Cyril Debon, Julian Farade, Clédia Fourniau, Laura Garcia Karras, Gerard & Kelly, Célia Gondol, Pascal Hachem, Arash Hanaei, Ittah Yoda, Michel Jocaille, Nika Kutateladze, Anne Le Troter, Matisse Mesnil, Daniel Otero Torres, Margot Pietri, Luca Resta, Edgar Sarin, Ugo Schildge, Laura Sellies, Erwan Sene, Pol Taburet, Félix Touzalin, Dune Varela, Marie de Villepin, Xolo Cuintle.
« BONNARD ET LE JAPON »
Caumont Centre d’art Aix en Provence
Exposition temporaire du 30 avril 2024 au 6 octobre 2024
C'est une plongée qui nous amène à la fin du XIXe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle que nous propose l'hôtel de Caumont où une révolution culturelle démarrait avec l'influence japonaise sur les arts du vieux continent avec l'ère Meïji (1852-1912) qui ouvrait le Japon à l'Occident. La date précise de l'influence de l'art nippon sur Pierre Bonnard (1867-1947), surnommé le Nabi très japonard en référence au mouvement Nabi dont il fut l'un des créateurs, n'est pas connue avec peut-être toutefois à l'origine de celle-ci, en 1890, une grande exposition de gravure japonaise qui s'est déroulée à l'école des Beaux-Arts. Tous les jalons artistiques de ses créations sont passés en revue. Son œuvre riche et novatrice, en dehors des courants avant-gardistes, est présentée par thème permettant d'articuler les différentes facettes de celle-ci. Dans chaque salle se trouvent des estampes des peintres japonais Utagawa Hiroshige (1797-1858) et Utagawa Kuniteru (1830-1874). Grands ambassadeurs de l'Ukiyo-e, ils ont influencé plusieurs générations d'artistes à partir du milieu du XIXe siècle en Occident. Est exposé le très beau détrempé "Femmes au jardin" (1891), composé de 4 parties où Bonnard représente des portraits de femmes, en vertical et sans perspective, aux couleurs remarquables mariant à chaque fois la protagoniste principale avec l'ensemble du tableau. Chef d'œuvre de jeunesse qui a été remarqué aux salons des Indépendants en mars 1891, il considérait son travail comme des panneaux décoratifs dont chacun pouvait être aussi bien dépendant que complémentaire aux autres. De cette influence, l'exposition nous amène à parcourir sur près de 5 décennies des œuvres où est mis, entre autres, en exergue la maîtrise de la représentation de la vitesse par le peintre dans "Le tramway vert" (1905) et la lithographie "Place le soir" (1895-1899) où le mouvement est décliné avec des pleins et des déliés pour la 1ère et avec une couleur vive sur un fond obscur pour la 2nde. Le thème étrangement intitulé "Scènes de la vie familière" traite de la présence animalière dans un cadre privé et domestique en animal de compagnie ou en portrait avec chat, chien, coq et ours. Le cadre familial est aussi mis en avant avec, entre autres, "Scène de famille" (1892), une lithographie en 3 couleurs et "Jeune femme et enfant dans la rue" (1891-1892), dans une grande variété d'approches dans les couleurs, la disposition des plans et les regards absorbés ou absents des protagonistes. L'exposition met en exergue la maîtrise de Bonnard dans son approche photographique afin de capter par effraction un instant de surprise comme dans "La nappe blanche" (1925). Dans "Conversation provençale" (1911), "Déjeuner des enfants" (1897) et "Le crépuscule au phare d'Uhlenhorst" (1913), le temps semble suspendu comme celui d'un moment de sieste pour le 1er, d’un repas silencieux pour le 2e, d’un instant figé dans une soirée animée pour le 3e, le tout dans de magnifiques couleurs claires et sombres. Le Japon associe les heures aux signes du zodiaque. Le thème "L'heure du tigre" est consacré à la nudité car cette dénomination correspond à la tranche horaire de 3h à 5h du matin quand les clients des maisons closes quittent leurs courtisanes. On y découvre de très beaux nus comme "Nu à la lumière" (1908) et "Nu debout de dos devant la cheminée" (1913) où la blancheur du corps pour chaque tableau est mise en lumière par le bleu des ombres de la peau, habillée par les couleurs clairs de la pièce, et un peu plus chaudes et sombres pour la 2nde peinture. Le dernier thème "Hanami" célèbre le renouveau de la Nature après l'hiver. On y voit là-encore une nouvelle facette du talent de Bonnard avec, entre autres, la superbe huile sur toile "L'amandier en fleurs" (1930) dans une attitude toute verticale de l'arbre habillé de magnifiques couleurs claires pour sa floraison avec en arrière-fond un bleu cru et habilement faussement éclatant du ciel. L'exposition montre aussi son approche plurielle où il reprend les différentes thématiques sociales et artistiques des maîtres nippons en les traitant dans une trajectoire toute personnelle, le tout sur des supports et des techniques aussi variés que l'huile sur toile, la lithographie, le pastel ou l'encre de chine. L’hôtel de Caumont propose aussi un film sur la technique de l'estampe japonaise avec gravure sur bois de "Sous la vague au large de Kanagawa" de Katsushika Hokusai (1760-1849) et se clôt par une création immersive des œuvres exposées.
COMMISSARIAT : Isabelle Cahn PRODUCTION ET RÉALISATION Emmanuelle Lussiez : Directrice des expositions de Culturespaces Milly Passigli : Directrice déléguée de la programmation des expositions Madeleine Balansino : Responsable des expositions de Caumont-Centre d’Art Livia Lérès et Domitille Sechet pour l’iconographie au sein de Culturespaces.
"BONNARD AND JAPAN"
Caumont Centre d'art Aix en Provence
Temporary exhibition from April 30, 2024, to October 6, 2024
It is a dive that takes us to the end of the nineteenth century to the middle of the twentieth century that the Hôtel de Caumont offers us, where a cultural revolution began with the Japanese influence on the arts of the old continent with the Meiji era (1852-1912) which opened Japan to the West. The precise date of the influence of Japanese art on Pierre Bonnard (1867-1947), nicknamed the very Japanese Nabi in reference to the Nabi movement of which he was one of the creators, is not known, although it may have been at the origin of this exhibition, in 1890, a major exhibition of Japanese engraving that took place at the École des Beaux-Arts. All the artistic milestones of his creations are reviewed. His rich and innovative work, outside of avant-garde trends, is presented by theme allowing the different facets of it to be articulated. In each room are prints by Japanese painters Utagawa Hiroshige (1797-1858) and Utagawa Kuniteru (1830-1874). Great ambassadors of Ukiyo-e, they influenced several generations of artists from the mid-nineteenth century in the West. Exhibited is the very beautiful soggy "Women in the Garden" (1891), composed of 4 parts where Bonnard represents portraits of women, in vertical and without perspective, in remarkable colors marrying each time the main protagonist with the whole painting. A youthful masterpiece that was noticed at the Salon des Indépendants in March 1891, he considered his work as decorative panels on which each could be as dependent as complementary to the others. From this influence, the exhibition takes us on a journey over nearly 5 decades of works in which the painter's mastery of the representation of speed in "The Green Tramway" (1905) and the lithograph "Place le soir" (1895-1899) is highlighted, where movement is declined with full and thin lines for the 1st and with a bright colour on a dark background for the 2nd. The theme strangely titled "Scenes from Familiar Life" deals with the presence of animals in a private and domestic setting as a pet or as a portrait with cat, dog, rooster, and bear. The family setting is also highlighted with, among others, "Family Scene" (1892), a lithograph in 3 colours and "Young Woman and Child in the Street" (1891-1892), in a wide variety of approaches in the colours, the arrangement of the shots and the absorbed or absent looks of the protagonists. The exhibition highlights Bonnard's mastery in his photographic approach in order to capture a moment of surprise by breaking and entering, as in "The White Tablecloth" (1925). In "Provençal Conversation" (1911), "Children's Luncheon" (1897) and "Twilight at the Uhlenhorst Lighthouse" (1913), time seems to stand still like that of a nap for the 1st, a silent meal for the 2nd, a moment frozen in a lively evening for the 3rd, all in magnificent light and dark colours. Japan associates the hours with the signs of the zodiac. The theme "The Hour of the Tiger" is devoted to nudity because this name corresponds to the time slot from 3 a.m. to 5 a.m. when brothel customers leave their courtesans. We discover very beautiful nudes such as "Nude in the Light" (1908) and "Nude Standing from Back in Front of the Fireplace" (1913) where the whiteness of the body for each painting is highlighted by the blue of the shadows of the skin, dressed by the light colors of the room, and a little warmer and darker for the 2nd painting. The last theme "Hanami" celebrates the renewal of Nature after winter. Here again, we see a new facet of Bonnard's talent with, among others, the superb oil on canvas "The Almond Tree in Bloom" (1930) in a very vertical attitude of the tree dressed in magnificent light colors for its flowering with a raw and skilfully deceptively bright blue of the sky in the background. The exhibition also shows his plural approach where he takes up the different social and artistic themes of the Japanese masters by treating them in a very personal trajectory, all on supports and techniques as varied as oil on canvas, lithography, pastel, or Indian ink. The Hôtel de Caumont also offers a film on the technique of Japanese printmaking with wood engraving of "Under the Wave Off Kanagawa" by Katsushika Hokusai (1760-1849) and closes with an immersive creation of the works on display.
« Entre les lignes. Art et littérature »
MO.CO. MOntpellier COntemporain
Exposition temporaire du 2 mars 2024 au 19 mai 2024
MO.CO. Du mardi au dimanche, de 11h à 19h (juin-septembre) et de 11h à 18h (octobre-mai) MO.CO. Panacée Du mercredi au dimanche, de 11h à 19h (juin-septembre) et de 11h à 18h (octobre-mai)
C'est une vaste exploration des relations entre la littérature et les arts qui est proposée au MO.CO. à Montpellier. On y découvre au préalable les prémisses de ce qui allait devenir la critique d'art avec Diderot, Baudelaire et Zola. Les figures, entre autres, de Paul et Camille Claudel, Huysmann, Ingres, Beauvoir, Giacometti, Miro, Malraux sont esquissées pour nous replonger dans une époque où les grands écrivains jusqu'au XXe siècle pouvaient être aussi témoins avisés des révolutions artistiques ou découvreurs de talents. Camille CLAUDEL L'Implorante, (petit modèle), 1890 – 1907 Ainsi c'est une relation entre ces 2 arts qui nous est contée sur une période de près de 250 ans. Au-delà de certaines figures célèbres, il y a aussi un film où une dizaine d'artistes contemporains racontent leur lien à la littérature lors de leur travail de création. Puis nous découvrons les relations et la complicité artistiques qui peuvent s'établir entre artistes avec Maryline Desbiolles et Bernard Pagès, Daniel Rondeau et Eduardo Arroyo, Christine Angot et Patrick Bouchain avec un pas de côté pour Angot et son rapport aux habits dans la 1ère partie. Là, on entend sa voix par le biais de magnétophones. Dans un bloc blanc se cache un dressing avec des vêtements féminins noirs sauf un en rouge. L'écrivaine, à travers son rapport névrotique aux vêtements dont elle éprouvait enfant une attirance qui fut ensuite piétinée par la relation subie et incestueuse avec son père, relate le monde violent de cette perversion, bien que tue socialement. Puis au 2e étage, il y a une grande salle composée de tableaux d'Eduardo Arroyo qui montre la relation, au-delà de la littérature qui va jusqu'à leur passion commune pour la boxe, entre lui et Daniel Rondeau. Les salles se découpent en sections, dénommées chapitres, avec 2 grandes parties dans 2 lieux différents du musée qui sont le MOCO et le MOCO Panacée, distants de quelques centaines de mètres. Les chapitres ont un lien très fort entre eux dans chacune des parties mais relâchés entre celles-ci, l'approche adoptée étant différente. Dans la 1ère, c'est la relation entre un(e) écrivain(e) et un peintre qui est montrée. Dans la 2nde, c'est un auteur qui fait le choix d'un catalogue d'artistes avec respectivement Jakuta Alikarazovic et Jean-Baptiste Del Amo autour des thèmes respectifs de "Perdus dans mes pensées" et "αὐτοψία — Autopsía — voir par soi-même". Ainsi, l'exposition prend une autre direction avec la littérature vue comme média d'exploration de l'intime avec l'écrivaine Jakuta Alikarazovic qui nous invite à la découverte des œuvres qui l'ont marquée jusque dans ses écrits avec un ensemble de créations aussi variées que celles, entre autres, superbes d'originalité de Bianca Bondi, énigmatiques et mystérieuses de Tarek Lakhrissi et Dora Budor. Quant à Jean-Baptiste Del Amo et les créateurs qu'il a sélectionnés, l'intime fait place au caché et au refoulé avec la mort qui est paradoxalement occultée alors qu'elle est omniprésente dans notre monde de l'information et du divertissement. On la découvre comme figée, consumée et décomposée. Une vidéo de 32 minutes de Stan Brakhage, figure majeure du cinéma expérimental américain, montre le travail effectué dans une morgue à Pittsburg par des médecins légistes. Elle est particulièrement violente car on voit le découpage et l'évidage des corps. Plus loin, 108 négatifs de photos d'Antoine d'Agata de soldats russes morts durant la guerre actuelle avec l'Ukraine sont aussi présentés avec d'autres photos de cadavres dans d'autres espaces-temps et lieux. Ce sont ces différents regards croisés qui sont proposés sur une fatalité qui peut être causée pour des raisons aussi bien naturelles, accidentelles que criminelles. Ainsi l'exposition lie l'intimité de la mort à la poésie du verbe, la rudesse des photos à l'élégance du style, la sonorité de l'interpellation à la garde-robe du propos. Se mêle ainsi dans ses différentes expressions, la littérature avec son réel aussi bien pictural, sportif, cinématographique que photographique dans un kaléidoscope d'artistes pour nous immiscer dans une relation presque charnelle du mot avec un coup de pinceau, d'une phrase avec une couleur, d'un paragraphe avec une photo, d'un chapitre avec un tableau, d'un texte avec un film. ANSE AIDS Related Death 1992
"Between the lines. Art and Literature »
MO.CO. MOntpellier Contemporary
Temporary exhibition from March 2, 2024, to May 19, 2024
MO.CO. Tuesday to Sunday, from 11 am to 7 pm (June-September) and from 11 am to 6 pm (October-May) MO.CO. Panacée Wednesday to Sunday, from 11 am to 7 pm (June-September) and from 11 am to 6 pm (October-May)
Eduardo Arroyo, Robinson Crusoe, 1965, Huile sur toile, Collection Pimpi Arroyo It is a vast exploration of the relationship between literature and the arts that is offered at the MO.CO. in Montpellier. We discover beforehand the premises of what was to become art criticism with Diderot, Baudelaire, and Zola. The figures, among others, of Paul and Camille Claudel, Huysmann, Ingres, Beauvoir, Giacometti, Miro, Malraux are sketched to plunge us back into a time when the great writers up to the twentieth century could also be wise witnesses of artistic revolutions or discoverers of talent. Thus, it is a relationship between these 2 arts that is told to us over a period of nearly 250 years. In addition to some famous figures, there is also a film in which a dozen contemporary artists tell the story of their link to literature during their creative work. Then we discover the artistic relationships and complicity that can be established between artists with Maryline Desbiolles and Bernard Pagès, Daniel Rondeau and Eduardo Arroyo, Christine Angot and Patrick Bouchain with a side step for Angot and his relationship to clothes in the 1st part. Eduardo ARROYO Moby Dick, 2018 There, his voice can be heard through tape recorders. In a white block hides a dressing room with black women's clothes except for one in red. The writer, through her neurotic relationship with the clothes to which she felt an attraction as a child that was then trampled by the endured and incestuous relationship with her father, recounts the violent world of this perversion, although socially killing. Then on the 2nd floor, there is a large room made up of paintings by Eduardo Arroyo that shows the relationship, beyond the literature that goes as far as their common passion for boxing, between him and Daniel Rondeau. The rooms are divided into sections, called chapters, with 2 large parts in 2 different places of the museum, which are the MOCO and the MOCO Panacea, a few hundred meters apart. The chapters have a very strong link between them in each of the parts but loose between them, the approach adopted being different. In the 1st part, it is the relationship between a writer and a painter that is shown. In the 2nd, it is an author who chooses a catalogue of artists with respectively Jakuta Alikarazovic and Jean-Baptiste Del Amo around the respective themes of "Lost in my thoughts" and "αὐτοψία — Autopsía — see for oneself". Thus, the exhibition takes another direction with literature seen as a medium for exploring the intimate with the writer Jakuta Alikarazovic who invites us to discover the works that have marked her even in her writings with a set of creations as varied as, among others, those superb in originality by Bianca Bondi, enigmatic and mysterious by Tarek Lakhrissi and Dora Budor. As for Jean-Baptiste Del Amo and the creators he has selected, the intimate gives way to the hidden and the repressed with death which is paradoxically concealed while it is omnipresent in our world of information and entertainment. We discover it as frozen, consumed and decomposed. A 32-minute video by Stan Brakhage, a major figure in American experimental cinema, shows the work done in a morgue in Pittsburgh by forensic pathologists. It is particularly violent because we see the cutting up and hollowing out of the bodies. Further on, 108 negatives of Antoine d'Agata's photos of Russian soldiers who died during the current war with Ukraine are also presented along with other photos of corpses in other space-times and places. It is these different perspectives that are proposed on a fatality that can be caused for natural, accidental, or criminal reasons. Thus, the exhibition links the intimacy of death to the poetry of the word, the harshness of the photos to the elegance of the style, the sonority of the interpellation to the wardrobe of the subject. Literature and its pictorial, sporting, cinematographic and photographic reality are thus mixed in a kaleidoscope of artists in its various expressions to immerse us in an almost carnal relationship between the word and a brushstroke, a sentence with a colour, a paragraph with a photo, a chapter with a table, a text with a film.
« Visions chamaniques. Arts de l’ayahuasca en Amazonie péruvienne »
Musée du Quai Branly - Jacques Chirac
Exposition temporaire du 14 novembre 2023 au 26 mai 2024
Le mardi, mercredi, vendredi, samedi, dimanche : 10h30-19h00 Le jeudi : 10h30-22h00
Le musée du Quai Branly - Jacques Chirac nous emmène vers les terres péruviennes à la découverte de la culture chamanique où imaginaire et réel, au sens lacanien du terme, deviennent possibles. Dans une vaste rétrospective, l'exposition débute au sein du peuple Shipibo-Konibo à la découverte de sa culture, de l’ayahuasca et de son héritage avec la peinture, la musique psychédélique et underground, la Beat Generation en passant par la recherche scientifique pour déceler le mystère psychotrope de ce breuvage.
L’exposition est une vaste exploration de la culture chamanique et l’ayahuasca (« liane des morts » en quechua) qui désigne à la fois une liane du bassin amazonien et un breuvage concocté à partir de celle-ci. Elle est une invitation à découvrir la culture du peuple autochtone péruvien, Shipibo-Konibo, ayant gardé aujourd'hui encore toute son authenticité, ainsi que son héritage jusqu’aux contrées de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Elle utilise des supports aussi riches et variés que la réalité virtuelle, le film, la vidéo, la photo, les objets, le dessin et la peinture. Elle est composée de différentes sections dont la 1ère concerne les représentations graphiques, appelées kenés et effectuées sur différents supports tels que la poterie, le textile ou la sculpture. On y découvre la signification de ces figures artistiques et géométriques grâce à un film. De superbes photos de David Díaz Gonzalez nous fait aussi entrer dans l'intimité d'une famille Shipibo-Konibo. Ce qui est mis en lumière n’est pas uniquement cette plongée dans la culture chamanique mais aussi cette double-vision d’un monde occidental, avec son côté rationnel, se lançant dans une recherche scientifique durant des décennies pour comprendre les effets psychotropes de l’ayahuasca et son pendant artistique où durant la 2nde moitié du XXe siècle, avec le tourisme chamanique, de nombreux artistes ont découvert ce breuvage. Une floraison de courants et d’expériences artistiques ont pris naissance avec, entre autres, la musique psychédélique et underground dans les années 60. On y voit aussi la figure d’Alan Ginsberg (1926-1997), l’un des fondateurs de la Beat Generation dans les années 50 avec Jack Kerouac (1922-1969). Plus proche de nous, le réalisateur et scénariste français Jan Kounen avec son film « Kosmik Journey » clôt l’exposition. Avec un casque sur les yeux et un autre sur les oreilles, il nous fait plonger dans un monde de réalité virtuelle où il retranscrit son expérience de l’ayahuasca. Le spectateur bascule sur des visions alimentées par un imaginaire débridé et un réel absent. Autre paradoxe, les substances qualifiées d’hallucinogènes occupent une place importante dans de nombreuses sociétés autochtones d’Amérique latine. A tel point qu’au Pérou, l’ayahuasca et son utilisation traditionnelle par les communautés natives de l’Amazonie sont élevées au rang de Patrimoine culturel de la Nation depuis 2008 alors qu’en France, il est inscrit au registre des stupéfiants. Aux Etats-Unis, il a été autorisé en 2006 dans le cadre strict d’une pratique religieuse. L’exposition fait aussi un focus sur l’héritage de la culture chamanique du peuple Shipibo-Konibo qui a su garder son authenticité face à des influences diverses. Elle est très riche grâce aux différents médias utilisés pour nous faire découvrir une culture qui n'a pas perdu de son authenticité tout en ayant réussi à influencer les arts musicaux, littéraires et picturales d'Occident.
"Shamanic visions. Ayahuasca Arts in the Peruvian Amazon »
Temporary exhibition from November 14, 2023, to May 26, 2024
Tuesday, Wednesday, Friday, Saturday, Sunday: 10:30 a.m. to 7:00 p.m. Thursday: 10:30 a.m. to 10:00 p.m.
The Musée du Quai Branly - Jacques Chirac takes us to Peruvian lands to discover shamanic culture where the imaginary and the real, in the Lacanian sense of the term, become possible. In a vast retrospective, the exhibition begins with the Shipibo-Konibo people discovering their culture, ayahuasca and its heritage with painting, psychedelic and underground music, the Beat Generation, and scientific research to unravel the psychotropic mystery of this beverage.
The exhibition is a vast exploration of shamanic culture and ayahuasca ("vine of the dead" in Quechua), which refers to both a vine from the Amazon basin and a beverage concocted from it. It is an invitation to discover the culture of the Peruvian Indigenous people, Shipibo-Konibo, who have kept all their authenticity today, as well as their heritage as far as Europe and North America. It uses media as rich and varied as virtual reality, film, video, photography, objects, drawing and painting. It is made up of different sections, the 1st of which concerns graphic representations, called kenés and made on different media such as pottery, textiles, or sculpture. We discover the meaning of these artistic and geometric figures thanks to a film. Superb photos by David Díaz Gonzalez also take us into the intimacy of a Shipibo-Konibo family. What is brought to light is not only this dive into shamanic culture but also this double vision of a Western world, with its rational side, embarking on scientific research for decades to understand the psychotropic effects of ayahuasca and its artistic counterpart where during the 2nd half of the twentieth century, with shamanic tourism, Many artists have discovered this beverage. A flowering of artistic currents and experiments was born with, among others, psychedelic and underground music in the 60s. We also see the figure of Alan Ginsberg (1926-1997), one of the founders of the Beat Generation in the 50s along with Jack Kerouac (1922-1969). Closer to home, French director and screenwriter Jan Kounen closes the exhibition with his film "Kosmik Journey". With a headset over his eyes and another over his ears, he plunges us into a virtual reality world where he transcribes his experience of ayahuasca. The viewer shifts to visions fuelled by an unbridled imagination and an absent reality. Another paradox is that substances described as hallucinogens occupy a prominent place in many Indigenous societies in Latin America. So much so that in Peru, ayahuasca and its traditional use by the native communities of the Amazon have been elevated to the rank of Cultural Heritage of the Nation since 2008 while in France, it is registered in the register of narcotics. In the United States, it was authorized in 2006 as a strict religious practice. The exhibition also focuses on the heritage of the shamanic culture of the Shipibo-Konibo people, who have been able to keep their authenticity in the face of various influences. It is extraordinarily rich thanks to the different media used to make us discover a culture that has not lost its authenticity while having managed to influence the musical, literary and pictorial arts of the West.
L’ETHNOLOGIE VA VOUS SURPRENDRE !
Deux jours pour explorer le 21e siècle
L’ethnologie va vous surprendre ! revient pour un sixième rendez-vous les 2 et 3 mars. L'événement place cette année au cœur de sa programmation le corps, et plus précisément le dépassement du corps. Depuis 2013, le musée du quai Branly – Jacques Chirac met à l’honneur jeunes ethnologues, artistes et chercheurs de renom lors d’un week-end biennal consacré à l’ethnologie. Science en plein renouvellement, fondée sur des enquêtes de terrains – lointains ou proches, et sur des archives, l’ethnologie permet de mieux appréhender la complexité et la variété de nos sociétés et formes culturelles. Les éditions précédentes ont rassemblé près de 20 000 visiteurs chacune.
Pour aborder ces enjeux autour du corps, quatre Grandes conférences ponctuent le week-end autour de la lecture de rituels mettant en jeu le corps, ses modifications et ses limites physiologiques en présence d’une dizaine d’intervenants parmi lesquels : Stéphane Breton, cinéaste et ethnologue, directeur d’études à l’EHESS, Anne-Christine Taylor, anthropologue, directrice de recherche émérite au CNRS, Volmir Cordeiro, chorégraphe et danseur-chercheur, Laura Flety, anthropologue de la danse actuellement à la Casa de Velázquez (Madrid), Pierre Lemonnier, directeur de recherche émérite au CNRS, Nathan Schlanger, professeur d'archéologie à l'École nationale de chartes à Paris, Lilian Thuram, ancien champion du Monde et d’Europe de Football, à l’origine de la fondation Éducation contre le racisme, Philippe Charlier, médecin légiste, archéologue et anthropologue. Au programme également, des mini-conférences interactives et visuelles, les Têtes chercheuses. Elles évoquent entre autres, le pouvoir du corps dans la danse balinaise, les voyages chamaniques et les pélerinages psychédéliques en Amazonie péruvienne, le travail du corps et le travail politique dans les pratiques féministes de loisirs, le rugby du pacifique... Tout le week-end, commentaires d’œuvres et visites flash des collections sont proposés pour tous les publics, jeunes, familles et curieux. Le samedi 2 mars, le musée propose une soirée exceptionnelle jusqu’à minuit avec des visites inédites au cœur des collections ainsi que des performances programmées en collaboration avec le CND Centre national de la danse dans le théâtre Claude Lévi-Strauss et sur le plateau des Collections et apport le regard d’artistes contemporains sur le corps : un cabaret Drag King proposé par la Kings Factory, le solo Outrar du chorégraphe brésilien Volmir Cordeiro – créé sur une proposition de la chorégraphe Lia Rodrigues, un show pédagogique autour du krump du chorégraphe Grichka Caruge, un battle surprise par la compagnie Art-Track. Et parce qu’il est précisément question de corps et de mouvement, c’est sur le dancefloor que se termine la soirée au son d’un DJ set. Les cinéphiles ne sont pas oubliés avec trois films à découvrir : Danser l’espoir, portrait de Germaine Acogny de Vali Fugulin et Martin Morissette, autour de la grande chorégraphe qui a fait émerger la danse contemporaine africaine. Un film documentaire du réalisateur-anthropologue Emilio Domingos, La Bataille du Passinho qui revient sur cette danse, le Passinho, originaire des favelas et issue du Baila funk, qui a explosé en 2008, transformant significativement le visage des faubourgs de Rio de Janeiro. De Humani Corporis Fabrica de Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor, présenté à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2022, une incroyable aventure intérieure qui ouvre aujourd’hui le corps au cinéma où l'on y découvre que la chair humaine est un paysage inouï qui n'existe que grâce aux regards et aux attentions des autres. Enfin, le salon de lecture Jacques Kerchache propose durant le week-end une sélection originale de bandes dessinées en lien avec le corps
Les danses indiennes d'hier à aujourd'hui
Une conférence dansée de l'artiste Mahina Khanum
Le sous-continent indien est riche d'une multitude de traditions dansées. Des danses sacrées aux danses de cinéma, des cours royales du Rajasthan jusqu’aux nightclubs de Mumbai, cette conférence dansée propose de mettre en relief les grandes dynamiques qui ont traversé plusieurs siècles de créativité artistique. Les élèves des Conservatoires Hector Berlioz et Jean Wiéner, et de l'Association Indian Arts Lab ponctueront cette présentation de démonstrations chorégraphiques, avant de convier le public à s'essayer à quelques pas de danse. Mahina Khanum est danseuse, chorégraphe et professeure de danses indiennes. Elle est actuellement artiste en résidence au Conservatoire du 10ème Hector Berlioz et professeure au Conservatoire de Bobigny Jean Wiéner. Elle a été formée en danse traditionnelle Odissi, après l’obtention d’une bourse d’excellence décernée par le Gouvernement indien (Indian Council for Cultural Relations). Elle est également diplômée en langues et littératures indiennes auprès de l’Institut National des Langues et Civilisations orientales (INALCO, Paris). Son travail s’articule autour de la promotion et de la transmission des arts scéniques indiens et des danses du cinéma populaire, insistant sur l’héritage philosophique et culturel que ces formes chorégraphiques véhiculent.
GUDIRR, GUDIRR, L'APPEL DE L'OISEAUDanse contemporaine
REPRÉSENTATIONS / Vendredi 9 juin 2023, 20h / Samedi 10 juin 2023, 18h – La représentation sera suivie d’un échange avec les artistes du spectacle / Dimanche 11 juin 2023, 17h Théâtre Claude Lévi-Strauss (niveau -1) Durée : 1h05 TARIFS 20€ / 15€ / 10€ Le billet du spectacle donne accès aux collections permanentes et aux expositions temporaires du moment le jour de la représentation. GUDIRR, GUDIRR, L'APPEL DE L'OISEAU ************************************************************************************************* Une installation vidéo en triptyque, conçue à partir du spectacle et filmée dans les territoires du nord-ouest australiens, est présentée parallèlement aux représentations. Durée : 22 mn Du samedi 3 au dimanche 11 juin 2023 Foyer du théâtre Claude Lévi-Strauss, accès gratuit
A l’occasion de l’exposition "Songlines, Chant des pistes du désert australien" le musée vous invite à une découverte de la création contemporaine australienne. DANS LE CADRE DU CYCLE "EXPRESSIONS CONTEMPORAINES AUSTRALIENNES" Compagnie Marrugeku Dalisa Pigram et Koen Augustijnen Œuvre solo de Dalisa Pigram, chorégraphe, danseuse et co-fondatrice de la compagnie Marrugeku, Gudirr Gudirr trace un chemin entre un passé brisé et un présent fragile, avec pour ligne d’horizon un avenir encore en devenir. Gudirr Gudirr est une alerte, celle de l’oiseau guwayi qui appelle lorsque la marée tourne : manquer l’appel, c’est se noyer. Avec une présence rare, Dalisa Pigram, en fait un solo intime et intense, mêlant danse et vidéo, habité tour à tour par l’hésitation, l’impatience, la résilience et la colère. La pièce examine l’héritage de l’histoire de l’Australie pour les populations aborigènes du nord-ouest et pose la question suivante : comment décoloniser l’esprit des Aborigènes, déverrouiller les portes, et faire face au changement culturel ? Spectacle conseillé à partir de 12 ans (certaines scènes peuvent heurter la sensibilité du jeune public). La compagnie Marrugeku Marrugeku est l’une des principales compagnies de danse contemporaine en Australie. Constituée d’artistes aborigènes et non-aborigènes venant de divers horizons, elle se consacre à développer de nouveaux langages chorégraphiques, destinés à construire des ponts entre les danses urbaines et traditionnelles, entre les situations locales et globales. La chorégraphe et danseuse Dalisa Pigram et la dramaturge Rachael Swain, qui codirigent Marrugeku, travaillent ensemble depuis 27 ans, concevant les productions et transmettant au public les structures uniques des systèmes traditionnels aborigènes et la puissance de l'expérience interculturelle. Leurs productions ont été présentées sur les scènes du monde entier.
SONGLINES. CHANT DES PISTES DU DÉSERT AUSTRALIEN
Musée du quai Branly - Jacques Chirac Exposition temporaire / Galerie JardinDu 4 avril au 2 juillet 2023
Yarrkalpa (Hunting Ground) 2013 by Kumpaya Girgirba, Yikartu Bumba, Kanu Nancy Taylor, Ngamaru Bidu, Janice Yuwali Nixon, Reena Rogers, Thelma Judson and Nola Ngalangka Taylor, Martumili Artists © the artists/Copyright Agency 2020 Image: National Museum of AustraliaPlongée au cœur du monde des premières nations australiennes, l’exposition Songlines invite à une traversée de plusieurs régions désertiques du centre et de l’ouest de l’Australie, sur la piste des Sept Sœurs, l’un des récits fondateurs les plus vastes et les plus importants de ce pays-continent. Entièrement conçue par les communautés autochtones dont les savoirs et les œuvres sont présentés, l’exposition propose au visiteur d’expérimenter une perception aborigène du monde, scénographie immersive à l’appui. Songlines. Chant des pistes du désert australien* retrace l’une des plus grandes épopées que compte l’Australie autochtone. Une histoire dans laquelle Sept Sœurs sont poursuivies sans relâche par un sorcier ayant la capacité de se métamorphoser à tout moment. Au fil de cette course poursuite, les protagonistes parcourent plusieurs régions du centre et de l’ouest du pays, passant par trois états et trois déserts. Leur périple, sans cesse réitéré, marques les territoires. Les nombreuses rencontres entre les Sept Sœurs et le sorcier se reflètent et se rejouent dans les paysages, les cours d’eau souterrains et le ciel nocturne, notamment dans la constellation d’Orion et l’amas d’étoiles des Pléiades. Avec près de vingt installations multimédia et plus de deux cents peintures, photographies et objets d’art, l’exposition s’articule autour du DomeLab, un dispositif immersif de 7 mètres de hauteur et six mètres de diamètre sous lequel les visiteurs découvrent les œuvres d’art rupestre du site de Walinynga (Cave Hill) représentant les Sept Sœurs et une animation de ce récit à partir d’œuvres clés présentées dans l’exposition. Sous le dôme, conçu et développé pour offrir une expérience multidimensionnelle et multisensorielle, les visiteurs se laissent transporter. En passant d’une œuvre et d’une installation à l’autre, comme autant de portails qui ouvrent sur les lieux ainsi racontés, ils sont invités à « suivre la piste » de ces chants ancestraux, qui façonnent les paysages comme le rapport au monde de l’Australie aborigène. Mémoire des populations aborigènes Depuis des centaines de millénaires, la mémoire des populations autochtones d’Australie se propage à travers les paroles des aînés, des histoires que l’on conte en peinture, en cérémonies et en chants. Transmises de génération en génération, ces songlines – ou « chants des pistes » – guident les pas des membres des communautés aborigènes à travers les territoires auxquels ils appartiennent. Bien plus que des récits légendaires, ce sont de véritables corridors de savoirs, des chemins tracés au fil des millénaires qui renferment les règles fondamentales de la cohabitation sociale et des connaissances écologiques, astronomiques ou géographiques essentielles à la vie. Les songlines représentent à la fois une voie spirituelle, des codes moraux et l’instrument qui permet de nommer, de localiser les sites importants où trouver l’eau et la nourriture, essentiels à la survie dans le désert, et de s’en souvenir. Selon Margo Neale, conservatrice en chef au National Museum of Australia et commissaire générale de l’exposition: « Songlines est un terme transculturel, un passeport vers un savoir profond, ancré dans les territoires que nous partageons aujourd’hui. Ce sont nos histoires fondatrices, celles de la création du continent australien, essentielles au sentiment d’appartenance de tous ses habitants. ».Un projet de sauvegarde Née d’un projet lancé en 2010 par un groupe d’aînés anangu, issus des terres APY (Anangu Pitjantjatjara Yankunytjatjara) dans le centre de l’Australie, l’exposition est une première mondiale de par son ampleur et sa complexité. Ce projet avait pour finalité de préserver les récits des Sept Sœurs pour les générations futures et, plus largement, de donner à voir et à comprendre ce que sont les songlines au plus grand nombre. Réalisé par le National Museum of Australia avec le soutien de the Australian National University, il a obtenu de la part du Conseil de recherches australien les fonds qui ont permis d’entreprendre le programme de recherche sans précédent intitulé Alive with the Dreaming! Songlines of the Western Desert (Vivre avec le Rêve, les songlines du Désert Occidental) duquel découle l’exposition. Grâce à cette mobilisation, les recherches pluri-disciplinaires puisant dans les champs des savoirs aborigènes comme occidentaux ont permis d’intégrer les données collectées aux archives numériques de la base Ara Irititja gérées par membres des communautés autochtones, à Alice Springs. *Traduction de Jacques Chabert pour le titre français de l’ouvrage The Songlines de Bruce Chatwin : Le Chant des pistes de Bruce Chatwin © Editions Grasset & Fasquelle, 1988.>
IMPRIMER ! L'EUROPE DE GUTENBERG
BnF | François-Mitterrand - Galerie 2 12th of April to 16th of July, 2023
Danse dans la rue…Danse à la rue ?
La rue n’est pas à priori l’écrin rêvé pour danser, pourtant bien des artistes utilisent cette scène ouverte car elle est gratuite et accessible (dans une certaine mesure). Un « Théâtre à ciel ouvert » est alors créé avec plus ou moins de moyens.
La danse urbaine au sens actuel :
Selon Google : La danse urbaine est un mouvement social apparu dans les communautés afro-américaine et latino, qui, avec le temps, s'est complexifié. « C'est un moyen d'émancipation et d'expression qui a donné la parole à des gens qui ne l'avaient pas » Ce qui était novateur à l’origine avec ces danses urbaines, c’est que l’entraînement, la création et le spectacle se déroulaient dans la rue. L’artiste s’adaptait totalement à son milieu. Aujourd’hui, cet art s’intègre très bien au spectacle théâtral et dispose souvent de lieux spécifiques à son travail.
Trois exemples d’autres danses « aussi » urbaines :
Ida Coleman (Professeur de Flamenco) S’exprime ainsi « La danse flamenco par essence est une danse de rue " de calle" comme disent les gens en Andalousie car c'est là qu'elle est née. Avec ma compagnie de danseurs nous avons d’une part été obligés de danser dans la rue pendant la pandémie et d’autre part nous avons eu l'occasion de danser souvent dans les rues de Séville lors de la Féria. Ce furent de belles expériences car la danse a pu ainsi se montrer »
MulVaBé Danse et Cyberdanse Paris participent aux « Kiosques en fête » avec la ville de Paris ou aux manifestations organisées dans les jardins publics des 6ème et 10ème arrondissements. Monika Knap notre professeur de French cancan adapte alors ses démonstrations à l’espace ouvert, au sol, à l’environnement etc... Parisiens et touristes apprécient ces animations joyeuses. La pandémie a aussi été l’occasion d’expériences assez étonnantes et surréalistes en milieu urbain.
Anne Quercy propose un atelier de « gymnastique et équilibre » qui fonctionne depuis trois ans chaque lundi en espace ouvert, dans le cadre du Pôle Citoyen de la Mairie du 4e. Elle a dû aussi s'adapter à la rue au moment du COVID. Il y a un aspect social et ludique à "bouger" et "danser" ainsi dans la rue : intérêt ou curiosité des passants, amusement et bienveillance des habitués, utilisation des éléments urbains : pavés, murs, arbres, grilles, sensations climatiques…
Bref…Oui…Mais : Oui l’art peut naître dans la rue ou s’y adapter… mais tout comme le SDF, s’il ne peut avoir son espace propre, il finira par mourir à force d’être exclu… « Home sweet home ».
Bénédicte O’Hara
MulVaBé Danse https://www.mulvabe.com/ Cyberdanse Paris https://cyberdanseparis.business.site/?utm_source=gmb&utm_medium=referral Monika Knap https://lefrenchcancan.com/ Ida Flamenca https://www.facebook.com/groups/1366197916727377/user/100006951433833/ Anne Quercy contacter MulVaBe Danse